15 mai 2026

Ukraine/UE: Du chant au Lac des cygnes crépusculaires de Vladimir Poutine

Bolchoï lac des cygnes
En Russie, l'évocation du cygne est annonciatrice d'un déclin ou d'une chute de régime.

De la mythologie grecque au ballet de Tchaïkovski, il semble régner au Kremlin comme une atmosphère de déclin. Après la raclée cinglante que le peuple hongrois a infligé démocratiquement à Viktor Orban qui fut, par enrichissement personnel, l'agent double de Poutine au Conseil européen  durant seize ans, après le défilé militaire "Potemkine" du 9 mai dernier voulant célébrer soi-disant la grande victoire patriotique contre le IIIème Reich, tout en continuant de massacrer, comme l'auraient fait des nazis, ses anciens alliés ukrainiens dont le sacrifice fut déterminant pour venir à bout de la Seconde Guerre mondiale, Alain Berset, ex Conseiller fédéral et Secrétaire général du Conseil de l'Europe, vient d'annoncer la décision de l'UE et de 36 autres pays de conclure un accord spécial élargi pour instituer un tribunal pénal visant à juger le crime d'agression russe contre l'Ukraine et dont la Suisse fait également partie. C'est une étape décisive dans la volonté politique de nombreux États d'établir les responsabilités pénales internationales des dirigeants russes pour leurs exactions commises à l'endroit de la population ukrainienne durant cette guerre. Néanmoins, à côté des nombreux trains de sanctions économiques que l'UE a adoptés envers les dirigeants russes depuis 2022, elle s'est toujours refusée de décider d'une mise à prix de la tête de Poutine pour sa capture, ce qui aurait grandement facilité la tâche de la CPI, plutôt que de laisser l'Administration Trump s'en prendre à ses juges par des mesures de rétorsion aussi mesquines qu'infames comme l'aurait fait un clan mafieux. En tardant à récompenser comme il se doit la capture de Poutine, quels intérêts la Commission européenne, respectivement le Parlement européen, protègent-ils encore ? Serait-ce les lobbies de l'armement qui font fructifier bassement leurs intérêts ou cette sagesse antique et cynique qui consiste à préparer la guerre (et donc continuer à avoir un ennemi commun), pour espérer ne pas devoir la faire, selon l'expression latine bien connue : "Si vis pacem, para bellum". Mais, pendant ce temps, de nombreux civils ukrainiens continuent de mourir ou souffrir.

01 mai 2026

Clan Kennedy: La malédiction s'acharne-t-elle sur les familles criminogènes ? (2/2)

Dallas, le 22 novembre 1963
S'il existe un patronyme qui semble porter en lui les germes de son malheur, c'est bien celui des Kennedy qui depuis quatre-vingts ans multiplie les morts violentes de ses membres que ce fût par assassinat, accident ou même suicide. Pourtant, le patriarche de la première génération ne voulait pour sa ribambelle d'enfants que gloire et prospérité, ses fils étant destinés à faire de brillantes carrières politiques, tandis que ses filles à n'épouser que d'influents et riches parties. Et, s'il faillait pour cela commettre quelques arrangements immoraux avec des phalanges d'extrême droite dans les années trente, quelques médecins charlatans des années quarante ou même la pègre des années cinquante, tout le monde n'y verrait que du feu, pourvu que les rêves de grandeur de Joe et Rose Kennedy s'accomplissent. On ne sait que trop bien de ce qu'il advint finalement de leurs ambitions familiales qui la plupart finirent dans un bain de sang et/ou de larmes. Cela apparut de manière retentissante en 1963 avec l'assassinat à Dallas du 35ème Président des États-Unis. Si la commission d'enquête de son vice-président désigna Lee Harvey Oswald comme étant l'assassin, jamais il ne fut établi qui furent les véritables commanditaires et surtout leurs motivations, certains suggérant, entre autres, que les frères Kennedy avaient rompus le pacte scélérat passé par leur père avec la mafia anti-Castro qui, en échange de son soutien aux élections présidentielles, attendait que les USA renversent le dictateur communiste pour reprendre le contrôle de l'île de Cuba. Pour autant, cette tragédie ne dissuada pas l'ancien ministre de la justice Robert Kennedy de se présenter cinq ans plus tard à la présidentielle américaine en Californie. Il fut assassiné à son tour à Los Angeles juste après avoir remporté les Primaires de Californie. Et, deux fils de ce dernier, de mourir prématurément : le premier à l'âge de 28 ans à la suite d'une overdose, le second à l'âge de 39 ans dans un accident de ski. Mais, l'hécatombe ne s'arrête pas lorsqu'en 1999 le fils de JFK meurt aux commande de son avion et emporte avec lui sa femme et sa belle-sœur. Quant à l'actuel Ministre de la Santé choisit par l'Administration Trump pour ses théories loufoques en matière de santé publique et de vaccination, il n'est autre qu'un des fils de Robert Kennedy et donc neveu de JFK.


17 avril 2026

Affaire Grégory: La malédiction s'acharne-t-elle sur les familles criminogènes ? (1/2)

La vengeance de Clytemnestre sur Agamemnon à Mycènes (Argos à l'Âge du Bronze)
au 13e siècle av. JC, rapportée par Homère au 8ème siècle av. JC

