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21 août 2026

Démographie: Fécondité et hantise du Grand Remplacement

Comparaison taux de fécondité
Laura Bernardi, professeure en démographie et sociologie, est venue présentée dans l'émission Les Beaux-Parleurs les résultats d'une étude datant de 2024 et qui montre que la fécondité en Suisse est en baisse constante. Cela n'a rien d'un scoop, puisque cette tendance s'observe depuis des dizaines d'années et s'inscrit aussi sûrement dans le long terme que l'évolution d'une société toujours plus individualiste qui fait peser sur les épaules de futurs parents des responsabilités éducatives et financières toujours plus grandes par enfant alors que les sociétés traditionnelles au sein desquelles existait jadis une solidarité intergénérationnelle ont totalement disparu sous nos latitudes. Partant, il est aisé de comprendre que le projet de parentalité fait de moins en moins rêvé, sauf à être soutenu par une politique nataliste qui se voudrait massive et surtout interne pour éviter tout appel d'air en faveur de l'immigration. Car, si dans une société traditionaliste, les parents pouvaient espérer un retour sur investissement de la part de leurs chérubins (travail précoce des enfants, prévoyance vieillesse, etc.), cette solidarité intergénérationnelle de naguère a été au fil du temps rompue par l'instauration de l'AVS et la prévoyance professionnelle entre autres, bref tout une série d'avancées sociales que nos ascendants ont applaudie des deux mains. Et, on aura beau montrer une nostalgie de façade envers nos aïeux en se disant un peu hypocritement que c'était mieux avant, personne ne songerait pour autant à lancer une initiative pour abroger l'AVS ou rétablir la dette alimentaire des enfants envers leurs géniteurs.


Alors, comment faire pour éviter un potentiel déclin démographique puisque la bien-pensance voudrait que le taux de fécondité ne soit pas inférieur à deux enfants par femme. Pourquoi le chiffre deux et pas un autre? Parce qu'il correspond au modèle monogamique traditionnel (laissant par exemple de côté le cas des femmes "ayant fait un bébé toute seule") et que, partant, ce taux serait le seul chiffre qui puisse maintenir sur le long terme une population indigène stable. Et, sinon quoi?  Serait-ce donc cela la mesure du grand remplacement? Disons le tout net! Avec un taux de 1,28 enfant par femme (2025), la Suisse est bel et bien entrée depuis déjà des dizaines d'années dans un processus de "grand remplacement", ce qui n'a pas empêché une majorité du pays de refuser récemment le plafonnement de sa population à dix millions d'habitants. Car, le grand remplacement, c'est aussi le terme délibérément anxiogène que les partis anti migratoires choisissent de propager dans une société multiculturelle pour égarer les électeurs et faire le plein de voix. Tout en faisant oublier aux mêmes électeurs que les migrations humaines existent depuis des temps immémoriaux et qu'elles ne sont pas près de s'interrompre avec depuis 2010 le retour en force des régimes autocratiques et donc une régression au niveau mondial des populations sous régimes démocratiques qui sont passés au cours des quinze dernières années de 50% à 25% (indice V-Dem pour Varieties of Democracy), la multiplication des conflits armés qui en est fatalement le principal corollaire puisque seules les démocraties peuvent garantir sur le long terme des rapports pacifiés entre États, et cerise sur le gâteau, le dérèglement climatique qui vient couronner l'extrême gravité de ce constat. C'est dire si le besoin d'immigration à destination des pays démocratiques n'a pas fini de se poser. Mais, s'il vous vient l'idée de vous arcbouter sur une fécondité minimale qui remplacerait idéalement vos chers géniteurs, demandez-vous si cette compréhension du problème ne recèlerait pas un vieux fond de racisme? Comme s'il paraissait inconcevable que nous puissions croître et nous multiplier uniquement entre congénères du même patelin ou bled, histoire de rester strictement entre nous, bref de ne surtout pas nous mélanger avec des étrangers, sans même qu'il ne soit nécessaire d'évoquer les risques de consanguinité à long terme. Pourtant, les Saintes Écritures sont très claires à ce sujet. Jamais, elles n'interdisent le métissage (Genèse 9,1 et 9,7). Alors, ce taux de fécondité de deux points zéro qui n'est, ni plus, ni moins, qu'un taux de remplacement au sens statistique, ne comporte-t-il pas en lui-même une arrière-pensée racisée qui sert inconsciemment un argumentaire anti migratoire? Et pour ceux qui croient dur comme fer à la menace politique du grand remplacement et veulent s'en prémunir, pas la peine de réinventer la roue. Il y a des pays qui dans ce domaine sont de vrais modèles ayant fait leurs preuves et sont mêmes champions du monde. Comme par exemple l'Afghanistan des Talibans ou les pays du Sahel: Niger, Mali, Somalie. Alors, un tantinet déçu? Comme je vous comprends. Mais, il arrive un moment où on ne peut pas tout avoir: l'éducation, la santé, l'émancipation féminine, l'égalité, la contraception, la liberté sexuelle, la sécurité et bien sûr la prospérité économique, le tout enrobé de politiques extérieures irresponsables qui ne font que maintenir au pouvoir des autocrates et autres potentats dont le projet politique n'est rien d'autre que celui de s'enrichir personnellement sur le dos de leur peuple. Puis, par-dessus de ce marché, vouloir tout garder par-devers soi en distillant la haine de ces migrants en recherche d'un espoir  d'avenir que leurs dirigeants sont incapables de leur offrir. Ayons au moins la franchise de l'admettre, sinon nous serions vraiment (mais alors vraiment) inconséquents...en plus d'être déjà cyniques et inhumains.

