15 mai 2026

Ukraine/UE: Du chant au Lac des cygnes crépusculaires de Vladimir Poutine

Bolchoï lac des cygnes
En Russie, l'évocation du cygne est annonciatrice d'un déclin ou d'une chute de régime.

De la mythologie grecque au ballet de Tchaïkovski, il semble régner au Kremlin comme une atmosphère de déclin. Après la raclée cinglante que le peuple hongrois a infligé démocratiquement à Viktor Orban qui fut, par enrichissement personnel, l'agent double de Poutine au Conseil européen  durant seize ans, après le défilé militaire "Potemkine" du 9 mai dernier voulant célébrer soi-disant la grande victoire patriotique contre le IIIème Reich, tout en continuant de massacrer, comme l'auraient fait des nazis, ses anciens alliés ukrainiens dont le sacrifice fut déterminant pour venir à bout de la Seconde Guerre mondiale, Alain Berset, ex Conseiller fédéral et Secrétaire général du Conseil de l'Europe, vient d'annoncer la décision de l'UE et de 36 autres pays de conclure un accord spécial élargi pour instituer un tribunal pénal visant à juger le crime d'agression russe contre l'Ukraine et dont la Suisse fait également partie. C'est une étape décisive dans la volonté politique de nombreux États d'établir les responsabilités pénales internationales des dirigeants russes pour leurs exactions commises à l'endroit de la population ukrainienne durant cette guerre. Néanmoins, à côté des nombreux trains de sanctions économiques que l'UE a adoptés envers les dirigeants russes depuis 2022, elle s'est toujours refusée de décider d'une mise à prix de la tête de Poutine pour sa capture, ce qui aurait grandement facilité la tâche de la CPI, plutôt que de laisser l'Administration Trump s'en prendre à ses juges par des mesures de rétorsion aussi mesquines qu'infames comme l'aurait fait un clan mafieux. En tardant à récompenser comme il se doit la capture de Poutine, quels intérêts la Commission européenne, respectivement le Parlement européen, protègent-ils encore ? Serait-ce les lobbies de l'armement qui font fructifier bassement leurs intérêts ou cette sagesse antique et cynique qui consiste à préparer la guerre (et donc continuer à avoir un ennemi commun), pour espérer ne pas devoir la faire, selon l'expression latine bien connue : "Si vis pacem, para bellum". Mais, pendant ce temps, de nombreux civils ukrainiens continuent de mourir ou souffrir.

Mise à part Godot, qu'attend l'Europe pour enfin mettre le turbo ?

Poutine Wanted

On sait que Vladimir Poutine fait l'objet depuis le 17 mars 2023 d'un mandat d'arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour déportation illégale d'enfants des zones occupées en Ukraine vers la Fédération de Russie. Bien que d'autres crimes de guerre puissent être imputables au dirigeant russe, la déportation forcée d'enfants est universellement reconnue comme un crime de guerre particulièrement odieux et une violation grave du droit international humanitaire, notamment de la Quatrième Convention de Genève. En outre, l'intention déclarée de Vladimir Poutine de russifier des enfants ukrainiens pourrait mener à terme et selon certains experts à une requalification en crime de génocide. Mais, ce ne sont pas les seuls mandats d'arrêt émis par la CPI concernant l'agression russe en Ukraine. En 2024, des mandat d'arrêts ont également été émis pour destructions délibérées de cibles civiles comme des bâtiments d'habitation ou des infrastructures énergétiques en Ukraine, notamment à l'encontre de Sergueï Choïgou, Ministre de la Défense, et Valeri Guerassimov, Chef d'État-Major. Bien que la délivrance de ces mandats d'arrêt n'a pas eu d'effet sur la poursuite de l'agression russe en Ukraine, ses effets politiques et diplomatiques ne doivent pas être négligés pour autant puisque tous ces dirigeants recherchés ne peuvent sortir de Russie et cela contribue généralement à isoler le pays de la communauté internationale. Mais, faute d'exercer elle-même la force publique, la CPI ne peut compter que sur la coopération policière de ses cent vingt-quatre pays membres pour rendre effectif ses décisions. Au temps du Far West et de la conquête de l'Ouest américain, les shérifs, seuls représentants de l'ordre et la justice, recourraient à un moyen très efficace pour neutraliser les hordes de brigands qui sévissaient dans des vastes contrées sauvages et éloignées. Ils recrutaient des chasseurs de prime qui en échange de la capture du criminel recherché recevaient une récompense appréciable pour service rendu à la patrie. En mars 2022, Alex Konanykhin, homme d'affaires russe basé aux États-Unis, avait anticipé le mandat d'arrêt de la CPI en offrant une prime d'un million de dollars à qui aurait permis de stopper Vladimir Poutine, déclarant que cette proposition était un devoir moral pour empêcher que se poursuive l'agression russe de l'Ukraine. Hélas, il ne fut pas entendu et depuis de nombreux crimes de guerre ont été perpétrés. Assurément que le million de dollars offert généreusement à l'époque pour éviter toute guerre ne pût suffire comparé aux moyens mis en œuvre par Poutine pour assurer sa propre impunité face aux lois pénales internationales. Pourtant, maintenant que l'UE s'est décidée à passe aux actes en construisant une défense commune et en y consacrant une enveloppe de huit cents milliards d'euros à long terme, ne pourrait-elle pas apporter son obole à la proposition de Konanykhin en y rajoutant trois zéros, soit à peine 0,13 % du budget qu'elle s'apprête à investir dans l'industrie de l'armement ? À tout le moins, le Parlement européen pourrait avoir cette audace de nécessité d'initier un processus politique vertueux en ce sens. Pour sûr que ce petit milliard de dollars en ferait réfléchir plus d'un en Russie. Car, il est désormais notoire que tous ces soldats russes transformés en chair à canon et que Poutine envoie sans état d'âme sur le front ukrainien ne sont motivés que par une seule chose : l'argent et rien d'autre. À l'instar de tous ces électeurs géorgiens, moldaves et roumains qui ont accepté d'être soudoyés par le kleptocrate du Kremlin pour tenter de faire élire des politiciens populistes anti-européens. Même le sénateur américain Lindsey Graham en est convaincu lorsqu'il déclare le 2 juin dernier que si Poutine était démis de son pouvoir (quelles qu'en soient les causes), l'hostilité et la haine contre le peuple ukrainien disparaîtrait d'elle-même et cette guerre fratricide au sein du peuple slave cesserait immédiatement.