C'est, ma foi, une question qui continue de hanter notre civilisation au moins depuis l'Antiquité à commencer par ses nombreux récits dits mythologiques, mais qui forcément ont tous une part de vérité plus ou moins arrangée et mystifiée et pour lesquels on n'osait donner trop de précisions par crainte d'être honni, mais dont le devoir de mémoire par l'entremise de la tradition orale, puis des livres  devait se perpétuer malgré tout, telle une mise en garde adressée aux générations futures afin de les instruire et les dissuader de ne pas répéter les fautes de leurs ancêtres. Dans des articles précédents, j'ai évoqué le cas d'Oedipe (lire l'article: Plaidoyer pour une réhabilitation tardive, mais incontestable) et celui de Médée (lire l'article: Le syndrome d'aliénation parentale). Mais, on peut rechercher d'autres cas mémorables et comparables qui mettent en scène la malédiction familiale et les conflits moraux dévastateurs que celle-ci engendre. Ainsi, dans l'Orestie d'Eschyle, Agamemnon, chef des armées grecques qui s'apprête à partir pour la guerre de Troie sacrifie pour ses ambitions militaires sa fille Iphigénie en l'immolant, provoquant la colère vengeresse de sa "chère" épouse Clytemnestre. Cette dernière attendra que son conjoint infanticidaire se retrouve seul et sans défense dans son bain pour assouvir sa vengeance et le mutiler à mort au moyen d'une arme blanche. De nos jours, la vengeance ou le désir de rendre sa propre justice n'a pas disparu, loin s'en faut, en dépit du fait qu'il existe des institutions judiciaires dites démocratiques et prétendument indépendantes et impartiales. Car, il subsiste des crimes révélés ou enfouis, le plus souvent résultant de complot ou machination aussi ourdi qu'inattendu, et contre lesquels la justice des hommes ne peut rien ou presque.



C'est le cas de l'affaire Grégory qui depuis plus de quarante ans de chroniques criminelles s'avère être aujourd'hui, non plus une énigme, mais davantage un drame antique avec cette mise à mort préméditée d'un gamin de quatre ans (mains attachées dans le dos et corps noyé dans une rivière), la revendication écrite d'un corbeau arguant d'une prétendue vengeance contre les parents de l'enfant et laissant augurer l'existence d'un véritable complot familial criminel, des jalousies et des rivalités recuites savamment entretenues par des proches qui n'ont à partager en commun et sous cape que la haine de l'autre et surtout le respect absolu d'une conduite tribale qu'aucun d'eux ne s'avise d'enfreindre: l'omerta ou la loi du silence si chère aux clans mafieux. Pour autant, y aurait-il un point départ, tel un péché originel, à toute cette méchanceté gratuite et malédiction qui tenaillent depuis tant de décades les familles Villemin, Jacob, Laroche et Bolle ? Après l'assassinat du petit Grégory, on est ainsi stupéfait de découvrir que le grand-père de Jean-Marie Villemin (père de Grégory), prénommé Gaston, a eu trois enfants avec son épouse légitime, une certaine Jeanne-Marie Hollard, qui fut condamnée à trois ans de prison par la Cour d'appel de Nancy en 1931 pour s'être rendue coupable d'infanticide après avoir battu à mort son fils aîné Étienne, soit le frère d'Albert (père de Jean-Marie). Puis, lorsque la Seconde guerre mondiale éclate, Gaston est mobilisé, puis emprisonné comme militaire par le IIIème Reich. Lorsqu'il est libéré en 1942, il découvre que son épouse et la mère de ses enfants l'a quitté pour un soldat allemand. Profondément affecté par cet abandon qui s'ajoutait à la tragédie ayant frappé son fils Étienne dix ans plus tôt, il met fin à ses jours en se pendant. À la suite d'événements aussi dramatiques qu'on est en droit d'imputer à une mère infanticidaire, de surcroît adultère sous L'Occupation et directement responsable du suicide du père de ses enfants, on peut sans difficulté s'imaginer le fardeau psychologique et émotionnel qu'un tel vécu a fait peser sur le développement de la descendance et le reste de son existence.

03 avril 2026

Homo sapiens : Cet imposteur qui se veut être l'égal de Dieu.

Au commencement était le Jardin d'Eden, un paradis antédiluvien et particulièrement lointain avant que nos aïeux ne découvrent le feu. Tout n'était qu'harmonie, calme et volupté. Car, tout était ordonné divinement par les lois de la Nature. Les hominidés d'alors, comme les animaux, étaient régis par le cycle des naissances, par la nécessité de se nourrir au jour le jour, par le besoin de se reproduire, puis avec la vieillesse et la mort de disparaître pour mieux renaître. Ces homos adeptes du nomadisme primitif se nourrissaient de cueillette, de pêche, allant parfois jusqu'à la chasse, mais toujours sobrement et sans cruauté, comme le fait encore aujourd'hui n'importe quel félin chassant sa proie pour survivre et assurer la croissance de sa progéniture. En ce temps là, toutes ces créatures vivantes appartenaient intimement à la Nature et donc à Dieu, en tant qu'il était leur Créateur universel. Mais, dès l'instant où Ève a croqué dans le fruit de l'arbre défendu, soit le fruit de la connaissance, de l'intelligence, du Bien et du Mal, elle a acquis et transmis ce pouvoir de les distinguer et les commettre l'un et l'autre en parfaite connaissance de cause et, désormais, pour sa désobéissance, d'enfanter, de travailler, de mourir et connaître la souffrance (Gn 2.5-3.23), ce qui engendra les prémisses du chaos originel et perturba définitivement l'Harmonie divine qui régnait sur Terre. Aujourd'hui, l'Homme ne cherche plus sa pitance au jour le jour comme le lion continue de le faire. Il chasse sa proie par avidité, non pour se nourrir uniquement, mais pour faire commerce de sa prédation jusqu'au jour où, éternel insatisfait des richesses accumulées, il en vient à convoiter celles de son prochain, cherchant à le corrompre ou à lui faire la guerre pour le détruire, s'accaparer ses terres aux seules fins de s'enrichir et dominer ses semblables, dût-il se comporter en génocidaire. Et, c'est ainsi que toutes ces richesses dont certains jouissent sont pour le moins suspectes.
Dans cet extrait du documentaire de Wim Wenders "Le pape François, un homme de parole" sorti en 2018, le défunt pontife, parti il y a exactement une année, se demande pourquoi Dieu permet-il que des innocents souffrent ? Sa réponse réside dans le fait que Dieu a voulu l'Homme libre : Libre d'aimer ou de ne pas aimer et même d'haïr son prochain. Car, pour François, il ne peut pas y avoir d'amour sincère sans l'exercice de la pleine liberté. Puis, en se recueillant devant le mémorial de l'Holocauste juif de Yad Vashem, il questionne l'assistance au sujet de cette prétendue liberté que l'Homme s'est arrogée pour ne commettre pas moins qu'un génocide: «Homme qui es-tu ? Qui t'a corrompu ? Qui t'a défiguré ? Qui t'a inoculé la prétention de te faire maître du Bien et du Mal ? Qui t'a convaincu que tu étais Dieu ?» En la circonstance, n'aurait il pas été plus judicieux que le Saint-Père invoquât sans tabou, ni langue de bois, la figure du Diable, de l'Adversaire ou de l'Antéchrist que les Évangiles citent pourtant à maintes reprises (Jn 17.15, 14.30; Ep 6.16; Mt 4.3, 13.39; 1P 5.8; 2Co 6.15) ? Car, comme le disait l'écrivain et philosophe Albert Camus : «Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur de ce monde.» En ce Vendredi saint où les Hébreux firent porter la croix à Jésus de Nazareth jusqu'au lieu de sa crucifixion, une partie de leurs descendants actuels représentés par le gouvernement de Benjamin Netanyahu et ses ultra-orthodoxes ne sont-ils pas devenus à leur tour les oppresseurs du peuple palestinien en Cisjordanie, à Gaza et au sud du Liban avec comme régression ultime pour la seule démocratie existante au Proche-Orient la réintroduction de la peine de mort par pendaison pour ces Palestiniens reconnus coupables de crime terroriste ?

