Côté jardin

À la pêche aux vraies et fausses perles

Comme en perliculture aquatique, les Beaux Parleurs de la RTS et leurs auditeurs sont constamment à la chasse des plus belles perles ou lapsus, bourdes et contresens diffusées sur les ondes hertziennes et numériques. En pleine période conclavique il y a un an pour la désignation du Pape Léon XIV, certains auditeurs ont cru nécessaire de rapporter certaines interventions apparemment saugrenues qu'ils prirent un peu trop hâtivement pour une perle, mais qui, dans leur contexte, n'en était pas du tout une. Comme cette déclaration du politicien et Conseiller national Benjamin Roduit, reconnaissable à sa voix, qui déclara : «Qui entre Pape au Conclave en ressort Cardinal.» Or, n'en déplaise à nos Beaux Parleurs du moment, ce dicton est exactement celui que l'on utilise pour couper court à toute spéculation sur le prochain Pape, sachant que les Cardinaux prétendument papables sont rarement ceux que le Conclave élit pontife. Et, ce fut le cas de Léon XIV qu'aucun oracle médiatique n'avait vu venir.


On savait les mammifères marins doués d'une certaine intelligence. On ignorait trop souvent qu'elle pût être coopérative avec l'intelligence humaine lorsque celle-ci s'utilise à bon escient. Comme dans le cas de ces pêcheurs brésiliens qui pour remplir leurs filets peuvent compter sur des dauphins qui savent rabattre la poiscaille auprès de leurs cousins primates et se satisfaire de la récompense qu'il leur échoit.


_______________________

La mort comme point de départ...

Dans l'édition 2019 de The Voice France, la chanteuse camerounaise London Loko reprend avec une expressivité bien heureuse ce titre du groupe anglais Carmel évoquant les funérailles festives d'une certaine Sally, bien loin de l'ambiance sombre et morose que l'on associe généralement à ce genre de cérémonie. Car, comme le disait le philosophe et écrivain Montesquieu, on pleure les gens à leur mort alors qu'en y réfléchissant un peu, on devrait plutôt les plaindre à leur naissance. Comprendra qui peut !


_______________________

Toute ressemblance avec...ne serait que fortuite.

Précuisiné, prélivré, prémâché, prédigéré ? Y a plus qu'à déféquer ! Cet aphorisme sur la malbouffe que j'emprunte à Philippe Geluck (auteur du Chat) peut s'appliquer désormais à ces nouveaux marchands du régime alimentaire qui vous livrent un mois à l'avance toute ce que vous aurez à manger chez vous. Finis les marchés de fruits et légumes, l'épicerie du coin, les bonnes recettes de vieilles mamans ! Adieu les plats mijotés et le plaisir de cuisiner, encore moins celui de recevoir ! Cela a inspiré Laurent Gerra qui, en riposte, s'est décarcassé pour réaliser une vidéo courte et efficace. Mais, certainement pas autant que les pertes de poids promises par cette industrie futuriste qui se chargera de transformer votre cuisine devenue inutile en un container à cartons d'emballage.

_______________________

Sous la symphonie des éclairs gronde le tonnerre

Sur la côte ouest australienne, l'émission Échappées Belles, présentée en la circonstance par Jérôme Pitorin, nous amène à la rencontre de deux aborigènes, Michela et Viviane, qui du fond des âges viennent nous rappeler que, face aux périls du capitalisme et du matérialisme, le respect de la Nature est l'alpha et l'oméga de toute vie sur Terre. Et quel meilleur accompagnement musical que celui de réentendre la Symphonie des éclairs chantée par Zaho de Sagazan, en implorant que cette incantation adressée au Ciel nous protège de sa colère et de tout déluge qui pourrait s'avérer dantesque.
_______________________

Le mensonge, cette duplicité de l'esprit qui sauve ou détruit.

Dans «Broken Lullaby» réalisé par Ernst Lubitsch en 1932, le cinéaste traite de l'injonction contradictoire insurmontable qui existe entre le cinquième Commandement du Décalogue « Tu ne tueras point » et l'obligation légale faite à un citoyen soldat de tuer sans état d'âme l'ennemi qu'on lui assigne. C'est le remords profond et le besoin de rédemption qui hantent le personnage de Paul Renard, soldat français mobilisé durant la Première guerre mondiale. Car, pour être en paix avec sa conscience, Paul a besoin après l'armistice de rencontrer les proches du soldat allemand prénommé Walter qu'il a tué dans une tranchée. C'est alors qu'en dépit du ressentiment tenace qui anime encore et pour longtemps les belligérants, il ne peut avouer les raisons exactes de sa venue en Allemagne et se voit contraint de mentir sur une prétendue amitié qu'on lui prête avec le défunt, soit un mensonge qui en la circonstance fait revivre le souvenir idéalisé du fils aimé pour la plus grande joie de sa famille. Il faut attendre 2016 et le film Frantz de François Ozon pour découvrir en quelque sorte la suite de cette histoire. Car, sitôt les aveux du soldat Adrien Rivoire (anc. Paul Renard), joué par Pierre Niney, recueilli par la fiancée de Frantz (anc. Walter) prénommée Anna (jouée par Paula Beer), celle-ci se trouve à la fois trahie dans ses sentiments à l'égard d'Adrien et complice de son mensonge à l'égard de sa belle-famille. Ne sachant comment sortir de ce dilemme sans décevoir, elle décide de se suicider par noyade, mais se voit sauvée in extrémis par un passant. Alors, s'apercevant que ledit mensonge lui permet de compter encore sur le soutien de ses beaux-parents, elle reprend peu à peu goût à la vie et, après avoir été absoute par un prêtre pour ses arrangements avec la vérité, elle décide de se fier aux sentiments qu'elle éprouve désormais pour Adrien et part le retrouver à Paris... Nul doute que ce prolongement scénaristique d'Ozon quatre-vingt-cinq ans plus tard permet d'envisager le thème principal de façon beaucoup plus large en questionnant le spectateur sur des sujets aussi délicats que le suicide, la fragilité psychologique des êtres et surtout le désir impérieux de vivre malgré tout.

