Le Blues du businessman
Claude Dubois, c'est cette voix indissociable de ce célèbre tube écrit par Michel Berger et Luc Plamondon incorporé dans l'Opéra rock Starmania en 1978. Claude Dubois y joue le rôle de Zéro Janvier, un homme d'affaires ayant réussi dans le pétrole et l'immobilier, et dont le symbole de sa réussite financière est représentée par une tour qu'il érige et baptise: La Tour Monopolis. Mais, cette réussite économique ne lui suffit pas. Il se lance alors en politique pour devenir le Président de l'Occident et aspire à fonder un monde d'ordre et de sécurité voulant tout régenter. Il se heurte alors à une bande de jeunes loubards nihilistes dirigés par Johnny Rockfort et dont l'interprétation la plus remarquée fut celle de Daniel Balavoine. Zéro Janvier gagne les élections. Mais, malgré sa toute-puissance, c'est un personnage complexe et mélancolique qui confie dans sa chanson être un homme profondément insatisfait symbolisant l'échec de la quête du bonheur par l'argent et la domination. Vladimir Vladimirovitch, Donald et sa Trump Tower, The Board of Peace ou son Conseil de la paix, même une aile de la Maison Blanche transformée en salle de bal. Quelle œuvre artistique autre que Starmania peut-elle aujourd'hui se revendiquer aussi divinatoire ?
Enchanter la vie par un sourire
Si les paroles de la chanson «Smile» sont écrites par John Turner et Geoffrey Parsons en 1954, sa musique est bien celle de Charlie Chaplin, le vagabond au sourire désarmant, qui l'a composa en 1936 pour servir de bande-son à son film "Les Temps modernes". Popularisé par Nat King Cole en 1954, ce standard planétaire fut repris par un nombre incalculable d'interprètes. Alors lequel ou laquelle choisir. Perso, c'est la chanteuse Noa (connue également sous son nom hébreux Achinoam Nini) qui m'a donné envie de réécouter ledit standard, particulièrement lors de son interprétation en duo avec le chanteur lyrique italien Andrea Bocelli sur la place Saint-Pierre au Vatican en l'honneur du Pape François: «Smile, what's the use of crying ? You'll find that life is still worthwhile, If you just smile.» Rappelons qu'auparavant, Noa forma en 1996 un duo éphémère avec Zucchero sur le titre "Your song" composé par Elton John; c'est à cet instant que Luc Plamondon et Ricardo Cocciante, occupés tous deux à l'écriture d'une comédie musicale inspirée directement du roman "Notre-Dame de Paris" de Victor Hugo, lui demandèrent de chanter la voix d' Esmeralda qui, en tournée, fut reprise par une certaine Hélène Ségara.
«O que será, que será...?»
Tout commence avec le roman de l'écrivain brésilien Jorge Amado intitulé "Histoire morale et d'amour" sorti en 1966 et qui raconte à la manière d'un Claude Chabrol, mais dans la moiteur mystique et tropicale de Bahia, le choc des passions amoureuses avec une certaine morale bourgeoise. Dona Flor, veuve de son état, se remarie avec un notable de la ville, mais se voit par ses passions antérieures vivre une polyandrie imaginaire lorsque son premier amant revient d'entre les morts la visiter et la hanter. En 1976, alors que le Brésil vit encore en pleine dictature militaire, Bruno Barreto se lance dans la réalisation du film qu'il intitule Dona Flor et ses deux maris. Il s'adresse alors à l'auteur et compositeur brésilien Chico Buarque pour réaliser la bande son. Celui-ci saisit cette occasion pour écrire plusieurs versions du texte, dont l'une "À Flore da pele" (À fleur de peau) décrit le mécanisme du complot qu'il soit familial ou politique comme ce fut le cas pour l'avènement de la dictature brésilienne, puis son renversement. L'obscurité des alcôves où se murmure l'inavouable, où s'exprime la sauvagerie des instincts et s'accomplit la malédiction des destins et contre lesquels on ne peut rien. "O que será" célèbre la puissance de la vie et le mystère de l'existence dans ce qu'ils ont de plus imprévisibles, risqués, mais aussi d'inexorables providentiels ou fatals. En 1978, Claude Nougaro reprend la mélodie de cette samba pour en faire une adaptation sur le thème de la promesse d'amour éternel. Au contraire des amours successives relatées par Alain Souchon dès 1993 qui usent les cœurs autant qu'elles nécessitent de lessives détergentes.
À la pêche aux vraies et fausses perles
Comme en perliculture aquatique, les Beaux Parleurs de la RTS et leurs auditeurs sont constamment à la chasse des plus belles perles ou lapsus, bourdes et contresens diffusées sur les ondes hertziennes et numériques. En pleine période conclavique il y a un an pour la désignation du Pape Léon XIV, certains auditeurs ont cru nécessaire de rapporter certaines interventions apparemment saugrenues qu'ils prirent un peu trop hâtivement pour une perle, mais qui, dans leur contexte, n'en était pas du tout une. Comme cette déclaration du politicien et Conseiller national Benjamin Roduit, reconnaissable à sa voix, qui déclara : «Qui entre Pape au Conclave en ressort Cardinal.» Or, n'en déplaise à nos Beaux Parleurs du moment, ce dicton est exactement celui que l'on utilise pour couper court à toute spéculation sur le prochain Pape, sachant que les Cardinaux prétendument papables sont rarement ceux que le Conclave élit pontife. Et, ce fut le cas de Léon XIV qu'aucun oracle médiatique n'avait vu venir.
On savait les mammifères marins doués d'une certaine intelligence. On ignorait trop souvent qu'elle pût être coopérative avec l'intelligence humaine lorsque celle-ci s'utilise à bon escient. Comme dans le cas de ces pêcheurs brésiliens qui pour remplir leurs filets peuvent compter sur des dauphins qui savent rabattre la poiscaille auprès de leurs cousins primates et se satisfaire de la récompense qu'il leur échoit.
La mort comme point de départ...
Dans l'édition 2019 de The Voice France, la chanteuse camerounaise London Loko reprend avec une expressivité bien heureuse ce titre du groupe anglais Carmel évoquant les funérailles festives d'une certaine Sally, bien loin de l'ambiance sombre et morose que l'on associe généralement à ce genre de cérémonie. Car, comme le disait le philosophe et écrivain Montesquieu, on pleure les gens à leur mort alors qu'en y réfléchissant un peu, on devrait plutôt les plaindre à leur naissance. Comprendra qui peut !
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