27 mars 2026

« Aime ton prochain comme toi-même ! »

S'il existe un commandement biblique qui résume à lui seul tous les autres, c'est à n'en point douter celui-là. Il s'inspire directement de la règle d'or universelle que l'on trouve dans tous les courants philosophiques et religieux à travers le monde: «Ne fais pas autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse» ou «Traite les autres comme tu voudrais être traité». Cette règle de réciprocité morale prend sa source dans la Bible hébraïque, plus précisément dans Le Lévitique (Lv 19:18). Elle est la clé de voûte du Décalogue ou des Dix Commandements et elle coïncide avec l'émergence des plus grands courants philosophiques d'Asie centrale, tels l'hindouisme, le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme. Née de l'Ancien Testament, elle est d'abord énoncée pour atténuer l'application de la loi du talion bien connue sous l'expression "œil pour œil, dent pour dent". Ainsi, elle fait régresser dans les mœurs et traditions le concept de justice propre ou "vengeance" pour tendre vers une justice que l'on veut indépendante et impartiale lorsque précisément la règle d'or précitée n'a pas été respectée dans les rapports humains ou sociaux. À l'avènement du Christ, celui-ci n'eut jamais renié la religion des Anciens. Il conféra simplement à cette règle d'or un caractère plus miséricordieux, voire sacrificiel, quand il énonça: "Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends lui aussi l'autre." Par ses paroles et lorsque Le Christ se rebellait et dénonçait l'injustice et le mercantilisme des Rabbins de son époque, il montrait aussi qu'il était un adepte de la non-résistance et de la non-violence à un point où il considérait qu'il pouvait aller jusqu'à risquer sa vie pour les enseignements qu'il professait auprès de ses disciples et de ceux qui croyaient en lui. Car, et c'est un apport essentiel du Nouveau Testament, Jésus-Christ, a contrario des Hébreux, avait suffisamment démystifié la mort pour ne plus en avoir peur, comme le rapporte l'apôtre Jean dans son Évangile (Jn 5:20-29). Mais, pour avoir placé ce Commandement au-dessus de tous les autres, comme l'ont déclaré Mathieu (Mt 22:39) et Marc (Mc 12:31-34), ce qui ne convenait guère aux grands prêtres de son époque, Jésus-Christ avait-il conscience qu'après sa crucifixion, c'est aussi la figure du Mal que les apôtres feraient surgir, soit celle du Diable cité en de multiples endroits du Nouveau Testament et sur laquelle les Hébreux n'avaient fait que s'interroger longuement en l'invoquant une seule fois dans le livre de Job sous le nom de Satan ? Il fallait au moins cela pour rendre compte, comprendre et expliquer aux générations futures qu'elle fut la cause primordiale de la toute première erreur judiciaire rapportée par l'écriture et unanimement reconnue dans l'Histoire humaine, soit celle de la condamnation à mort et par complot d'un parfait innocent: Le Fils de l'homme. Aujourd'hui, on oublie trop souvent que ce Commandement est à l'origine même du mouvement humaniste qui aboutit à la Déclaration universelle des droits de l'Homme et du Citoyen lors de La Révolution française, tout autant que les sciences modernes s'intéressant aux relations humaines n'ont pu s'empêcher de lui donner une dénomination parfaitement laïque: l'empathie. Ainsi, s'il nous faut résumer le christianisme à trois apports anthropologiques essentiels, on retiendra prioritairement l'amour de son prochain, la résurrection par la chair et la lutte du Bien contre le Mal en tant que ce dernier est l'Adversaire tout désigné du Commandement suprême cité en premier.

13 mars 2026

Euthanasie: Dernière échappée face à une réclusion devenue insupportable ?

