26 juin 2026

Jean Ziegler: Le combat d'une vie contre l'argent des criminels


Ayant tiré sa dernière révérence, Jean Ziegler a été inhumé le 18 juin dernier après une cérémonie célébrée à la cathédrale Saint-Pierre de Genève devant un aéropage d'hommes et de femmes politiques de tout horizon et des travées remplies de citoyens genevois, étrangers et confédérés qui lui devaient une forme de panthéonisation selon la formule consacrée "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante", lui qui s'attendait plutôt à reposer sobrement au cimetière de Russin alors que le cortège funéraire s'est finalement rendu à celui des Rois en Ville de Genève pour y reposer en paix. Mais, cette reconnaissance post mortem fut tardive pour un personnage politique qui, dès les années quatre-vingts, fut considéré comme un traitre à la patrie par ses opposants politiques et notamment par la place financière suisse pour avoir dénoncé avec courage et précisions dans son livre "La Suisse lave plus blanc" le mécanisme pernicieux par lequel les banques suisses, sous couvert du secret bancaire, accueillaient l'argent sale des cartels de la drogue (Medelin), des dictateurs de tout poil (Mobutu, Marcos) et comptaient au sein de sa clientèle des organisations mafieuses. En effet, si l'essor économique des banques fut resplendissant, l'application stricte du secret bancaire entravait les autorités pénales dans la poursuite d'auteurs et d'organisations criminelles commettant notamment des actes de corruption, de prévarication (gestion déloyale d'intérêts publics) et de trafic de stupéfiants. Grâce à ses ouvrages, Jean Ziegler popularisa l'expression "blanchiment d'argent" auprès du grand public et mit en exergue la complicité du système financier comme générateur de misère dans les pays dits du tiers monde, dès lors que l'argent détourné par les potentats ne pouvait servir à financer les besoins sociaux tels les écoles, les hôpitaux et les infrastructures agricoles si indispensables à l'éradication de la famine par exemple. Devenu l'homme à abattre pour la place financière et la bourgeoisie de son pays, Jean Ziegler essuya une pluie de procès. Se croyant protégé par son immunité parlementaire de député, le Parlement fédéral la lui retira afin qu'il fût jugé pour diffamation par ses différents détracteurs, ce qui causa sa ruine financière et l'obligea à s'acquitter de plusieurs centaines de milliers de francs en dommages et intérêts. C'est finalement grâce aux pressions internationales de l'UE et des États-Unis que Jean Ziegler obtint par la suite une forme de réhabilitation morale de la part de son pays qui s'est vu forcé et contraint de démanteler peu à peu son secret bancaire, d'adopter des lois sévères contre le blanchiment d'argent et d'accepter l'échange automatique d'informations avec d'autres autorités fiscales, freinant en partie l'évasion fiscale à laquelle la Suisse participait grandement. Si Jean Ziegler contribua à rendre le système financier un peu moins opaque qu'il ne l'était à son origine, pour autant la criminalité économique, loin d'avoir disparu, a aujourd'hui pris d'autres formes plus complexes. Elles sont juridiques comme la création de trust ou le transit par des paradis fiscaux (juridictions offshore) où les véritables ayants droits économiques bénéficient de la protection complaisante du secret de certaines professions qualifiées d'intermédiaires tels les avocats d'affaires, les notaires et les fiduciaires. Elles sont aussi de plus en plus numériques comme les cryptomonnaies qui se chargent d'effacer toute traçabilité de l'origine des fonds, ou encore le mécanisme du smurfing ou schtroumpfage qui à l'aide de robots et d'algorithmes fournis par l'IA permettent de fractionner des fonds criminels en d'innombrables micro-transactions indétectables par les services de compliance. Enfin, toutes ces techniques de blanchiment peuvent se combiner entre elles en pratiquant ce qu'on appelle aujourd'hui le Trade-Based Money Laundering ou TBML qui consiste en apparence à créer une activité commerciale entre deux pays, mais dont les termes de l'échange sont faussés dans le seul but de rendre les transactions financières inodores alors que l'origine des fonds reste criminelle. Rappelons que Jean Ziegler, outre sa chaire de sociologie, fut à sa manière un grand idéologue (peut-être même le dernier) de la guerre froide à laquelle s'étaient livrés le communisme et le capitalisme depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la chute du Mur de Berlin! À tel point qu'il ne pouvait s'en départir et parfois lui fit perdre sa lucidité, notamment lorsqu'il crut bon de fréquenter l'ancien Chef d'État libyen Mouammar Kadhafi, commanditaire d'attentats terroristes, ou encore cette foi inébranlable qu'il avait en la révolution bolivarienne vécue à Cuba depuis la prise de pouvoir en 1959 par Fidel Castro et Ernesto Che Guevara et dont il témoigne fièrement dans le documentaire ci-dessus que la RTS lui consacra en 2016. On sait ce qu'il en reste aujourd'hui à l'échelon mondial: un capitalisme omnipotent auquel s'est même rallié le parti communiste chinois et que l'on souhaite le moins corrompu et cynique possibles pour la vie de l'espèce, voire sa survie.

