06 février 2026

Quo vadis humanitas ou comment comprendre la triade corps, âme, esprit ?

Comment interpréter ce cairn sur le chemin de l'existence ?
Comment interpréter ce cairn sur le chemin de l'existence ?
Selon la plupart des courants spiritualistes et religieux, il semble que chacun ait une âme. Lorsque tu passes de vie à trépas, l’âme serait la seule partie de ton être, bien qu’intrinsèquement non définie, qui te survivrait et serait jugée par une force suprême : Dieu. L’âme aurait pour vocation de te rendre immortel puisque, n’étant pas corporelle, elle échapperait au processus de déclin que signifie la mort. L’âme est donc forcément liée au concept divin. Elle en est l’émanation et, en tant que telle, elle n’a pas à faire l’objet d’une démonstration. Croire ou ne pas y croire demeure la vraie question. Mais elle nourrit surtout une formidable espérance chez toi, pauvre mortel qui souffre, qu’un jour dans l’Au-delà, tes sacrifices seront récompensés, tes injustices réparées. Peut-être, est-ce même sa vocation première ? Sans cette attente, qui peut dire comment la société humaine se comporterait ? Serait-elle meilleure ou pire ? Après tout, si les hommes reçoivent le réconfort moral qu’ils en attendent, il est normal qu’ils s’y accrochent. D’autant que l’âme est à la fois l’essence de l'Être et le premier élément de sa triade : corps, âme et esprit. Comme l'ont définie Platon, Saint-Augustin et Emmanuel Kant, l’âme, plus naturellement et intimement que l’Être, est le seul élément à savoir s’orienter et se positionner sur l’échelle du Bien et du Mal, au point qu’il devienne le miroir de la conscience morale que tout individu ne peut ignorer de bonne foi et dans son for intérieur dès lors que son discernement n’est point altéré et qu’il agit en conscience et volonté par ses pensées, paroles, actes ou omissions commis en parfaite connaissance des causes et de leurs conséquences. L’esprit, contrairement à l’âme, est le produit visible de la réflexion intellectuelle. Il sert d’abord à raisonner, concevoir et élaborer des idées, puis à les formuler afin de les transmettre à autrui. Par son habileté à manier les concepts, l’esprit peut ne rien vouloir dire de l’âme de son auteur, allant parfois jusqu’à vouloir la travestir pour mieux tromper son alter ego et au passage en tirer un avantage souvent illégitime. Aux yeux du christianisme, seul l’Esprit-Saint est digne de grâce. À défaut d’être sanctifié ou lorsqu’il est accompagné d’un autre qualificatif comme l'étroit, le faible, le pauvre, le simple ou le mauvais esprit, il revêt une toute autre signification, perdant au passage son caractère sacré pour possiblement devenir un esprit malsain parce qu'entre autres il aurait été «mal ceint». Enfin, le corps, outre ses attributs organiques nécessaires à la vie, revêt une fonction esthétique qui, à l’instar de l’esprit, peut s’avérer à la fois des plus ambigus ou carrément précaire lorsqu’il est affecté par la maladie physique, psychique ou le vieillissement. Car comme le dit si bien le dicton populaire : « Tout ce qui brille n’est pas or ». On retiendra que si dans l’existence il te faut accorder ta confiance à tes semblables dans des instants aussi cruciaux qu’une alliance, un mariage, une intervention médicale, la défense d'un procès, voire une caution financière ou morale, seule la connaissance de l’âme humaine, siège de la conscience morale de tout individu, permet de sonder la profondeur de l’Être et tenter d’appréhender ce rapport constant et presque intangible que chacun entretient secrètement à l’égard de la question principalement divine, subsidiairement philosophique et anthropologique, que sont le Bien et le Mal. Ainsi, lorsque généralement le doute s’installe et qu’il est persistant, il convient de ne point céder à la précipitation et prendre tout le temps nécessaire afin que les vertus de prudence et de perspicacité s’accomplissent pour finir par apporter la clairvoyance qui faisait tant défaut initialement. Car, pour ce qui est du corps et de l’esprit, si leur pouvoir de séduction est indéniable, ils sont avant tout des leurres visant essentiellement à rendre la nature humaine bien plus aimable et charitable qu’elle ne l’est en vérité. Et, par-delà les âmes perverses et corrompues qui refusent de s'amender ou en sont incapables, c'est la multitude informe, passive et indifférente des êtres inanimés, errant tels des âmes grises et indécises parce que l'empathie et la foi ne se sont pas révélés en eux et, faute de mieux, sont prêts à suivre le premier imposteur venu, ces faux prophètes, pourvu qu'aux moyens de leurs artifices ils les charment, les étourdissent et les fassent rêver, même si les chemins empruntés doivent les mener à la perdition. «À cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur cœur, ils ont l'intelligence obscurcie et sont étrangers à la vie de Dieu» (Éphésien 4:18).