Quand la France autorisera-t-elle l'aide à mourir dignement ?
Au risque d'être provoquant, il y a dans ce débat actuel au sujet du projet d'euthanasie en France qui, contrairement à certains pays limitrophes ayant déjà réglé juridiquement cette question avec une certaine satisfaction (Belgique, Suisse), un risque de nouvelle inquisition religieuse, corporatiste et politique qui tente de s'immiscer dans la vie privée des individus et surtout dans leur psyché intime pour leur imposer une doxa qui soit contraire à une certaine dignité humaine. D'un côté, Michel Houellebeck qui s'oppose à l'euthanasie parce que, dit-il, le besoin de mourir a été remplacé par la science et les soins palliatifs qui, faut-il le préciser, se prodiguent forcément en milieu hospitalier à partir d'un certain degré de dépendance, tout en reconnaissant quelques minutes plus tard que les gens préfèrent rester chez eux et ne pas souffrir. Ben forcément ! Alors, pour ceux qui souffrent et veulent rester à domicile, que fait-on ? De l'autre, Alain Finkielkraut qui, soutenant l'assistance au suicide, croit judicieux de comparer l'euthanasie d'un chien avec celle d'un humain. Ah bon ! En soi, cet anthropomorphisme est regrettable, car si les humains avaient une perception de la mort comparable à celle des chiens, je doute que le philosophe pût en débattre comme il le fait. Au fond, ces réflexions par trop abstraites me rappellent celles qui ont longtemps existé (et existent encore) dans les sociétés humaines avant que l'IVG ne soit admise socialement et légalisée dans le respect de certaines conditions qui avant tout tiennent compte du droit de la femme de disposer prioritairement de son corps jusqu'à ce que le droit à la vie du fœtus ne prenne le dessus passé un certain délai. De la même manière qu'il a fallu légiférer pour l'IVG parce que l'embryon appartient d'abord au corps de la femme qui l'abrite, on ne peut régler la question de l'euthanasie ou de ses formes associées que si seul prévaut au centre du dispositif le choix et la volonté du patient qui doit nécessairement disposer de son plein discernement, ce qui exclut que l'on puisse appliquer une aide à mourir à des patients atteints de démence ou de certaines maladies neurodégénératives comme Alzheimer. Dans ces derniers cas, ces patients ne sont en effet pas éligibles à cette sorte d'aide puisque leur consentement personnel fait défaut et que plus rien, ni personne, ne pourra y suppléer et même s'interdira de le faire, sauf à sombrer dans une forme d'eugénisme totalitaire. À ce propos, rares sont les personnes qui évoquent la fin de vie des handicapés mentaux, même si l'on doit envisager dans l'entre-soi des proches et des professionnels de santé tenus au secret médical qu'il peut exister des formes d'euthanasie passive lorsque l'état de santé se détériore et que certaines situations sont de plus en plus difficiles à gérer.


Dans tous les autres cas et dont l'écrasante majorité est atteinte par le grand âge, seule doit compter la détermination exprimée par le patient sans qu'il soit nécessaire de trop s'attarder sur le degré de légitimation de ses motivations qui peuvent être vastes et intimes selon le rapport personnel que chacun entretient vis-à-vis de sa propre mort. Si certains peuvent être atteints de douleurs physiques insupportables, d'autres exprimeront davantage des souffrances psychologiques qui ne sont pas moindres, ce qu'aucun médecin ne sera habilité à contester ou n'aurait la prétention même de traiter avec succès. C'est cette liberté de choix qu'il faut garantir avant tout, parce que même si l'acte suicidaire est réprouvé socialement et religieusement, rien ne peut empêcher son exécution dans des situations qui, forcément, sont le plus souvent glauques et tragiques pour autrui (proches, cheminots, pompiers, gardes fluviaux, etc.) et qu'en pareil cas il vaut mieux organiser et encadrer a minima une assistance au suicide tant dans l'intérêt du patient qui saura faire un choix apaisé que dans celui de la société qui gardera un contrôle sur ces situations potentiellement traumatiques. Ne serait-ce que pour cette dernière raison, l'assistance "altruiste" au suicide se justifie et constitue déjà un progrès sociétal indéniable à l'aune des drames humains qui se jouent quotidiennement faute d'une législation adéquate. Enfin, la différence qui subsiste entre une euthanasie active (Belgique) et une assistance au suicide (Suisse) réside uniquement dans le fait de savoir qui accomplit l'acte ultime : le médecin qui injecte le poison ou le patient qui l'ingurgite ou peut refuser de le faire, ce qui permet de garantir dans le second cas que la volonté du patient sera respectée jusqu'au bout et sans pression extérieure (y compris l'IA) si, contre toute attente, ce dernier devait décider de changer d'avis au dernier moment, tout en rappelant que le concours d'un médecin demeure évidemment indispensable pour obtenir la potion létale et éviter tout usage abusif, comme par exemple chez des jeunes et/ou pour des motifs futiles. Tant que la France n'adoptera pas une législation qui respecte à certaines conditions le libre choix d'un patient d'obtenir une aide à mourir dignement, des pratiques d'un autre âge perdureront, et jamais la relation avec les aînés ne s'apaisera, ce qui ne fera qu'augmenter ce tourisme prétendument médical des plus aisés et/ou déterminés vers des cieux plus compatissants.

27 février 2026

Malbouffe, obésité, GLP-1: Et si le jeûne redevenait un remède universel ?

Malbouffe, obésité, GLP-1: Et si le jeûne redevenait un remède universel ?
Cette fin d'hiver de l'année 2026 est un peu extraordinaire puisqu'elle réunit à la même période le jeûne du Ramadan et celui du Carême en raison des règles astronomiques qui prévalent pour le calcul respectif de chacun. En effet, si le Ramadan se détermine d'après le cycle lunaire qui est plus court que celui du Soleil, le Carême débute toujours quarante jours avant la fête de Pâque qui, elle, correspond au premier dimanche qui suit la pleine lune juste après l'équinoxe du printemps. Pour retrouver une prochaine fois cette conjonction annuelle entre Ramadan et Carême, il faudra attendre trente-trois ans, soit autour de l'année 2059, et revoir les communautés musulmanes et chrétiennes jeûner à la même période. Avec cette société consumériste et d'abondance alimentaire dans laquelle nous baignons en Occident, c'est l'occasion de rappeler que, du plus profond des âges, le jeûne a toujours existé avant d'être ritualisé par les religions. Il s'est d'abord imposé à cause des aléas météorologiques et des saisons qui affectèrent les récoltes et provoquèrent disettes ou famines. L'Homme a ainsi pris conscience de la nécessité de se rationner et d'organiser sa privation de nourriture pour mieux survivre en société, raison pour laquelle le Carême se produit à la fin de l'hiver, soit au moment où les provisions de nourriture étaient réputées les plus basses. Dans nos sociétés laïques, le retour du jeûne, en particulier celui du Ramadan (du lever au coucher du Soleil) qui se rapproche le plus du jeûne intermittent (12 à 16 heures continues), peut exprimer aussi ce besoin personnel de reprendre la maîtrise du fonctionnement physiologique et psychologique de son corps soumis à des modes alimentaires perçus comme autant d'addictions à des produits ultra transformés (sucres ajoutés, sel, graisses saturées, absence de fibres) qui nuisent à la santé et sont le plus souvent responsables de toute sorte de comorbidités (maladies cardio-vasculaires, diabète, obésité, cancers, etc.). Ci-après, extraits du reportage intitulé "Le jeûne, enquête sur un phénomène", réalisé en 2024 par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, étayant notamment les vertus du jeûne intermittent que l'on peut appliquer à soi-même, ou encore du jeûne complet exécuté dans un établissement médicalisé.