12 juin 2026

Affaire Mazan : La satisfaction du devoir accompli face aux Gros Dégueulasses


Si les pires saloperies dont sont capables certains humains ont pu éclater au grand jour, c'est grâce à la vigilance d'un simple animateur de ventes d'appareils électro-ménagers prénommé Noredine qui le 12 septembre 2020 se mit à observer le comportement étrange d'un client du magasin Leclerc à Carpentras qui,  déambulant dans les rayons du magasin, portait à bout de bras un sac noir dans lequel se trouvait la caméra d'un smartphone branché en continu. Noredine put fort heureusement compter sur le professionnalisme de l'agent de sécurité qui fouilla ledit sac et y découvrit le parfait dispositif du voyeur vicelard ainsi que les images filmées du dessous des jupes des clientes, sans se douter que cette découverte ferait naître l'un des scandales sexuels et de soumission chimique les plus retentissants. N'hésitant pas ensuite à requérir la participation desdites victimes, le vigile fit intervenir immédiatement la police de Carpentras. À la vue du drôle d'oiseau, cette dernière fit également preuve d'une perspicacité redoutable en requérant immédiatement une perquisition du domicile du suspect pour y  découvrir que son penchant à conserver les traces numériques de ses crimes le ferait tomber lui et sa bande d'une cinquantaine de désaxés paraphiliques. Les investigations menées par la suite ont montré que le voyeurisme de Dominique Pélicot était connu de la police depuis 2010, mais que faute de n'avoir pas prélevé son ADN à cette occasion, il n'a pas été possible de l'arrêter en rapprochant son cas de deux autres affaires de meurtre et de viols non élucidés dont la police le soupçonne d'en être l'auteur déjà en 1991 et commis sur des agentes immobilières selon le même modus operandi: prétexter une visite d'appartement pour violer l'employée de l'agence après l'avoir soumise chimiquement par inhalation forcée d'éther. Si, en dépit des ratés du début, l'affaire Pélicot a pu finir en apogée sous les fourches caudines de la justice, c'est bien grâce à la vigilance de simples gens et au souci du devoir accompli de quelques fonctionnaires. Tout au contraire hélas de l'affaire Lyhanna  qui dans ce cas semble encore révéler au sein de la justice française des failles béantes à certains échelons judiciaires et policiers pour évaluer correctement la gravité des faits et savoir agir en conséquence avec diligence et célérité. Pour cette ultime infamie qui touche de façon brûlante l'institution judiciaire, cette dernière se doit d'éteindre l'incendie en produisant un coup de menton qui, par conjectures, s'est retourné contre l'acteur/chanteur Patrick Bruel placé 48 heures sous le régime de la garde à vue, puis mis en examen fissa pour viols, agressions et harcèlements sexuels et qui échappe de justesse à une mise en détention provisoire moyennant un contrôle judiciaire strict et le dépôt d'une caution de € 500'000,--. Ce n'est pas la moindre ironie du sort qui vient subitement frapper celui qui toute sa vie professionnelle fut portée essentiellement par sa notoriété et qui, une fois n'est pas coutume, se retrouverait être "une victime de circonstances" sur lesquelles il n'a aucune prise, excepté celle d'avoir entretenu une grande illusion auprès de ses fans qui demain se réveilleront avec la gueule de bois. Car et c'est bien connu, trahir sa réputation et sa renommée équivaut toujours à payer un plus lourd tribut que tout autre justiciable lambda. Pour reprendre un aphorisme d'Albert Einstein, le monde serait moins dangereux à vivre, non pas tant par l'éradication du Mal en lui-même, que par ceux et celles qui, sachant le reconnaître, ne le laisseraient jamais faire, bien qu'entre ignorance, lâcheté et corruption, il a toujours existé une large zone d'incertitudes qui n'est pas près de s'estomper. Ci-dessous, extraits du témoignage de Gisèle Pélicot dans l'émission la "Grande Librairie" pour la sortie de son livre «Et la joie de vivre»,  co-écrit avec la journaliste et écrivaine Judith Pérignon.