De Minneapolis à Persépolis

La symbolique de ces deux endroits résume à elle seule tout le paradoxe de notre monde actuel entre un peuple qui vit librement et en démocratie depuis plus de deux siècles ininterrompus et n'entend pas y renoncer, et un autre qui aspire désespérément à le devenir un jour. D'un côté, les manifestations de Minneapolis contre la milice ICE et ses méthodes barbares visant à expulser aujourd'hui des migrants, mais demain ses ennemis de l'intérieur blancs et chrétiens. De l'autre, un soulèvement général d'un pays tout entier, l'Iran, qui aspire à la liberté et veut changer de régime politique. Pour le premier, il a suffi de deux victimes mortellement atteintes pour faire reculer cette violence zélée et criminelle. Pour le second soulèvement dont le paroxysme dura deux jours, il engendra une répression de masse de plus de trente mille victimes, sans qu'aucun signe extérieur ne vienne témoigner de l'affaiblissement du régime et de sa sauvagerie. D'ordinaire, les opinions publiques européennes et celles des pays musulmans sont promptes à critiquer la politique américaine et à défendre la cause palestinienne dans les rues. Pourtant, à ce jour, aucune manifestation d'ampleur n'est venue s'indigner de cette répression sanglante, encore moins de coreligionnaires musulmans qui semblent incapables d'exprimer ouvertement leur solidarité envers leurs frères persans. En septembre 2022, le meurtre de l'Iranienne Masha Amini par la police des mœurs avait su mobiliser le monde entier sur l'oppression exercée envers les musulmanes, en partie grâce aux réseaux sociaux. Mais, si Masha Amini a pu devenir la figure emblématique de cette cause, c'est aussi parce que son martyr fut sa propre mort et qu'il ne pouvait rien lui arriver de pire. C'est la faveur exceptionnelle réservée à l'individu sacrifié quand des milliers d'autres anonymes sont massacrés dans l'indifférence générale selon la maxime «Favor personae versus silentium universi». Et, ce n'est pas par hasard si le régime iranien a supprimé toute liaison internet durant les deux jours de répression sanglante des 8 et 9 janvier 2026 pour massacrer dans un silence assourdissant trente mille victimes, faisant en sorte que celles-ci demeurent les plus anonymes possibles pour que jamais le monde ne puisse s'en émouvoir, ni l'histoire s'en souvenir.

« Minnesota, soulève-toi ! »

(traduction libre & engagée de la chanson de Bruce Springsteen "Streets of Minneapolis")

Dans l’aube glaciale d’un vent d’hiver,
Sur les chemins de la liberté,
Anonymes masqués, ils arrivèrent,
Sans bruit et incapables d’assumer,
La traque à laquelle ils se livrèrent.

Oubliant que leur mère pour pas cher,
Les confiait à des sans-papiers,
Et qu’aussi leurs aînés ils soignèrent,
Tout occupés qu’ils sont à chasser l’étranger.

Tout ce sang et cette sueur,
Qui leur apporte richesse et bonheur,
Ces propre-à-rien n’en ont que faire,
Si ce n’est d’exprimer leur laideur.

D’ingrats, ils sont incultes aussi,
Ignorant leurs ancêtres nazis,
Bottés de cuir noir et vêtus de manteaux,
Même couleur que ceux dont ils veulent la peau.

Sans doute qu’ils ont hérité,
Du même gène que leurs ascendants,
Ces génocidaires qui s’en prirent aux Indiens,
Pour voler leur terre baignée de sang.

Chasser l’étranger d’une terre spoliée,
Que n’a-t-on trouvé plus abjecte pensée !
Ces âmes sombres et désœuvrées,
Cédèrent aux sirènes des damnés,
Parce que faute de savoir aimer son prochain,
Faut bien vivre et plus encore le détester.

Mais, le comble de ces ignares,
C’est qu’ils se persuadent bons croyants,
Alors que s’autorisant à faire couler le sang,
Ils blasphèment tous les Commandements.