15 février 2026

[Flash] Fonds climat : Duel entre visionnaires énergiques et comptables frileux

Abrogation par Trump de l'Endangerment Finding qui obligeait l'industrie à réduire le CO2 aux USA
Abrogation par Trump de l'Endangerment Finding
qui obligeait l'industrie à réduire le CO2 aux USA

Comme de coutume, les Suisses sont appelés aux urnes le 8 mars prochain pour approuver ou refuser une initiative populaire qui souhaite attribuer annuellement entre 0,5 et 1% du PIB pour la mise en œuvre d'une politique climatique globale qui mettrait l'accent sur des projets visant à accélérer notre transition des énergies fossiles vers les renouvelables (photovoltaïque, éolien, hydraulique), l'isolation thermique des bâtiments, mais également toutes les déclinaisons de pompes à chaleur (PAC) fonctionnant avec le sol, l'eau et l'atmosphère et dont le coefficient de performance énergétique est trois à quatre fois supérieur à un kilowattheure consommé. Ce fonds servirait aussi à prévenir les catastrophes naturelles ou indemniser leurs victimes, ce qui ne manquera pas de se produire dans un pays où le relief montagneux représente 60% de la superficie totale du territoire. On peut s'en convaincre aisément avec le phénomène répétitif des laves torrentielles ou encore la menace d'ensevelissement de villages entiers comme à Blatten (VS) ou Brienz (GR) en 2025. Certains esprits chagrins penseront évidemment que tout cet argent ne servira pas à grand chose, puisque comme tout le monde le sait, la répartition du dioxyde de carbone dans l'atmosphère dont l'augmentation est la cause directe du réchauffement climatique, et qui dépend de la consommation mondiale d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), ne connaît évidemment pas de frontières. Et que si l'on doit cohabiter et pour longtemps d'un point de vue planétaire avec des pays et régimes politiques qui se fichent éperdument du réchauffement climatique, on ne voit en quoi nos efforts en matière d'énergies renouvelables changeront en quoi que ce soit le fait indubitable que rien n'empêchera l'atmosphère terrestre de s'élever à des températures cataclysmiques, et peut-être bien au-delà de la moyenne pessimiste des cinq degrés estimée par le GIEC. Pour s'en convaincre, il suffit de traverser l'Atlantique pour constater que la première puissance militaire et économique mondiale dirigée par un certain Donald Trump a formellement décrété le 12 février dernier d'enlever tout pouvoir à l'Agence de protection de l'environnement (ECA) d'adopter des mesures visant à réduire la consommation des énergies fossiles, au motif fallacieux que le réchauffement climatique constaté par le GIEC serait une gigantesque anarque. Et contrairement à ce que certains pourraient penser, cette décision n'est pas celle d'un fou au sens psychiatrique du terme, mais celle d'un homme qui a décidé, tant qu'à faire puisqu'une foule d'inconscients lui en ont donné le pouvoir, de se comporter en prévaricateur, de s'enrichir, lui et son clan, et de renvoyer comme de bien entendu l'ascenseur à ses soutiens qui ne sont autres que le puissant club des compagnies pétrolières et gazières qui ne veulent surtout voir leurs rentes carbones baissées, dussent-elles pour ce faire sacrifier la planète Terre et le genre humain.


C'est vous dire si nos esprits chagrins de tout à l'heure ont bien raison de penser que le fonds climat qui nous est proposé en Suisse ne changera rien à cette destinée funeste. Mais, à y regarder de plus près, en sommes-nous vraiment sûrs ? S'il est vrai qu'à l'aune de l'augmentation des températures les catastrophes naturelles vont se multiplier, il y a néanmoins dans la votation proposée sur la création d'un fonds climat un argument essentiel et central qu'on aurait tort de sous-estimer, mais malheureusement trop peu développé lors du débat ci-dessus et qui aurait dû faire mouche auprès de ses opposants de la droite, comme du centre (à moins qu'ils ne soient aussi empêtrés dans des conflits d'intérêts comme pour nos primes d'assurance-maladie obligatoires les plus chères au monde) : C'est le constat accablant de notre dépendance aux énergies fossiles qui en Suisse, en dépit de nos barrages hydrauliques, restent trop élevées en se situant encore aujourd'hui à 55% du total de l'énergie consommée. Et c'est précisément en accélérant, a contrario de ce que fait Trump, notre transition définitive vers les énergies renouvelables, que nous pouvons renforcer notre indépendance énergétique vis-à-vis de pays comme les USA et de leurs dirigeants que l'on doit qualifier désormais d'écocidaires. Et, ce n'est pas tant les émissions de gaz à effet de serre (GES) qu'il nous faut réduire d'un point de vue mondial, car trop peu responsabilisant, imprécis et exposé à toute sorte de manipulations comptables (transactions financières sur les droits de polluer, compensations carbones théoriques invérifiables, escroquerie à la TVA, etc.), mais bien plutôt la baisse parfaitement quantifiable de notre dépendance aux énergies fossiles que chaque pays peut se fixer en terme d'objectif concret à court, moyen et long terme. C'est cette orientation qu'ont pris désormais certains pays comme le Danemark, le Costa-Rica, la France, l'Irlande et le Portugal au travers de l'Alliance BOGA et qui permet de créer un cercle vertueux susceptible de stabiliser le climat. Le jour où la Suisse, comme d'autres pays éco-responsables, aura une dépendance aux énergies fossiles inférieures à 20%, alors les rapports de force d'un point de vue géopolitique ne seront plus les mêmes. L'arrogance d'aujourd'hui fera place au respect et le pouvoir et la honte changeront de camps. Encore faut-il prendre une certaine hauteur, devenir visionnaire et s'en donner résolument les moyens. Et, face aux enjeux et périls qui nous menacent, cessons d'ergoter sur des arguments bureaucratiques et comptables dont le peuple souverain n'a que faire !