22 mai 2026

Durcissement du Service civil : L'Armée suisse en mauvais joueur

Le 14 juin prochain , les électeurs helvétiques auront à se prononcer par référendum sur une loi votée par le Parlement fédéral afin de durcis les conditions d'accès pour les hommes au service civil pour la simple mais très discutable raison que l'armée craint ces prochaines années de manquer d'effectif, car le service civil serait trop attractif. Accepté à 82% en votation populaire amendant la Constitution en 1992, le service civil suisse a de toute évidence performé durant ces trente dernières années auprès des jeunes en âge de s'engager pour un service à la communauté obligatoire: protection civile, protection de la jeunesse, agriculture, protection de la nature, assistance aux personnes âgées et aux malades. Bref, toute une kyrielle de domaines où les civilistes se sont rendus indispensables et sont désormais accueillis avec reconnaissance, sans que cela ne coûte un franc de plus à la collectivité, bien au contraire. Mais, voilà, le service civil, aux yeux de sa concurrente l'armée, serait désormais victime de son succès et donc responsable de détourner les forces vives du pays au détriment de notre armée de milice. À qui la faute ? Certainement pas au service civil qui a eu l'immense tort, sans le vouloir vraiment, d'être apparemment plus attractif chez les jeunes. Et, si l'armée s'avoue inquiète et donc battue, nulle raison d'en douter. Et pour cause, car la seule question qui se pose est de se demander pourquoi est-elle si peu attractive dans un contexte géopolitique aussi instable censé la favoriser ? Et, le problème est bien celui de nos institutions qui se sont révélées impuissantes à gérer scrupuleusement le budget de cette armée, au vu des nombreux scandales financiers  qui ont surgi et terni sa réputation, se traduisant fatalement par un sérieux désamour des jeunes et de ceux qui le sont moins:

Débâcle des drones israëliens Hermes

Acheté en 2015 par l'armée, ces drones se sont avérés inutilisables parce qu'incapables de voler sans dégivrage, ni de détecter d'autres aéronefs dans son voisinage. Qualifié par la presse et le Parlement de naufrage national, l'armée a dû se résigner à abandonner le projet. Coût total de ce fiasco militaire : 300 millions de francs. Si les civilistes avaient eu l'outrecuidance de dilapider un tel montant, sans doute qu'à cette heure-ci le service civil n'existerait plus dans notre pays.

Fraudes et gouvernance scandaleuses chez RUAG

Au sein même de l'entreprise d'armement RUAG détenue à 100% par la Confédération, des enquêtes ont révélé des fraudes massives en interne, des falsifications de documents, des soupçons de corruption passive et de subventionnements croisés opaques où RUAG surfacturait à son département de tutelle, à l'époque tenu par la Conseillère fédéral Viola Amherd, pour éponger des pertes dans le secteur privé. Une partie de ces fraudes aurait pu être évitée si le département en question n'avait pas sciemment ignoré durant plusieurs années les signalements de lanceurs d'alerte.

Gouffre financier des mandats informatiques

Dès 2021, un trou de 100 millions de francs a été découvert dans le seul budget informatique de l'armée. Pour pallier son manque de compétences internes, l'armée déléguait massivement à des entreprises privées et consultants externes (parmi lesquels figuraient d'anciens hauts cadres de l'armée) des contrats juteux pouvant aller jusqu'à plus de quatre cents mille francs sur quinze mois. Le Parlement a finalement dénoncé l'utilisation abusive de l'argent du contribuable pour masquer l'incompétence de la gestion de projet en interne.

Rapports "Floraco" et "Limon"

Le premier a mis en exergue de graves dysfonctionnements dans le projet de modernisation du système de radars de l'armée. Le second est une métaphore pour désigner les cadres intermédiaires de l'armée qui bloquent systématiquement la remontée des mauvaises nouvelles vers la hiérarchie pour ne pas ternir leur réputation, mettant en péril la sécurité de l'espace aérien.