Chez ces gens-là,
Seul règne l’abus de droit,
Le triomphe de l’impunité,
Qui confère à leur inhumanité,
Toute son efficacité.

Mettre un infirmier à terre,
Le rouer de coups,
L’abattre de dix balles de revolver,
Sont-ils devenus fous
Autant qu’ils en sont fiers ?

Georges, Alex et Renée,
Toutes ces injustices perpétrées,
Que le roi Donald ordonne de tuer,
Et voilà le Ku Klux Klan réhabilité.

Avec ICE aux USA,
La lâcheté atteint son nirvana,
Plus que la mort dans les couloirs,
C’est dans les rues qu’il faut la voir.

Là où s’expriment avec ferveur,
Ces cris qui s’insurgent contre la terreur,
Maudissent les rois imposteurs,
Car, jamais dans l’oubli ne tomberont,
Ces voix du Minnesota.

Et qu’ils soient trois ou trente mille,
Abattus à Minneapolis,
Ou mitraillés à Persépolis,
C’est toujours l’histoire sans fin,
De politiciens inhumains.

Qui comme Caïn tua Abel,
Par avidité personnelle,
Et du fratricide fit une religion,
Pour changer la fraternité en poison.

George Floyd and Democracy

Depuis le meurtre de George Floyd par l'agent D. Chauvin en mai 2020, la démocratie américaine n'a fait que régresser sous le 2ème mandat de Donald Trump.

_______________________

Saison 1 L'hiver de Vivaldi, Joyeux Noël Félix, Dix pour cent, The Beatles, Amicalement vôtre, Dr Folamour, Les trilles du diable, Amadeus, Pietrodarchi, Fabrizio Moro.

Saison 2 Renaud, Phares Ouest, Volver, David Castello Lopez, Pierre Naftule, 52 minutes, Sanremo 2018, Dalida, 2Cellos, Rambo.

Saison 3 Anthony Kavanagh, Les Guignols, Buena Vista Social Club, Michel Berger, Alix, Yuri Bienaventura, Vincent Kucholl, Alain Chamfort, Pink Floyd, Chico Buarque.

Saison 4 Shervin Hajipour, Supertramp, Zazie, Inès Reg, Hotel California, Ginette Reno, Maurane, Michel Legrand, Dutronc, Youssou N'Dour, Mathilde Gremaud.

Saison 5 Lilou, G. Brassens, Joe Dassin, Giuseppe Verdi, Guillaume Bats, Denis Borel, Tina Turner, Gérard Lenorman, Calogero, Zaz & Icare, Dalida, Thomas Wiesel, Jane Birkin.

Saison 6 Ricardo Darin, Ricardo Cocciante, Laurent Woulzy, Uptown Funk, Serge Reggiani, Serge Lama, Dr Knock, Les restos du cœur, Eurovision Junior 2023, Pierre Perret.

Saison 7 Elona Gay, Salsa et Timba, Bossa Nova, La Suisse et la guerre, Robert Badinter, Moody Blues et BJH, Psyché Rock, Nemo, Brassens, Philippe Caverivière.

Saison 8 Cesaria Évora, Daniel Balavoine, The Fab Four, Jean-Yves Lafesse, Pink Floyd, Gifted, Enrico Macias, Charlie Chaplin/Ernst Lubitsch, Les nouveaux monstres, Daniel Lévi.

Saison 9 Eddy Mitchell, Francis Cabrel, Niagara, Orelsan, Jean-Pierre Bacri, Jacques Brel, Jacques Villeret, Fernand Reynaud, France Gall, Gene Hackman, Bernard Tapie, Pink Floyd, Éric Dupond-Moretti, Véronique Sanson, Justine Mettraux.

Saison 10 Georges Moustaki, Guillaume Galienne, Le Pape François, Benjamin Bioley, Mylène Farmer, Vanessa Paradis, Jacques Dutronc, OSS 117, Dans la maison vide (Michel Polnareff), Philippe Noiret, Coach Hakim, Adriano Celentano, Nino Ferrer.

Saison 11 Carla Bruni/Pascal Obispo, Claudia Tagbo/Jean-Pascal Zadi, Les sœurs Kambudji, Rick Davies, Jean Dujardin, Maëlle, Eddy Mithell/Laurent Gerra, Groland, Renaud, Caïphe/Judas, Starmania, Bun Hay Mean/El Chino, Augustin Trapenard, Jacques Brel/Terry Jacks, Ray Charles/Paul McCartney/Steve Wonder/Zaz/Vanessa Da Mata/Ben Harper, Burger Quiz.

Saison 12 Les Beaux Parleurs, London Loko, Laurent Gerra, Zaho de Sagazan, Ersnst Lubisch/François Ozon, De Minneapolis à Persépolis, Jean-Albert Lièvre/Michel Berger, Camille Chamoux/Shervin Hajipour, Daniel Balavoine, Isabelle Chassot/Les Enfoirés, Marion Roch/Michel Delpech,


Diaporama des articles

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

N'hésitez pas à laisser un commentaire, de préférence non anonyme ! Merci de votre compréhension !