À nos avoués de classe (très) moyenne
«Classe moyenne» est un film réalisé par Antony Cordier et fut présenté en première mondiale au festival de Cannes en 2025 dans le cadre de la Quinzaine des cinéastes. Il narre une sorte de "huis-clos" socio-inter-générationnel entre une famille aisée bourgeoise (Laurent Laffite et Élodie Bouchez) et leurs employés-gardiens (Laure Calamy et Ramzy Bedia) chargés d'entretenir leur luxueuse résidence de villégiature dans un coin perdu d'Occitanie. Du fait de leurs origines et trains de vie, ce sont deux familles que tout oppose et qui à la suite de quelques maladresses verbales vont entrer dans un conflit de classes sociales totalement déroutant tout autant que jouissif pour le spectateur. Dans cet extrait, le personnage le plus vertueux de la bande, Mehdi (Sami Outalbali), s'efforce de trouver un règlement à l'amiable entre les deux clans en mettant en pratique ses connaissances juridiques afin d'espérer décrocher un stage d'avocat dans l'Étude de son potentiel futur beau-père. Des dialogues au cordeau, un régal de personnages très persuasifs et une fin totalement renversante.
«El Cumbanchero» fête ses 80 ans
Enregistré pour la première fois en 1946 au Mexique et composé par le Portoricain Rafael Hernandez Marin (1892-1965), cet air musical endiablé est une guaracha qui raconte l'histoire d'un joueur de maracas et de bongo qui s'en va faire la fête en chantant. Très vite, le morceau devient un standard incontournable grâce à son tempo ultra-rapide et sa section de cuivres et de percussions survoltées à la limite de la transcendance. Plusieurs reprises légendaires immortaliseront ce morceau dans des styles aussi différents que la salsa (Célia Cruz), le jazz afro-cubain (Tito Puente), le reggae ou encore une reprise du groupe français Los Machucambos. Dans l'extrait ci-dessous, on retrouve cet air d'énergie pure (avec en bonus La Cumparsita et Malaguena) à l'occasion d'un concert à Bayonne en 2010 du célèbre chanteur lyrique Roberto Alagna accompagné de tous ses musiciens sous la direction d'Yvan Cassar.
Argent sale cherche blanchisseur ayant bonne réputation
The Laundromat ou l'affaire des Panama Papers (diffusé sur Netflix et réalisé par Steven Soderbergh en 2019 sur une enquête de Jack Bernstein) est une comédie satirique qui décortique à partir d'une Étude d'avocats située au Panama, en l'espèce l'Étude Mossack Fonseca, le rôle des avocats d'affaires et des intermédiaires financiers qui usent de toute sorte de subterfuges juridiques aux fins de blanchir l'argent, soit dissimuler sa véritable origine et son vrai propriétaire. À la façon d'une rédemption, deux avocats brisent le quatrième mur en s'adressant au spectateur pour leur expliquer en quoi consiste leur rôle en tant que blanchisseur et comment l'élite mondiale composée d'oligarques, de politiciens véreux et d'organisations criminelles dissimulent leur fortune pour échapper aux juridictions pénales et fiscales de pays démocratiques respectant l'État de droit, révélant de la sorte que le système financier mondial et les juridictions offshore sont conçus expressément pour protéger sans scrupule les ultra riches, peu importe l'origine de leurs fonds et surtout la véritable identité de leur(s) propriétaire(s). Dans cet extrait, un potentat africain aux mœurs dissolus n'a pas d'autres choix pour préserver son image et l'unité de sa famille que d'initier sa fille au chantage et à la corruption comme un soi-disant rituel de passage de l'enfance à l'âge adulte. Telle la fille comme le père font alors monter les enchères jusqu'à conclure un marché de dupes où les promesses réciproques ne valent pas tripette.
Du Grand Remplacement au déclin du patriarcat. Ou vice-versa.
Extraite de son album "Entre gris clair et gris foncé" sorti en 1987, la chanson Elle a fait un bébé toute seule de Jean-Jacques Goldman sur un genre musical Country/Bluegrass fut de par son titre révélatrice de l'apparition d'une nouvelle tendance et réalité sociale où les filles mères d'autrefois et la honte qu'on leur faisait subir ont fait place à des femmes fortes qui assument leur célibat et revendiquent d'être parent sans s'encombrer d'un père, encore moins d'un mari. Et tant pis pour les traditionnalistes pure souche à la façon OSS 117 d'Hubert Bonnisseur de la Bath (Jean Dujardin) qui, dans cet extrait de Rio ne répond plus sorti en 2009, nous donne une leçon de machisme et de xénophobie habilement maladroite. Enfin, coup de latte de Philippe Caverivière aux vieux préjugés xénophobes qui tentent de faire passer les migrants pour des paresseux et des profiteurs, alors que leur seul projet de vie (dans l'immense majorité des cas) est de quitter leur terre natale la mort dans l'âme pour aider leur famille par désespoir de cause et occuper tous ces petits boulots ingrats et mal payés que les Européens rechignent à exécuter.