Là où le service civil vit "d'amour et d'eau fraîche", l'armée s'est autorisée par son impéritie et son incurie à balancer un milliard de francs par la fenêtre à l'insu des contribuables et de leurs élus, trou budgétaire qui précipita la démission du Chef de l'armée, Thomas Süssli, suivie de celle de Viola Amherd en janvier 2025. Comment encore s'étonner que de grandes expositions censées donner une image flatteuse de l'armée telle que Airspirit 24 furent annulées faute d'argent disponible, alors que c'est précisément (mais pas seulement) ce genre d'événement qui doit rendre l'armée plus attractive. Enfin, hors du domaine de cette gestion déloyale des intérêts publics qui caractérise notre armée en temps de paix et qui sont ses seuls véritables démons contre lesquels elle doit d'abord se battre, mais aussi et à ce titre le premier ennemi du peuple bien avant la Russie de Poutine, on ne peut s'empêcher de rappeler la condamnation par la justice militaire en septembre 2025 de treize officiers pour un bizutage d'une rare violence perpétrée à la caserne de Colombier sur des recrues, leur ayant entraîné de multiples fractures. Alors, plutôt que d'affaiblir le Service civil avec le risque de faire supporter financièrement à l'économie privée et aux particuliers une baisse probable de ses ressources humaines (c'est pas comme si les primes d'assurance-maladie étaient ridiculement basses dans ce pays), le peuple ferait mieux de retourner ce mauvais gag à son expéditeur qui, au lieu de faire son examen de conscience dont l'armée ne saurait être exemptée (a contrario de l'objection de conscience propre au Service civil), reconnaître sa gestion calamiteuse de ses dix dernières années et en tirer les leçons qui s'imposent, préfère désigner un bouc émissaire, le Service civil, pour se tirer facilement d'affaire, comme la politique politicienne sait si bien le faire en jouant sur les peurs (la guerre), le temps passé et l'oubli des scandales et de leurs causes. Au vu d'un tel bilan et à moins d'être né dans une famille de mercenaires/militaires de père en fils depuis la bataille de Marignan, quel jeune voudrait encore s'engager par temps de paix dans une armée pareille, mal gérée, ruineuse des deniers publics et si peu respectable ? Et, comme ses maux ne sont pas traités à la racine, un durcissement du service civil ne changera rien à l'affaire, si ce n'est de miner encore plus la confiance de ceux qui auront à s'engager pour l'avenir du pays.

15 mai 2026

Ukraine/UE: Du chant au Lac des cygnes crépusculaires de Vladimir Poutine

Bolchoï lac des cygnes
En Russie, l'évocation du cygne est annonciatrice d'un déclin ou d'une chute de régime.

De la mythologie grecque au ballet de Tchaïkovski, il semble régner au Kremlin comme une atmosphère de déclin. Après la raclée cinglante que le peuple hongrois a infligé démocratiquement à Viktor Orban qui fut, par enrichissement personnel, l'agent double de Poutine au Conseil européen  durant seize ans, après le défilé militaire "Potemkine" du 9 mai dernier voulant célébrer soi-disant la grande victoire patriotique contre le IIIème Reich, tout en continuant de massacrer, comme l'auraient fait des nazis, ses anciens alliés ukrainiens dont le sacrifice fut déterminant pour venir à bout de la Seconde Guerre mondiale, Alain Berset, ex Conseiller fédéral et Secrétaire général du Conseil de l'Europe, vient d'annoncer la décision de l'UE et de 36 autres pays de conclure un accord spécial élargi pour instituer un tribunal pénal visant à juger le crime d'agression russe contre l'Ukraine et dont la Suisse fait également partie. C'est une étape décisive dans la volonté politique de nombreux États d'établir les responsabilités pénales internationales des dirigeants russes pour leurs exactions commises à l'endroit de la population ukrainienne durant cette guerre. Néanmoins, à côté des nombreux trains de sanctions économiques que l'UE a adoptés envers les dirigeants russes depuis 2022, elle s'est toujours refusée de décider d'une mise à prix de la tête de Poutine pour sa capture, ce qui aurait grandement facilité la tâche de la CPI, plutôt que de laisser l'Administration Trump s'en prendre à ses juges par des mesures de rétorsion aussi mesquines qu'infames comme l'aurait fait un clan mafieux. En tardant à récompenser comme il se doit la capture de Poutine, quels intérêts la Commission européenne, respectivement le Parlement européen, protègent-ils encore ? Serait-ce les lobbies de l'armement qui font fructifier bassement leurs intérêts ou cette sagesse antique et cynique qui consiste à préparer la guerre (et donc continuer à avoir un ennemi commun), pour espérer ne pas devoir la faire, selon l'expression latine bien connue : "Si vis pacem, para bellum". Mais, pendant ce temps, de nombreux civils ukrainiens continuent de mourir ou souffrir.

