Saison 13

Tu seras un homme mon fils, sinon un vaurien.

Inspiré du poème de l'écrivain britannique Rudyard Kipling écrit en 1895, puid traduit librement par l'écrivain André Maurois en 1918, "Tu seras un homme, mon fils" est déclamé ici par l'artiste et militante féministe Marion Séclin, également autrice de plusieurs ouvrages tels Girl Power ou Tout lâcher. Et, si les viols civils sont condamnés par la justice, il convient de rappeler que les viols commis en temps de guerre le sont rarement. En 2000, dans son album "Esco di rado et parlo encora meno" Adriano Celentano, marqué par la barbarie de la guerre des Balkans, écrit le titre "Il figlio del dolore" qu'il interprète en duo avec la chanteuse Nada Malanima, mettant en scène un dialogue entre une femme victime de viol et son bourreau, pouvant parfois se poursuivre entre une future mère et cet enfant conçu dans la douleur après l'avoir mis au monde.



Sur un ton plus léger, car l'humour demeure le seul antidote qui soit propre à l'espèce humaine et lui permette de résister aux nombreuses épreuves et injustices qu'elle s'inflige, on se lasse pas de revoir l'humoriste Alison Wheeler dans un extrait de son spectacle "La promesse d'un soir", de même que tout récemment dans sa prestation remarquée, pleine d'audace et d'inventivité qu'elle a offerte au cours de la dernière cérémonie des Césars animée en la circonstance par le comédien Benjamin Lavernhe.

Est-ce que les Suisses sont forts à la guerre ?

Les humoristes David Castello Lopez et Vincent Kucholl  tentent d'y répondre dans l'émission «52 minutes». À noter que Vincent Kucholl est actuellement en tournée en Suisse romande dans un seul en scène intitulé "Un spectacle de droite" où il explore plus à fond son personnage suisse allemand de Reto Zenhaüsern, une sorte de descendant de la précédente génération qui pourrait être celle de M. Sylvestre de la World Company (Les Guignols de l'info), en pas moins cynique et ironique, mais un tantinet plus raffinée.

Le Blues du businessman

Claude Dubois, c'est cette voix indissociable de ce célèbre tube écrit par Michel Berger et Luc Plamondon incorporé dans l'Opéra rock Starmania en 1978. Claude Dubois y joue le rôle de Zéro Janvier, un homme d'affaires ayant réussi dans le pétrole et l'immobilier, et dont le symbole de sa réussite financière est représentée par une tour qu'il érige et baptise: La Tour Monopolis. Mais, cette réussite économique ne lui suffit pas. Il se lance alors en politique pour devenir le Président de l'Occident et aspire à fonder un monde d'ordre et de sécurité voulant tout régenter. Il se heurte alors à une bande de jeunes loubards nihilistes dirigés par Johnny Rockfort et dont l'interprétation la plus remarquée fut celle de Daniel Balavoine. Zéro Janvier gagne les élections. Mais, malgré sa toute-puissance, c'est un personnage complexe et mélancolique qui confie dans sa chanson être un homme profondément insatisfait symbolisant l'échec de la quête du bonheur par l'argent et la domination. Vladimir Vladimirovitch, Donald et sa Trump Tower, The Board of Peace ou son Conseil de la paix, même une aile de la Maison Blanche se voit transformée en salle de bal...! Quelle œuvre artistique autre que Starmania peut-elle aujourd'hui se revendiquer aussi divinatoire ?

Enchanter la vie par un sourire

Si les paroles de la chanson «Smile» sont écrites par John Turner et Geoffrey Parsons en 1954, sa musique est bien celle de Charlie Chaplin, le vagabond au sourire désarmant, qui l'a composa en 1936 pour servir de bande-son à son film "Les Temps modernes". Popularisé par Nat King Cole en 1954, ce standard planétaire fut repris par un nombre incalculable d'interprètes. Alors lequel ou laquelle choisir. Perso, c'est la chanteuse Noa (connue également sous son nom hébreux Achinoam Nini) qui m'a donné envie de réécouter ledit standard, particulièrement lors de son interprétation en duo avec le chanteur lyrique italien Andrea Bocelli sur la place Saint-Pierre au Vatican en l'honneur du Pape François: «Smile, what's the use of crying ? You'll find that life is still worthwhile, If you just smile.» Rappelons qu'auparavant, Noa forma en 1996 un duo éphémère avec Zucchero sur le titre "Your song" composé par Elton John; c'est à cet instant que Luc Plamondon et Ricardo Cocciante, occupés tous deux à l'écriture d'une comédie musicale inspirée directement du roman "Notre-Dame de Paris" de Victor Hugo, lui demandèrent de chanter la voix d' Esmeralda qui, en tournée, fut reprise par une certaine Hélène Ségara.

«O que será, que será...?»

Tout commence avec le roman de l'écrivain brésilien Jorge Amado intitulé "Histoire morale et d'amour" sorti en 1966 et qui raconte à la manière d'un Claude Chabrol, mais dans la moiteur mystique et tropicale de Bahia, le choc des passions amoureuses avec une certaine morale bourgeoise. Dona Flor, veuve de son état, se remarie avec un notable de la ville, mais se voit par ses passions antérieures vivre une polyandrie imaginaire lorsque son premier amant revient d'entre les morts la visiter et la hanter. En 1976, alors que le Brésil vit encore en pleine dictature militaire, Bruno Barreto se lance dans la réalisation du film qu'il intitule Dona Flor et ses deux maris. Il s'adresse alors à l'auteur et compositeur brésilien Chico Buarque pour réaliser la bande son. Celui-ci saisit cette occasion pour écrire plusieurs versions du texte, dont l'une "À Flore da pele" (À fleur de peau) décrit le mécanisme du complot qu'il soit familial ou politique comme ce fut le cas pour l'avènement de la dictature brésilienne, puis son renversement. L'obscurité des alcôves où se murmure l'inavouable, où s'exprime la sauvagerie des instincts et s'accomplit la malédiction des destins et contre lesquels on ne peut rien. "O que será" célèbre la puissance de la vie et le mystère de l'existence dans ce qu'ils ont de plus imprévisibles, risqués, mais aussi d'inexorables providentiels ou fatals. En 1978, Claude Nougaro reprend la mélodie de cette samba pour en faire une adaptation sur le thème de la promesse d'amour éternel. Au contraire des amours successives relatées par Alain Souchon dès 1993 qui usent les cœurs autant qu'elles nécessitent de lessives détergentes.

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