P.-S.: Ci-dessus, extraits de l'émission Infrarouge du 28 janvier 2026 de bonne tenue, produite par la RTS et qu'on ne souhaite évidemment pas voir disparaître pour celles et ceux qui sont attachés à la qualité, l'objectivité et l'indépendance de médias comme la SSR qui, faut-il le rappeler, contribue grandement à la cohésion sociale du pays et ne pourra fonctionner décemment avec une redevance à CHF 200,- comme certains hérauts de la privatisation à outrance des médias de ce pays voudraient nous le faire croire.

Sous la symphonie des éclairs gronde le tonnerre

Sur la côte ouest australienne, l'émission Échappées Belles, présentée en la circonstance par Jérôme Pitorin, nous amène à la rencontre de deux aborigènes, Michela et Viviane, qui du fond des âges viennent nous rappeler que, face aux périls du capitalisme et du matérialisme, le respect de la Nature est l'alpha et l'oméga de toute vie sur Terre. Et quel meilleur accompagnement musical que celui de réentendre la Symphonie des éclairs chantée par Zaho de Sagazan, en implorant que cette incantation adressée au Ciel nous protège de sa colère et de tout déluge qui pourrait s'avérer dantesque.
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13 février 2026

Chroniques judiciaires : Cette présomption d'innocence qui a bon dos

Cette présomption d'innocence qui ne veut plus rien dire, si ce n'est le contraire de ce qu'elle prétend affirmer.

Combien de fois n'a-t-on pas entendu cette phrase "prétexte" formulée par tous les journalistes du monde entier sans d'ailleurs qu'ils ne s'interrogent sur la portée exacte d'une telle expression ? Après avoir jeté en pâture aux médias et à la vox populi l'identité de prévenus, suspects ou en voie de l'être comme on le constate dans l'affaire Epstein, ces journalistes rappellent la gravité des faits commis qui sont susceptibles de leur être imputés, sans omettre toutefois de mentionner en fin de reportage ce sésame du journalisme qui permet de justifier la légitimité de tout ce qui vient d'être annoncé publiquement, soit que l'ensemble des susnommés bénéficie de la présomption d'innocence, même si le public a compris depuis fort longtemps qu'il s'agit d'une formule toute faite dissimulant davantage une présomption de culpabilité que d'innocence. J'en veux pour preuve les dégâts d'image irréversible  que ces annonces provoquent et leurs corollaires sous forme de préjudices sociaux et économiques qui ne se font pas attendre et s'abattent déjà sur lesdits suspects avant même qu'ils ne soient condamnés par un tribunal.


C'est cet instant précis que rapporte le journaliste Fabiano Citroni à propos du couple Moretti qui ont été insultés et molestés le 12 février 2026 devant le tribunal valaisan par les familles des victimes de l'incendie de Crans-Montana. Néanmoins, à vouloir répéter obstinément et de façon  intempestive que les Moretti bénéficient de la présomption d'innocence, le journaliste suggère  (assurément sans s'en rendre compte) que, s'ils étaient reconnus coupables, les maltraitances et insultes des parties civiles pourraient être admissibles, voire justifiées. Or, dans le cas d'espèce, le principe qui prévaut n'a rien à voir avec la présomption d'innocence, mais simplement avec le fait que, dans un État de droit, les victimes d'infractions pénales, aussi durement fussent-elles meurtries, n'ont pas le droit de se faire justice. Et que si la situation s'y prête (absence de détention provisoire, mesures de sûreté insuffisantes décidées au demeurant par le Ministère public), il est humainement compréhensible qu'elles expriment leurs ressentiments et leur colère à la vue des prévenus dont on peut tout présumer, excepté qu'ils soient auréolés d'une innocence purificatrice. De grâce, ne rajoutons pas de la confusion à l'indignation qui a déjà atteint son paroxysme !

06 février 2026

Quo vadis humanitas ou comment comprendre la triade corps, âme, esprit ?