Faux sosies et vrais imposteurs
Dans le film "Podium" sorti en 2004 et réalisé par Yann Moix, Bernard Frédéric (Benoît Poelvoorde) surfe sur le mythe du chanteur Claude François décédé en 1978 en tentant de redevenir à l'occasion d'un concours télévisé son meilleur sosie parmi d'autres concurrents. Sa femme (Julie Depardieu) ne l'entend pas de cette oreille et fait appel à un psychothérapeute qui, espère-t-elle, pourra raisonner ce mari fantasque de renoncer à ses vieilles passions perturbant par trop l'ordre familial. Hélas, la séance de psychothérapie ne se passe tout à fait comme prévu.
Retour dans le Jardin d'Éden
Philippe Gougler et son émission Des trains pas comme les autres nous fait la démonstration au détour d'un chemin de traverse que le Jardin d'Éden existe bel et bien sur notre Terre. Il suffit juste de voyager, observer et s'intéresser au mode de vie de nos autres congénères que le smartphone n'a pas encore dévoyés. Grâce à leurs vertus de sagesse et d'humilité, ceux-ci ont su préserver dans leur existence cette harmonie originelle qui devait exister dès l'aube de l'humanité entre les hommes, la terre et les animaux, avec en la circonstance l'emploi parcimonieux et inoffensif d'une simple fronde.
My sweet Lord...and the hard way to reach You.
Georges Harrison était la troisième roue du carrosse Rolls-Royce de la Beatles mania. Il composa moins de chansons que les deux illustres fondateurs (John Lennon et Paul McCartney), mais c'était le plus oriental des quatre qui apporta au répertoire de nouvelles vibrations (par ex. Within you without you, issu de l'album Sgt. Perppers') tournées vers la spiritualité d'où qu'elle vienne. Dans "My Sweet Lord", sorti en 1970 quelques mois après la dissolution du groupe, George Harrison reprit le style musical du gospel et fit cohabiter des chants chrétiens et mantras indouistes, incitant le public à se joindre à une chorale œcuméniste. Mais, cette œuvre musicale n'est pas aussi vierge qu'il n'y paraît. Dès sa sortie et son immense succès, "My Sweet Lord" fut attaqué en justice pour plagiat par la maison disque Bright Tunes qui, sept ans, plus tôt, avait produit un groupe afro-américain féminin "The Chiffons" chantant en style "yéyé" le titre "He's so fine" écrit par Ronnie Mack. Lors du procès en 1976, Harrison se défendit d'avoir voulu copier "The Chiffons" et jura que son inspiration lui vint d'un chant chrétien tombé dans le domaine public, soit le fameux "Oh happy day" (Fallait oser!). Finalement, le tribunal, dont le juge avait une bonne oreille, statua qu'il y avait bien plagiat, mais que celui-ci fut "inconscient", c'est-à-dire sans retenir une intention malveillante du chanteur. Il n'en demeure pas moins que ce dernier fut condamné à verser 1,6 millions de dollars au plaignant. Mais, le monde du showbiz n'étant pas moins un panier de crabes que tout autre, un ultime rebondissement fit fondre cette manne inespérée. En effet, Allan Klein, l'ancien manager véreux des Beatles, racheta en douce Bright Tunes pour empocher l'argent du procès. Il fallut des années de procédures judiciaires supplémentaires pour faire reconnaître la trahison d'Allan Klein et sa mauvaise foi. Et, c'est finalement Harrison qui racheta l'entièreté des droits de la chanson originelle dans tous les pays.
Si John Lennon fut assassiné en 1980, peu se souvienne que George Harrison perdit prématurément la vie en 2001 à la suite de graves conséquences sur sa santé causées par une agression nocturne perpétrée à son domicile d'Oxford le 30 décembre 1999. Réveillé en pleine nuit par un intrus, Harrison se retrouva face à son agresseur, Michael Abram, qui hurla et brandit un couteau de cuisine. Gardant son sang-froid, Harrison tenta de calmer l'intrus en criant à haute voix le mantra Hare Krishna, exhortant à la paix et à l'amour universels. En vain. Une lutte s'engagea où Harrison fut poignardé à plusieurs reprises au niveau du thorax. C'est finalement grâce au soutien de son épouse, Olivia, que l'agresseur fut maîtrisé par le couple. Devant la police, Abram motiva son agression en déclarant avoir été possédé par le chanteur. Il était convaincu que l'ex-Beatles représentait l'Antéchrist et que Dieu l'avait envoyé pour l'exécuter. En fait, il fut établi qu'Abram était dans un délire psychotique provoqué par sa consommation de drogues. Lors de son procès en 2000, il fut déclaré non coupable pour cause d'aliénation mentale au moment des faits. Il fut interné à vie dans un hôpital psychiatrique de haute sécurité, mais son traitement médical lui permis de recouvrer rapidement sa liberté dès 2002. Quant à George Harrison, profondément traumatisé et diminué physiquement par les stigmates que lui ont laissés cette nuit d'horreur, le chanteur, déjà traité pour un cancer de la gorge, vit sa maladie récidiver sans rémission et s'éteignit le 29 novembre 2001 à l'âge de 58 ans.

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