Pourquoi Trump ne fera rien pour renverser le régime des Mollahs ?

Lors des révoltes généralisées des 8 et 9 janvier derniers, Trump avait déclaré à destination du peuple iranien qu'il fallait résister au régime, qu'il soutenait les manifestants, que ceux-ci devaient se préparer à dénoncer leurs tortionnaires et que le secours de l'Amérique était en route. Un mois plus tard, il se vante d'avoir déployer la plus grande armada de guerre dans le Golfe persique afin de tenir la dragée haute au régime théocratique de la République islamique d'Iran. Le catcheur Trump peut bomber le torse, montrer ses biscotos et parader en arguant qu'il est le plus fort. Mais, rien ne garantit qu'il passera réellement à l'action. Car, après avoir fait son numéro de cirque et feint de soutenir la cause légitime du peuple iranien, Trump est à nouveau rattrapé par ses vieux démons de truand et son art de l'extorsion ou du racket (lire l'article: Le Bon, La Brute et Le Truand au Cheval de Troie), tel un prestidigitateur qui mime les bons sentiments de sa main gauche, alors que sa main droite est désormais prête à dégainer son gros calibre (l'armée américaine financée par les impôts du peuple américain) si le dueliste auquel il s'oppose ne lui fait pas miroiter et empocher quelques jolis magots. Comme le dit si bien Dominique Moïsi dans cet extrait de LCI, avec Donald Trump c'est d'abord la diplomatie du «tout-à-l'égo» alors qu'au même moment et sans états d'âme, il peut choisir de balancer au caniveau tous les espoirs qu'il a suscités auprès du peuple iranien. Espérons que l'esprit de la trêve olympique qui soufflera ces prochains jours puisse inspirer le Président américain à prendre des résolutions empreintes de courage, de compassion et de bienveillance, conformément aux promesses faites à la population iranienne !
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Le mensonge, cette duplicité de l'esprit qui sauve ou détruit.

Dans «Broken Lullaby» réalisé par Ernst Lubitsch en 1932, le cinéaste traite de l'injonction contradictoire insurmontable qui existe entre le cinquième Commandement du Décalogue « Tu ne tueras point » et l'obligation légale faite à un citoyen soldat de tuer sans état d'âme l'ennemi qu'on lui assigne. C'est le remords profond et le besoin de rédemption qui hantent le personnage de Paul Renard, soldat français mobilisé durant la Première guerre mondiale. Car, pour être en paix avec sa conscience, Paul a besoin après l'armistice de rencontrer les proches du soldat allemand prénommé Walter qu'il a tué dans une tranchée. C'est alors qu'en dépit du ressentiment tenace qui anime encore et pour longtemps les belligérants, il ne peut avouer les raisons exactes de sa venue en Allemagne et se voit contraint de mentir sur une prétendue amitié qu'on lui prête avec le défunt, soit un mensonge qui en la circonstance fait revivre le souvenir idéalisé du fils aimé pour la plus grande joie de sa famille. Il faut attendre 2016 et le film Frantz de François Ozon pour découvrir en quelque sorte la suite de cette histoire. Car, sitôt les aveux du soldat Adrien Rivoire (anc. Paul Renard), joué par Pierre Niney, recueilli par la fiancée de Frantz (anc. Walter) prénommée Anna (jouée par Paula Beer), celle-ci se trouve à la fois trahie dans ses sentiments à l'égard d'Adrien et complice de son mensonge à l'égard de sa belle-famille. Ne sachant comment sortir de ce dilemme sans décevoir, elle décide de se suicider par noyade, mais se voit sauvée in extrémis par un passant. Alors, s'apercevant que ledit mensonge lui permet de compter encore sur le soutien de ses beaux-parents, elle reprend peu à peu goût à la vie et, après avoir été absoute par un prêtre pour ses arrangements avec la vérité, elle décide de se fier aux sentiments qu'elle éprouve désormais pour Adrien et part le retrouver à Paris... Nul doute que ce prolongement scénaristique d'Ozon quatre-vingt-cinq ans plus tard permet d'envisager le thème principal de façon beaucoup plus large en questionnant le spectateur sur des sujets aussi délicats que le suicide, la fragilité psychologique des êtres et surtout le désir impérieux de vivre malgré tout.