Comment interpréter ce cairn sur le chemin de l'existence ?
Comment interpréter ce cairn sur le chemin de l'existence ?
Selon la plupart des courants spiritualistes et religieux, il semble que chacun ait une âme. Lorsque tu passes de vie à trépas, l’âme serait la seule partie de ton être, bien qu’intrinsèquement non définie, qui te survivrait et serait jugée par une force suprême : Dieu. L’âme aurait pour vocation de te rendre immortel puisque, n’étant pas corporelle, elle échapperait au processus de déclin que signifie la mort. L’âme est donc forcément liée au concept divin. Elle en est l’émanation et, en tant que telle, elle n’a pas à faire l’objet d’une démonstration. Croire ou ne pas y croire demeure la vraie question. Mais elle nourrit surtout une formidable espérance chez toi, pauvre mortel qui souffre, qu’un jour dans l’Au-delà, tes sacrifices seront récompensés, tes injustices réparées. Peut-être, est-ce même sa vocation première ? Sans cette attente, qui peut dire comment la société humaine se comporterait ? Serait-elle meilleure ou pire ? Après tout, si les hommes reçoivent le réconfort moral qu’ils en attendent, il est normal qu’ils s’y accrochent. D’autant que l’âme est à la fois l’essence de l'Être et le premier élément de sa triade : corps, âme et esprit. Comme l'ont définie Platon, Saint-Augustin et Emmanuel Kant, l’âme, plus naturellement et intimement que l’Être, est le seul élément à savoir s’orienter et se positionner sur l’échelle du Bien et du Mal, au point qu’il devienne le miroir de la conscience morale que tout individu ne peut ignorer de bonne foi et dans son for intérieur dès lors que son discernement n’est point altéré et qu’il agit en conscience et volonté par ses pensées, paroles, actes ou omissions commis en parfaite connaissance des causes et de leurs conséquences. L’esprit, contrairement à l’âme, est le produit visible de la réflexion intellectuelle. Il sert d’abord à raisonner, concevoir et élaborer des idées, puis à les formuler afin de les transmettre à autrui. Par son habileté à manier les concepts, l’esprit peut ne rien vouloir dire de l’âme de son auteur, allant parfois jusqu’à vouloir la travestir pour mieux tromper son alter ego et au passage en tirer un avantage souvent illégitime. Aux yeux du christianisme, seul l’Esprit-Saint est digne de grâce. À défaut d’être sanctifié ou lorsqu’il est accompagné d’un autre qualificatif comme l'étroit, le faible, le pauvre, le simple ou le mauvais esprit, il revêt une toute autre signification, perdant au passage son caractère sacré pour possiblement devenir un esprit malsain parce qu'entre autres il aurait été «mal ceint». Enfin, le corps, outre ses attributs organiques nécessaires à la vie, revêt une fonction esthétique qui, à l’instar de l’esprit, peut s’avérer à la fois des plus ambigus ou carrément précaire lorsqu’il est affecté par la maladie physique, psychique ou le vieillissement. Car comme le dit si bien le dicton populaire : « Tout ce qui brille n’est pas or ». On retiendra que si dans l’existence il te faut accorder ta confiance à tes semblables dans des instants aussi cruciaux qu’une alliance, un mariage, une intervention médicale, la défense d'un procès, voire une caution financière ou morale, seule la connaissance de l’âme humaine, siège de la conscience morale de tout individu, permet de sonder la profondeur de l’Être et tenter d’appréhender ce rapport constant et presque intangible que chacun entretient secrètement à l’égard de la question principalement divine, subsidiairement philosophique et anthropologique, que sont le Bien et le Mal. Ainsi, lorsque généralement le doute s’installe et qu’il est persistant, il convient de ne point céder à la précipitation et prendre tout le temps nécessaire afin que les vertus de prudence et de perspicacité s’accomplissent pour finir par apporter la clairvoyance qui faisait tant défaut initialement. Car, pour ce qui est du corps et de l’esprit, si leur pouvoir de séduction est indéniable, ils sont avant tout des leurres visant essentiellement à rendre la nature humaine bien plus aimable et charitable qu’elle ne l’est en vérité. Et, par-delà les âmes perverses et corrompues qui refusent de s'amender ou en sont incapables, c'est la multitude informe, passive et indifférente des êtres inanimés, errant tels des âmes grises et indécises parce que l'empathie et la foi ne se sont pas révélés en eux et, faute de mieux, sont prêts à suivre le premier imposteur venu, ces faux prophètes, pourvu qu'aux moyens de leurs artifices ils les charment, les étourdissent et les fassent rêver, même si les chemins empruntés doivent les mener à la perdition. «À cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur cœur, ils ont l'intelligence obscurcie et sont étrangers à la vie de Dieu» (Éphésien 4:18).

23 janvier 2026

Trump's circus : In Gold and War We Trust

Psychothérapie européenne de crise pour traiter le cas du racketteur compulsif Donald T.
Psychothérapie européenne de crise
pour traiter le cas du racketteur compulsif Donald T.

Douze mois se sont écoulés et voilà que le chapiteau du cirque Trump tourne toujours à plein régime. Les enfants jusqu'à présent riaient sur les pitreries du clown Ronald issu de la chaîne de restaurants fast food Mc Donald. Quant aux adultes, ils doivent se farcir l' auguste clown Donald qui enchaîne ses numéros sans répit et surtout sans comprendre s'il faut en rire ou pleurer. Sur ce point, il faut reconnaître que Donald Trump est une bête de foire dans ses interactions psychosociales qui n'est comparable à aucun autre tribun contemporain. Sa capacité à user et abuser de son temps de parole pour embrouiller l'esprit de ses auditeurs et les hypnotiser est assez phénoménale puisque, malgré toutes les casseroles qui lui collaient aux pieds, il est parvenu à se faire réélire. On relèvera en particulier sa propension à une forme de logorrhée verbale suffisamment habile pour ne jamais renseigner ou instruire son auditoire, mais au contraire, le distraire, le divertir ou le sidérer par des allégations fantaisistes et mensongères ou des anecdotes sans queue ni tête, pour éviter de devoir rendre des comptes sur ses décisions ou actions. Tout en sachant que si les choses tournent mal, ce n'est jamais de sa faute, mais celle des autres, ce qui est caractéristique du paranoïaque/narcissique dont les intentions affichées publiquement sont toujours ambiguës, n'hésitant pas à flatter, intimider et humilier ses interlocuteurs en public ou à se victimiser lorsque la situation se retourne en sa défaveur. On a d'abord eu droit à la tentative d' annexion du Canada comme pouvant être le cinquante-et-unième État des USA. Puis, ce fut au tour du Panama et de son canal. Mais, la pique la plus agressive à l'égard de l'UE et de son pays membre le Danemark s'est manifestée en déclarant que le Groenland devait coûte que coûte appartenir aux États-Unis d'Amérique parce que cette île aux confins du Pôle Nord serait soi-disant menacée par la Russie et la Chine. À part l'électorat MAGA dont le QI moyen est proche de celui d'une huitre et dont la sagacité à choisir ses représentants est aussi subtile qu'un match de catch, qui en Europe peut encore croire à de tels boniments, comme celui de concurrencer l' ONU par un soi-disant Conseil de la Paix avec un prix du ticket d'entrée que le Roi de l'esbroufe a fixé à un milliard de dollars cash ?