19 avril 2024

Dénis et délires pathologiques: les chemins scabreux qui mènent à la perdition.

Faute d'avoir pu trouver un cadavre correspondant à l'ADN de Xavier Dupont de Ligonnès, l'homme suspecté d'avoir massacré toute sa famille peut être considéré à ce jour comme toujours vivant, déjouant possiblement son arrestation pour échapper à la justice de son pays. Et, à défaut de l'arrêter et le juger, on risque de s'interroger encore longtemps  sur les causes de cette tuerie inimaginable, même si l'on sait que les dénis de réalité sont souvent les signes avant-coureur d'une affection psychologique, voire psychiatrique, qui peut déboucher sur des drames effroyables. En revanche, ce qui paraît le plus inquiétant et semble relever d'une forme d'atavisme familial est le comportement de la sœur de l'auteur présumé des faits qui aujourd'hui réfute catégoriquement les preuves récoltées par la justice tout en affirmant le plus bizarrement du monde que la famille au complet serait toujours vivante et vivrait à l'étranger sous de faux noms. On peut comprendre que tout proche puisse ressentir à l'égard de cette tragédie une honte indicible. Mais, dans ce cas ne vaut-il pas mieux se réfugier dans le mutisme, changer de nom et d'adresse et tout faire pour oublier et que personne ne se souvienne ? Au lieu de ça, la sœur croit judicieux de rappeler cette tragédie à l'opinion publique de la façon la plus choquante et lamentable qui soit en assénant des contre-vérités envers les autorités chargées de l'enquête et en développant des théories complotiste et abracadabrantesques. Et la justice de ne point réagir à  ces calomnies proférées par un proche avec le concours d'un éditeur et relayées par les médias comme s'il pouvait subsister plusieurs vérités et contre-vérités après les conclusions criminalistiques auxquelles sont parvenus les enquêteurs. Au-delà de la culture  et de l'éducation familiale, le déni de réalité ne s'inoculerait-il pas comme un virus, un gène, une malédiction, au point de se répercuter sur d'autres branches générationnelles ? Et cette crainte n'est pas qu'individuelle. Elle peut s'étendre à tout un peuple qui ferait le choix d'élire des dirigeants... délirants qui, en retour, n'auraient pas d'autre alternative pour donner foi à leurs récits extravagants et se maintenir au pouvoir que d'instaurer un régime fasciste, voire totalitaire. Hélas, les exemples présents et historiques en la matière ne manquent pas. Ô Seigneur, accorde nous ta protection en l'esprit sain(t) sans lequel nous ne sommes plus rien !