22 mai 2026

Durcissement du Service civil : L'Armée suisse en mauvais joueur

Le 14 juin prochain , les électeurs helvétiques auront à se prononcer par référendum sur une loi votée par le Parlement fédéral afin de durcis les conditions d'accès pour les hommes au service civil pour la simple mais très discutable raison que l'armée craint ces prochaines années de manquer d'effectif, car le service civil serait trop attractif. Accepté à 82% en votation populaire amendant la Constitution en 1992, le service civil suisse a de toute évidence performé durant ces trente dernières années auprès des jeunes en âge de s'engager pour un service à la communauté obligatoire: protection civile, protection de la jeunesse, agriculture, protection de la nature, assistance aux personnes âgées et aux malades. Bref, toute une kyrielle de domaines où les civilistes se sont rendus indispensables et sont désormais accueillis avec reconnaissance, sans que cela ne coûte un franc de plus à la collectivité, bien au contraire. Mais, voilà, le service civil, aux yeux de sa concurrente l'armée, serait désormais victime de son succès et donc responsable de détourner les forces vives du pays au détriment de notre armée de milice. À qui la faute ? Certainement pas au service civil qui a eu l'immense tort, sans le vouloir vraiment, d'être apparemment plus attractif chez les jeunes. Et, si l'armée s'avoue inquiète et donc battue, nulle raison d'en douter. Et pour cause, car la seule question qui se pose est de se demander pourquoi est-elle si peu attractive dans un contexte géopolitique aussi instable censé la favoriser ? Et, le problème est bien celui de nos institutions qui se sont révélées impuissantes à gérer scrupuleusement le budget de cette armée, au vu des nombreux scandales financiers  qui ont surgi et terni sa réputation, se traduisant fatalement par un sérieux désamour des jeunes et de ceux qui le sont moins:

Débâcle des drones israëliens Hermes

Acheté en 2015 par l'armée, ces drones se sont avérés inutilisables parce qu'incapables de voler sans dégivrage, ni de détecter d'autres aéronefs dans son voisinage. Qualifié par la presse et le Parlement de naufrage national, l'armée a dû se résigner à abandonner le projet. Coût total de ce fiasco militaire : 300 millions de francs. Si les civilistes avaient eu l'outrecuidance de dilapider un tel montant, sans doute qu'à cette heure-ci le service civil n'existerait plus dans notre pays.

Fraudes et gouvernance scandaleuses chez RUAG

Au sein même de l'entreprise d'armement RUAG détenue à 100% par la Confédération, des enquêtes ont révélé des fraudes massives en interne, des falsifications de documents, des soupçons de corruption passive et de subventionnements croisés opaques où RUAG surfacturait à son département de tutelle, à l'époque tenu par la Conseillère fédéral Viola Amherd, pour éponger des pertes dans le secteur privé. Une partie de ces fraudes aurait pu être évitée si le département en question n'avait pas sciemment ignoré durant plusieurs années les signalements de lanceurs d'alerte.

Gouffre financier des mandats informatiques

Dès 2021, un trou de 100 millions de francs a été découvert dans le seul budget informatique de l'armée. Pour pallier son manque de compétences internes, l'armée déléguait massivement à des entreprises privées et consultants externes (parmi lesquels figuraient d'anciens hauts cadres de l'armée) des contrats juteux pouvant aller jusqu'à plus de quatre cents mille francs sur quinze mois. Le Parlement a finalement dénoncé l'utilisation abusive de l'argent du contribuable pour masquer l'incompétence de la gestion de projet en interne.

Rapports "Floraco" et "Limon"

Le premier a mis en exergue de graves dysfonctionnements dans le projet de modernisation du système de radars de l'armée. Le second est une métaphore pour désigner les cadres intermédiaires de l'armée qui bloquent systématiquement la remontée des mauvaises nouvelles vers la hiérarchie pour ne pas ternir leur réputation, mettant en péril la sécurité de l'espace aérien.

Là où le service civil vit "d'amour et d'eau fraîche", l'armée s'est autorisée par son impéritie et son incurie à balancer un milliard de francs par la fenêtre à l'insu des contribuables et de leurs élus, trou budgétaire qui précipita la démission du Chef de l'armée, Thomas Süssli, suivie de celle de Viola Amherd en janvier 2025. Comment encore s'étonner que de grandes expositions censées donner une image flatteuse de l'armée telle que Airspirit 24 furent annulées faute d'argent disponible, alors que c'est précisément (mais pas seulement) ce genre d'événement qui doit rendre l'armée plus attractive. Enfin, hors du domaine de cette gestion déloyale des intérêts publics qui caractérise notre armée en temps de paix et qui sont ses seuls véritables démons contre lesquels elle doit d'abord se battre, mais aussi et à ce titre le premier ennemi du peuple bien avant la Russie de Poutine, on ne peut s'empêcher de rappeler la condamnation par la justice militaire en septembre 2025 de treize officiers pour un bizutage d'une rare violence perpétrée à la caserne de Colombier sur des recrues, leur ayant entraîné de multiples fractures. Alors, plutôt que d'affaiblir le Service civil avec le risque de faire supporter financièrement à l'économie privée et aux particuliers une baisse probable de ses ressources humaines (c'est pas comme si les primes d'assurance-maladie étaient ridiculement basses dans ce pays), le peuple ferait mieux de retourner ce mauvais gag à son expéditeur qui, au lieu de faire son examen de conscience dont l'armée ne saurait être exemptée (a contrario de l'objection de conscience propre au Service civil), reconnaître sa gestion calamiteuse de ses dix dernières années et en tirer les leçons qui s'imposent, préfère désigner un bouc émissaire, le Service civil, pour se tirer facilement d'affaire, comme la politique politicienne sait si bien le faire en jouant sur les peurs (la guerre), le temps passé et l'oubli des scandales et de leurs causes. Au vu d'un tel bilan et à moins d'être né dans une famille de mercenaires/militaires de père en fils depuis la bataille de Marignan, quel jeune voudrait encore s'engager par temps de paix dans une armée pareille, mal gérée, ruineuse des deniers publics et si peu respectable ? Et, comme ses maux ne sont pas traités à la racine, un durcissement du service civil ne changera rien à l'affaire, si ce n'est de miner encore plus la confiance de ceux qui auront à s'engager pour l'avenir du pays.