De Minneapolis à Persépolis

La symbolique de ces deux endroits résume à elle seule tout le paradoxe de notre monde actuel entre un peuple qui vit librement et en démocratie depuis plus de deux siècles ininterrompus et n'entend pas y renoncer, et un autre qui aspire désespérément à le devenir un jour. D'un côté, les manifestations de Minneapolis contre la milice ICE et ses méthodes barbares visant à expulser aujourd'hui des migrants, mais demain ses ennemis de l'intérieur blancs et chrétiens. De l'autre, un soulèvement général d'un pays tout entier, l'Iran, qui aspire à la liberté et veut changer de régime politique. Pour le premier, il a suffi de deux victimes mortellement atteintes pour faire reculer cette violence zélée et criminelle. Pour le second soulèvement dont le paroxysme dura deux jours, il engendra une répression de masse de plus de trente mille victimes, sans qu'aucun signe extérieur ne vienne témoigner de l'affaiblissement du régime et de sa sauvagerie. D'ordinaire, les opinions publiques européennes et celles des pays musulmans sont promptes à critiquer la politique américaine et à défendre la cause palestinienne dans les rues. Pourtant, à ce jour, aucune manifestation d'ampleur n'est venue s'indigner de cette répression sanglante, encore moins de coreligionnaires musulmans qui semblent incapables d'exprimer ouvertement leur solidarité envers leurs frères persans. En septembre 2022, le meurtre de l'Iranienne Masha Amini par la police des mœurs avait su mobiliser le monde entier sur l'oppression exercée envers les musulmanes, en partie grâce aux réseaux sociaux. Mais, si Masha Amini a pu devenir la figure emblématique de cette cause, c'est aussi parce que son martyr fut sa propre mort et qu'il ne pouvait rien lui arriver de pire. C'est la faveur exceptionnelle réservée à l'individu sacrifié quand des milliers d'autres anonymes sont massacrés dans l'indifférence générale selon la maxime «Favor personae versus silentium universi». Et, ce n'est pas par hasard si le régime iranien a supprimé toute liaison internet durant les deux jours de répression sanglante des 8 et 9 janvier 2026 pour massacrer dans un silence assourdissant trente mille victimes, faisant en sorte que celles-ci demeurent les plus anonymes possibles pour que jamais le monde ne puisse s'en émouvoir, ni l'histoire s'en souvenir.

«Minnesota, soulève-toi !»

(traduction libre & engagée de la chanson de Bruce Springsteen "Streets of Minneapolis")

Dans l’aube glaciale d’un vent d’hiver,
Sur les chemins de la liberté,
Anonymes masqués, ils arrivèrent,
Sans bruit et incapables d’assumer,
La traque à laquelle ils se livrèrent.

Oubliant que leur mère pour pas cher,
Les confiait à des sans-papiers,
Et qu’aussi leurs aînés ils soignèrent,
Tout occupés qu’ils sont à chasser l’étranger.

Tout ce sang et cette sueur,
Qui leur apporte richesse et bonheur,
Ces propre-à-rien n’en ont que faire,
Si ce n’est d’exprimer leur laideur.

D’ingrats, ils sont incultes aussi,
Ignorant leurs ancêtres nazis,
Bottés de cuir noir et vêtus de manteaux,
Même couleur que ceux dont ils veulent la peau.

Sans doute qu’ils ont hérité,
Du même gène que leurs ascendants,
Ces génocidaires qui s’en prirent aux Indiens,
Pour voler leur terre baignée de sang.

Chasser l’étranger d’une terre spoliée,
Que n’a-t-on trouvé plus abjecte pensée !
Ces âmes sombres et désœuvrées,
Cédèrent aux sirènes des damnés,
Parce que faute de savoir aimer son prochain,
Faut bien vivre et plus encore le détester.

Mais, le comble de ces ignares,
C’est qu’ils se persuadent bons croyants,
Alors que s’autorisant à faire couler le sang,
Ils blasphèment tous les Commandements.

Chez ces gens-là,
Seul règne l’abus de droit,
Le triomphe de l’impunité,
Qui confère à leur inhumanité,
Toute son efficacité.

Mettre un infirmier à terre,
Le rouer de coups,
L’abattre de dix balles de revolver,
Sont-ils devenus fous
Autant qu’ils en sont fiers ?

Georges, Alex et Renée,
Toutes ces injustices perpétrées,
Que le roi Donald ordonne de tuer,
Et voilà le Ku Klux Klan réhabilité.

Avec ICE aux USA,
La lâcheté atteint son nirvana,
Plus que la mort dans les couloirs,
C’est dans les rues qu’il faut la voir.

Là où s’expriment avec ferveur,
Ces cris qui s’insurgent contre la terreur,
Maudissent les rois imposteurs,
Car, jamais dans l’oubli ne tomberont,
Ces voix du Minnesota.

Et qu’ils soient trois ou trente mille,
Abattus à Minneapolis,
Ou mitraillés à Persépolis,
C’est toujours l’histoire sans fin,
De politiciens inhumains.

Qui comme Caïn tua Abel,
Par avidité personnelle,
Et du fratricide fit une religion,
Pour changer la fraternité en poison.

George Floyd and Democracy

Depuis le meurtre de George Floyd par l'agent D. Chauvin en mai 2020, la démocratie américaine n'a fait que régresser sous le 2ème mandat de Donald Trump.

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