01 mai 2026

Clan Kennedy: La malédiction s'acharne-t-elle sur les familles criminogènes ? (2/2)

Dallas, le 22 novembre 1963
S'il existe un patronyme qui semble porter en lui les germes de son malheur, c'est bien celui des Kennedy qui depuis quatre-vingts ans multiplie les morts violentes de ses membres que ce fût par assassinat, accident ou même suicide. Pourtant, le patriarche de la première génération ne voulait pour sa ribambelle d'enfants que gloire et prospérité, ses fils étant destinés à faire de brillantes carrières politiques, tandis que ses filles à n'épouser que d'influents et riches parties. Et, s'il faillait pour cela commettre quelques arrangements immoraux avec des phalanges d'extrême droite dans les années trente, quelques médecins charlatans des années quarante ou même la pègre des années cinquante, tout le monde n'y verrait que du feu, pourvu que les rêves de grandeur de Joe et Rose Kennedy s'accomplissent. On ne sait que trop bien de ce qu'il advint finalement de leurs ambitions familiales qui la plupart finirent dans un bain de sang et/ou de larmes. Cela apparut de manière retentissante en 1963 avec l'assassinat à Dallas du 35ème Président des États-Unis. Si la commission d'enquête de son vice-président désigna Lee Harvey Oswald comme étant l'assassin, jamais il ne fut établi qui furent les véritables commanditaires et surtout leurs motivations, certains suggérant, entre autres, que les frères Kennedy avaient rompus le pacte scélérat passé par leur père avec la mafia anti-Castro qui, en échange de son soutien aux élections présidentielles, attendait que les USA renversent le dictateur communiste pour reprendre le contrôle de l'île de Cuba. Pour autant, cette tragédie ne dissuada pas l'ancien ministre de la justice Robert Kennedy de se présenter cinq ans plus tard à la présidentielle américaine en Californie. Il fut assassiné à son tour à Los Angeles juste après avoir remporté les Primaires de Californie. Et, deux fils de ce dernier, de mourir prématurément : le premier à l'âge de 28 ans à la suite d'une overdose, le second à l'âge de 39 ans dans un accident de ski. Mais, l'hécatombe ne s'arrête pas lorsqu'en 1999 le fils de JFK meurt aux commande de son avion et emporte avec lui sa femme et sa belle-sœur. Quant à l'actuel Ministre de la Santé choisit par l'Administration Trump pour ses théories loufoques en matière de santé publique et de vaccination, il n'est autre qu'un des fils de Robert Kennedy et donc neveu de JFK.


17 avril 2026

Affaire Grégory: La malédiction s'acharne-t-elle sur les familles criminogènes ? (1/2)

La vengeance de Clytemnestre sur Agamemnon à Mycènes (Argos à l'Âge du Bronze)
au 13e siècle av. JC, rapportée par Homère au 8ème siècle av. JC

C'est, ma foi, une question qui continue de hanter notre civilisation au moins depuis l'Antiquité à commencer par ses nombreux récits dits mythologiques, mais qui forcément ont tous une part de vérité plus ou moins arrangée et mystifiée et pour lesquels on n'osait donner trop de précisions par crainte d'être honni, mais dont le devoir de mémoire par l'entremise de la tradition orale, puis des livres  devait se perpétuer malgré tout, telle une mise en garde adressée aux générations futures afin de les instruire et les dissuader de ne pas répéter les fautes de leurs ancêtres. Dans des articles précédents, j'ai évoqué le cas d'Oedipe (lire l'article: Plaidoyer pour une réhabilitation tardive, mais incontestable) et celui de Médée (lire l'article: Le syndrome d'aliénation parentale). Mais, on peut rechercher d'autres cas mémorables et comparables qui mettent en scène la malédiction familiale et les conflits moraux dévastateurs que celle-ci engendre. Ainsi, dans l'Orestie d'Eschyle, Agamemnon, chef des armées grecques qui s'apprête à partir pour la guerre de Troie sacrifie pour ses ambitions militaires sa fille Iphigénie en l'immolant, provoquant la colère vengeresse de sa "chère" épouse Clytemnestre. Cette dernière attendra que son conjoint infanticidaire se retrouve seul et sans défense dans son bain pour assouvir sa vengeance et le mutiler à mort au moyen d'une arme blanche. De nos jours, la vengeance ou le désir de rendre sa propre justice n'a pas disparu, loin s'en faut, en dépit du fait qu'il existe des institutions judiciaires dites démocratiques et prétendument indépendantes et impartiales. Car, il subsiste des crimes révélés ou enfouis, le plus souvent résultant de complot ou machination aussi ourdi qu'inattendu, et contre lesquels la justice des hommes ne peut rien ou presque.



