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21 novembre 2025

USA-Chine: Le combat idéologique du vice contre la vertu ?


Donald Trump et Xi Jinping

À force de nous rabâcher sans cesse que la Chine est l'ennemi de notre système occidental et qu'elle sera le premier adversaire qui défiera les États-Unis si elle devait s'en prendre militairement à Taïwan, ne pourrait-on pas cesser un instant de diaboliser l'Empire du Milieu et de comparer objectivement les avantages et les inconvénients de ce soi-disant communisme à la chinoise par rapport à nos soi-disantes démocraties, tout en sachant que derrière ces deux visions politiques du monde se cachent des réalités bien plus complexes et paradoxales qu'il n'y paraît (lire l'article: Duel entre faucons et dragons). Comme tous les anciens pays communistes (à l'exception de la Corée du Nord), la Chine s'est engagée à se développer sur base des règles de l'économie de marché, de la libre entreprise et de la concurrence, sans toutefois que son capitalisme dit d'État n'influe en quoi que ce soit sur la règle inamovible du parti unique, soit le parti communiste chinois (PCC), qui est la seule autorité politique à exercer la puissance publique. Contrairement à nos démocraties, il n'y a donc en Chine aucune possibilité d'exprimer des idées politiques qui soient contraires, ou même différentes, de la ligne adoptée par le PCC et son chef actuel Xi Jinping. En résumé, le citoyen chinois n'est pas autorisé à penser sa vie et son bonheur autrement que dans l'idéologie poursuivie par le PCC, si tant est que les politiciens soient les mieux à même de se soucier du bonheur de leurs citoyens/électeurs. S'il ne s'en satisfait pas, il lui reste le choix d'émigrer et tenter sa chance ailleurs, ce qui n'est pas rien en soi si l'on se souvient de la politique d'émigration interdite appliquée par les soviétiques au temps de l'URSS et son infranchissable rideau de fer.

Si l'on en vient aux démocraties occidentales, chaque citoyen peut exercer le droit de choisir un parti politique plutôt qu'un autre selon ses convictions propres, mais surtout selon son appartenance à une classe sociale qui détermine pour une bonne part son éducation, son héritage économique, culturel, voire religieux. Mais, dans la pratique, l'exercice de la démocratie représentative qui est la plus répandue (exception faite de la Suisse dont le modèle est le plus abouti en matière de droits politiques directs) est soumis toujours plus à de nombreux aléas qui tiennent à la désinformation croissante et généralisée de l'électorat, à l'activisme politique des lobbies économiques, aux financements occultes des partis et aux innombrables conflits d'intérêts qui surgissent entre décideurs politiques et leurs entourages professionnels ou privés. Montesquieu était parvenu à défendre le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Pour parachever le modèle, il aurait fallu également penser à séparer les pouvoirs politiques de l'économie et des puissances de l'argent pour mener efficacement des politiques publiques qui servent le bien commun d'un pays, d'un continent, voire du genre humain et de son environnement. Avec nos démocraties, on est évidemment très loin du compte. Et ce n'est pas l'exemple calamiteux de la présidence américaine actuelle qui me contredira. Si l'expérience passée du communisme est demeurée une utopie, la démocratie représentative à la mode américaine est au mieux une ploutocratie qui, ces derniers temps, vire à l'autoritarisme, à l'oligarchie, voire au fascisme. Mais, trêve de discours théoriques! Essayons de comparer de manière pragmatique à quels résultats chacune de ces deux idéologies permet d'aboutir sur des problèmes actuels et brûlants au sein de leur population respective :