Si l'on souhaite un tant soit peu donner du poids aux décisions de la CPI qui ne dispose d'aucune force de police directe et suffisante, une mise à prix de la tête des criminels de guerre recherchés, proportionnée à la gravité des exactions commises, devrait être a minima systématique et globale pour défendre au mieux et faire exécuter diligemment toutes les normes pénales internationales dont cette Cour a l'immense charge de faire respecter. L'Humanité ne s'en porterait que mieux et les apprentis-tyrans y réfléchiraient à deux fois avant de massacrer leurs semblables.


Rappel : Alors que le monde entier est horrifié par cette guerre anachronique, au cœur de l'Europe, Poutine a mis en marche une économie de guerre pour satisfaire sa vengeance envers son petit frère ukrainien épris de liberté, de démocratie et osant se tourner résolument vers l'Europe. Pour empêcher que le virus de la liberté et de la démocratie ne se propage et contamine son pays, Poutine soumet son propre peuple en organizing des programmes d'endoctrinement patriotique dès les bancs de l'école : enfant-soldat, lavage des cerveaux par la propagande et violence intrinsèque de la société russe. Selon le reportage de la journaliste Ksenia Bolchakova, voici comment la Russie de Poutine est devenue celle d'un peuple qui marche au pas martial vers la guerre permanente contre ses voisins européens et ne bronche pas.

Le Blues du businessman

Claude Dubois, c'est cette voix indissociable de ce célèbre tube écrit par Michel Berger et Luc Plamondon incorporé dans l'Opéra rock Starmania en 1978. Claude Dubois y joue le rôle de Zéro Janvier, un homme d'affaires ayant réussi dans le pétrole et l'immobilier, et dont le symbole de sa réussite financière est représentée par une tour qu'il érige et baptise: La Tour Monopolis. Mais, cette réussite économique ne lui suffit pas. Il se lance alors en politique pour devenir le Président de l'Occident et aspire à fonder un monde d'ordre et de sécurité voulant tout régenter. Il se heurte alors à une bande de jeunes loubards nihilistes dirigés par Johnny Rockfort et dont l'interprétation la plus remarquée fut celle de Daniel Balavoine. Zéro Janvier gagne les élections. Mais, malgré sa toute-puissance, c'est un personnage complexe et mélancolique qui confie dans sa chanson être un homme profondément insatisfait symbolisant l'échec de la quête du bonheur par l'argent et la domination. Vladimir Vladimirovitch, Donald et sa Trump Tower, The Board of Peace ou son Conseil de la paix, même une aile de la Maison Blanche transformée en salle de bal. Quelle œuvre artistique autre que Starmania peut-elle aujourd'hui se revendiquer aussi divinatoire ?

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