C'est le cas de l'affaire Grégory qui depuis plus de quarante ans de chroniques criminelles s'avère être aujourd'hui, non plus une énigme, mais davantage un drame antique avec cette mise à mort préméditée d'un gamin de quatre ans (mains attachées dans le dos et corps noyé dans une rivière), la revendication écrite d'un corbeau arguant d'une prétendue vengeance contre les parents de l'enfant et laissant augurer l'existence d'un véritable complot familial criminel, des jalousies et des rivalités recuites savamment entretenues par des proches qui n'ont à partager en commun et sous cape que la haine de l'autre et surtout le respect absolu d'une conduite tribale qu'aucun d'eux ne s'avise d'enfreindre: l'omerta ou la loi du silence si chère aux clans mafieux. Pour autant, y aurait-il un point départ, tel un péché originel, à toute cette méchanceté gratuite et malédiction qui tenaillent depuis tant de décades les familles Villemin, Jacob, Laroche et Bolle ? Après l'assassinat du petit Grégory, on est ainsi stupéfait de découvrir que le grand-père de Jean-Marie Villemin (père de Grégory), prénommé Gaston, a eu trois enfants avec son épouse légitime, une certaine Jeanne-Marie Hollard, qui fut condamnée à trois ans de prison par la Cour d'appel de Nancy en 1931 pour s'être rendue coupable d'infanticide après avoir battu à mort son fils aîné Étienne, soit le frère d'Albert (père de Jean-Marie). Puis, lorsque la Seconde guerre mondiale éclate, Gaston est mobilisé, puis emprisonné comme militaire par le IIIème Reich. Lorsqu'il est libéré en 1942, il découvre que son épouse et la mère de ses enfants l'a quitté pour un soldat allemand. Profondément affecté par cet abandon qui s'ajoutait à la tragédie ayant frappé son fils Étienne dix ans plus tôt, il met fin à ses jours en se pendant. À la suite d'événements aussi dramatiques qu'on est en droit d'imputer à une mère infanticidaire, de surcroît adultère sous L'Occupation et directement responsable du suicide du père de ses enfants, on peut sans difficulté s'imaginer le fardeau psychologique et émotionnel qu'un tel vécu a fait peser sur le développement de la descendance et le reste de son existence.

03 avril 2026

Homo sapiens : Cet imposteur qui se veut être l'égal de Dieu.