Lorsqu'on connaît le fanfaron, on devine que la seule chose qui l'intéresse ce sont les ressources naturelles du Groenland qui, aujourd'hui et pour peu de temps encore, est quasi désertique, mais demain suscitera toutes les convoitises. Pourquoi ? Pour le même argument auquel eut recours le Viking Erik le Rouge au dixième siècle pour inciter les Islandais à coloniser l'île, à savoir faire croire qu'elle était verdoyante en la baptisant Greenland. Or, ce qui jadis s'est avéré être exagéré, ne le sera plus dans quelques décennies pour la simple et bonne raison scientifique que l'auguste Donald connaît parfaitement, mais qu'il s'efforce laborieusement de nier publiquement: Le réchauffement climatique. À cause des gaz à effets de serre qui, plus que jamais, continuent de se propager dans l'atmosphère terrestre, et dont Trump est aujourd'hui le principal responsable politique (sauf à prouver que son discernement soit altéré, mais y a t-il seulement un médecin dans l'assistance ?), il sait pertinemment que la glaciation permanente du territoire groenlandais va inexorablement prendre fin, ce qui d'un point de vue strictement foncier va contribuer à valoriser son sol puisque les possibilités d'extraction et d'exploitation seront grandement facilitées. Au fond, en promoteur immobilier averti qu'il est, Donald Trump, par ses choix politiques d'acquérir et donc d'investir au Groenland, montre implicitement à la face du monde que, contrairement à ce qu'il prétend, non seulement il croit au réchauffement climatique comme le premier des écologistes radicaux venus, mais surtout qu'il veut être, lui et son clan, le premier conquérant à tirer profit de ces richesses minières considérables situées dans les latitudes les plus septentrionales de notre globe terrestre, à l'image de ces Forty-Niners qui participèrent à la Ruée vers l'or en Californie au dix-neuvième siècle. Sacré Donald : Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Au fond et à moins d'être nul en psychologie, les déclarations de Trump sont d'une prévisibilité affligeante et surtout harassante, dès lors que vous savez calculer le personnage et avez compris que ses réelles motivations sont toujours les mêmes. À partir de la devise américaine du dollar (lire l'article: In God We Trust), "God" s'est enrichi d'une lettre et, au passage, s'est adjoint les divinités d' Arès ou Mars. Et derrière ses rêves d'argent, ce sont évidemment des rêves de puissance qui se profilent à l'horizon. Mais, pas sûr que sur ce coup-là, le Pentagone le soutienne. Car, pour calmer sa frustration de prédateur vis-à-vis du refus danois et européen, Trump n'a rien trouvé de mieux que de répliquer par de nouvelles taxes douanières, soit de faire chanter les Européens tant qu'il n'obtiendrait pas satisfaction sur l'acquisition foncière du Groenland, ce qui le place publiquement dans une position de Chef d'État faisant un usage délibéré de l'extorsion et donc d'une forme de racket mafieux pour parvenir à ses fins et dont le degré d'enrichissement personnel doit se mesurer à l'aune de sa farouche détermination. Quel spectacle plus déplorable et pathétique cet homme qui est réputé être le plus puissant du monde peut-il encore donner à voir sur le genre humain ? (lire l'article: Des prix Nobel de la vulgarité au racket du siècle...?) 

16 janvier 2026

Iran: Survie d'une théocratie qui, par hubris et cupidité, impose l'Enfer à son peuple

Satire anachronique d'un profane sur Jésus. Mais, la liberté de croyance c'est aussi savoir distinguer ce que les religions et leur clergé ont apporté de bien comme de mal à l'humanité.
Satire anachronique d'un profane sur Jésus:
La liberté de croyance c'est aussi savoir distinguer
ce que les religions et leur clergé ont apporté de bien comme de mal à l'humanité.

Ceux qui se demandent encore si l'Enfer existe sur Terre devraient aller faire un tour au pays des Mollahs, la République islamique d'Iran, pour observer de quelles façons les Pasdarans (bras armé de la répression politique) et les Bassidjis (escadrons de la mort) martyrisent le peuple persan pour étouffer dans le sang toute révolte qui abouterait à chasser les Ayatollahs du pouvoir politique que ces derniers ont confisqué depuis près d'un demi-siècle. Au début, l'Ayatollah Khomeini fut accueilli par les Iraniens comme un messie venant du ciel. Et, pour cause, il fit son retour à Téhéran à bord d'un avion Air France. Ce fut le grand retour du religieux, mais surtout les soubresauts profonds d'une agonie de la monarchie en place, soit celle du Shah d'Iran, qui ne cessait d'opprimer toute opposition politique par une répression féroce. Mais, à peine le roi maudit fut-il chassé de son trône que son successeur, l'Ayatollah Khomeini, ne tarda pas à mettre en coupe réglée l'économie et les ressources du pays, de même que l'application rigoriste d'une doctrine religieuse obligeant notamment les femmes à se voiler et à renoncer à toute forme d'émancipation. Au fil des ans, le peuple iranien a bien compris que la doctrine religieuse servait surtout de paravent pour permettre au clergé, détenteur du pouvoir politique, de s'enrichir. Ainsi, on évalue actuellement les richesses cumulées de l'Ayatollah Khamenei à plus de cent milliards de dollars. Et presque autant aux Gardiens de la Révolution qui possèdent tous les secteurs économiques clés, notamment ceux rattachés à l'exploitation des ressources naturelles (pétrole, gaz, minerais). Le peuple iranien à qui on intente des procès politiques pour une mèche de cheveux qui dépasse d'un foulard mal ajusté a bien compris que toutes ces bondieuseries de la police des mœurs ne sont en fait destinées qu'à faire diversion pour dissimuler l'immense prévarication et détournement des fonds et richesses publiques du pays en faveur d'une caste de potentats qui se sert de l'islam aux seules fins de s'enrichir personnellement et massivement. Mais, le règne des imposteurs religieux est en train de prendre fin avec la circonstance aggravante que, contrairement à la monarchie qui l'a précédée, tous ces dirigeants, conformément aux préceptes de l'islam, avaient un devoir moral de prendre soin du peuple persan, de lui épargner des guerres inutiles, d'encourager la fraternité des peuples et non d'armer des proxy (Hezbollah, Houthis, Hamas) et favoriser le terrorisme international. Au lieu de cela, ce régime religieux s'est enfermé dans un cercle vicieux au point de vouloir développer l'arme atomique pour garantir sa pérennité vis-à-vis de l'étranger et continuer ainsi à soumettre et asservir sa population.