15 mai 2026

Ukraine/UE: Du chant au Lac des cygnes crépusculaires de Vladimir Poutine

Bolchoï lac des cygnes
En Russie, l'évocation du cygne est annonciatrice d'un déclin ou d'une chute de régime.

De la mythologie grecque au ballet de Tchaïkovski, il semble régner au Kremlin comme une atmosphère de déclin. Après la raclée cinglante que le peuple hongrois a infligé démocratiquement à Viktor Orban qui fut, par enrichissement personnel, l'agent double de Poutine au Conseil européen  durant seize ans, après le défilé militaire "Potemkine" du 9 mai dernier voulant célébrer soi-disant la grande victoire patriotique contre le IIIème Reich, tout en continuant de massacrer, comme l'auraient fait des nazis, ses anciens alliés ukrainiens dont le sacrifice fut déterminant pour venir à bout de la Seconde Guerre mondiale, Alain Berset, ex Conseiller fédéral et Secrétaire général du Conseil de l'Europe, vient d'annoncer la décision de l'UE et de 36 autres pays de conclure un accord spécial élargi pour instituer un tribunal pénal visant à juger le crime d'agression russe contre l'Ukraine et dont la Suisse fait également partie. C'est une étape décisive dans la volonté politique de nombreux États d'établir les responsabilités pénales internationales des dirigeants russes pour leurs exactions commises à l'endroit de la population ukrainienne durant cette guerre. Néanmoins, à côté des nombreux trains de sanctions économiques que l'UE a adoptés envers les dirigeants russes depuis 2022, elle s'est toujours refusée de décider d'une mise à prix de la tête de Poutine pour sa capture, ce qui aurait grandement facilité la tâche de la CPI, plutôt que de laisser l'Administration Trump s'en prendre à ses juges par des mesures de rétorsion aussi mesquines qu'infames comme l'aurait fait un clan mafieux. En tardant à récompenser comme il se doit la capture de Poutine, quels intérêts la Commission européenne, respectivement le Parlement européen, protègent-ils encore ? Serait-ce les lobbies de l'armement qui font fructifier bassement leurs intérêts ou cette sagesse antique et cynique qui consiste à préparer la guerre (et donc continuer à avoir un ennemi commun), pour espérer ne pas devoir la faire, selon l'expression latine bien connue : "Si vis pacem, para bellum". Mais, pendant ce temps, de nombreux civils ukrainiens continuent de mourir ou souffrir.

01 mai 2026

Clan Kennedy: La malédiction s'acharne-t-elle sur les familles criminogènes ? (2/2)

Dallas, le 22 novembre 1963
S'il existe un patronyme qui semble porter en lui les germes de son malheur, c'est bien celui des Kennedy qui depuis quatre-vingts ans multiplie les morts violentes de ses membres que ce fût par assassinat, accident ou même suicide. Pourtant, le patriarche de la première génération ne voulait pour sa ribambelle d'enfants que gloire et prospérité, ses fils étant destinés à faire de brillantes carrières politiques, tandis que ses filles à n'épouser que d'influents et riches parties. Et, s'il faillait pour cela commettre quelques arrangements immoraux avec des phalanges d'extrême droite dans les années trente, quelques médecins charlatans des années quarante ou même la pègre des années cinquante, tout le monde n'y verrait que du feu, pourvu que les rêves de grandeur de Joe et Rose Kennedy s'accomplissent. On ne sait que trop bien de ce qu'il advint finalement de leurs ambitions familiales qui la plupart finirent dans un bain de sang et/ou de larmes. Cela apparut de manière retentissante en 1963 avec l'assassinat à Dallas du 35ème Président des États-Unis. Si la commission d'enquête de son vice-président désigna Lee Harvey Oswald comme étant l'assassin, jamais il ne fut établi qui furent les véritables commanditaires et surtout leurs motivations, certains suggérant, entre autres, que les frères Kennedy avaient rompus le pacte scélérat passé par leur père avec la mafia anti-Castro qui, en échange de son soutien aux élections présidentielles, attendait que les USA renversent le dictateur communiste pour reprendre le contrôle de l'île de Cuba. Pour autant, cette tragédie ne dissuada pas l'ancien ministre de la justice Robert Kennedy de se présenter cinq ans plus tard à la présidentielle américaine en Californie. Il fut assassiné à son tour à Los Angeles juste après avoir remporté les Primaires de Californie. Et, deux fils de ce dernier, de mourir prématurément : le premier à l'âge de 28 ans à la suite d'une overdose, le second à l'âge de 39 ans dans un accident de ski. Mais, l'hécatombe ne s'arrête pas lorsqu'en 1999 le fils de JFK meurt aux commande de son avion et emporte avec lui sa femme et sa belle-sœur. Quant à l'actuel Ministre de la Santé choisit par l'Administration Trump pour ses théories loufoques en matière de santé publique et de vaccination, il n'est autre qu'un des fils de Robert Kennedy et donc neveu de JFK.