Au commencement était le Jardin d'Eden, un paradis antédiluvien et particulièrement lointain avant que nos aïeux ne découvrent le feu. Tout n'était qu'harmonie, calme et volupté. Car, tout était ordonné divinement par les lois de la Nature. Les hominidés d'alors, comme les animaux, étaient régis par le cycle des naissances, par la nécessité de se nourrir au jour le jour, par le besoin de se reproduire, puis avec la vieillesse et la mort de disparaître pour mieux renaître. Ces homos adeptes du nomadisme primitif se nourrissaient de cueillette, de pêche, allant parfois jusqu'à la chasse, mais toujours sobrement et sans cruauté, comme le fait encore aujourd'hui n'importe quel félin chassant sa proie pour survivre et assurer la croissance de sa progéniture. En ce temps là, toutes ces créatures vivantes appartenaient intimement à la Nature et donc à Dieu, en tant qu'il était leur Créateur universel. Mais, dès l'instant où Ève a croqué dans le fruit de l'arbre défendu, soit le fruit de la connaissance, de l'intelligence, du Bien et du Mal, elle a acquis et transmis ce pouvoir de les distinguer et les commettre l'un et l'autre en parfaite connaissance de cause et, désormais, pour sa désobéissance, d'enfanter, de travailler, de mourir et connaître la souffrance (Gn 2.5-3.23), ce qui engendra les prémisses du chaos originel et perturba définitivement l'Harmonie divine qui régnait sur Terre. Aujourd'hui, l'Homme ne cherche plus sa pitance au jour le jour comme le lion continue de le faire. Il chasse sa proie par avidité, non pour se nourrir uniquement, mais pour faire commerce de sa prédation jusqu'au jour où, éternel insatisfait des richesses accumulées, il en vient à convoiter celles de son prochain, cherchant à le corrompre ou à lui faire la guerre pour le détruire, s'accaparer ses terres aux seules fins de s'enrichir et dominer ses semblables, dût-il se comporter en génocidaire. Et, c'est ainsi que toutes ces richesses dont certains jouissent sont pour le moins suspectes.
Dans cet extrait du documentaire de Wim Wenders "Le pape François, un homme de parole" sorti en 2018, le défunt pontife, parti il y a exactement une année, se demande pourquoi Dieu permet-il que des innocents souffrent ? Sa réponse réside dans le fait que Dieu a voulu l'Homme libre : Libre d'aimer ou de ne pas aimer et même d'haïr son prochain. Car, pour François, il ne peut pas y avoir d'amour sincère sans l'exercice de la pleine liberté. Puis, en se recueillant devant le mémorial de l'Holocauste juif de Yad Vashem, il questionne l'assistance au sujet de cette prétendue liberté que l'Homme s'est arrogée pour ne commettre pas moins qu'un génocide: «Homme qui es-tu ? Qui t'a corrompu ? Qui t'a défiguré ? Qui t'a inoculé la prétention de te faire maître du Bien et du Mal ? Qui t'a convaincu que tu étais Dieu ?» En la circonstance, n'aurait il pas été plus judicieux que le Saint-Père invoquât sans tabou, ni langue de bois, la figure du Diable, de l'Adversaire ou de l'Antéchrist que les Évangiles citent pourtant à maintes reprises (Jn 17.15, 14.30; Ep 6.16; Mt 4.3, 13.39; 1P 5.8; 2Co 6.15) ? Car, comme le disait l'écrivain et philosophe Albert Camus : «Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur de ce monde.» En ce Vendredi saint où les Hébreux firent porter la croix à Jésus de Nazareth jusqu'au lieu de sa crucifixion, une partie de leurs descendants actuels représentés par le gouvernement de Benjamin Netanyahu et ses ultra-orthodoxes ne sont-ils pas devenus à leur tour les oppresseurs du peuple palestinien en Cisjordanie, à Gaza et au sud du Liban avec comme régression ultime pour la seule démocratie existante au Proche-Orient la réintroduction de la peine de mort par pendaison pour ces Palestiniens reconnus coupables de crime terroriste ?

27 mars 2026

« Aime ton prochain comme toi-même ! »

S'il existe un commandement biblique qui résume à lui seul tous les autres, c'est à n'en point douter celui-là. Il s'inspire directement de la règle d'or universelle que l'on trouve dans tous les courants philosophiques et religieux à travers le monde: «Ne fais pas autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse» ou «Traite les autres comme tu voudrais être traité». Cette règle de réciprocité morale prend sa source dans la Bible hébraïque, plus précisément dans Le Lévitique (Lv 19:18). Elle est la clé de voûte du Décalogue ou des Dix Commandements et elle coïncide avec l'émergence des plus grands courants philosophiques d'Asie centrale, tels l'hindouisme, le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme. Née de l'Ancien Testament, elle est d'abord énoncée pour atténuer l'application de la loi du talion bien connue sous l'expression "œil pour œil, dent pour dent". Ainsi, elle fait régresser dans les mœurs et traditions le concept de justice propre ou "vengeance" pour tendre vers une justice que l'on veut indépendante et impartiale lorsque précisément la règle d'or précitée n'a pas été respectée dans les rapports humains ou sociaux. À l'avènement du Christ, celui-ci n'eut jamais renié la religion des Anciens. Il conféra simplement à cette règle d'or un caractère plus miséricordieux, voire sacrificiel, quand il énonça: "Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, tends lui aussi l'autre." Par ses paroles et lorsque Le Christ se rebellait et dénonçait l'injustice et le mercantilisme des Rabbins de son époque, il montrait aussi qu'il était un adepte de la non-résistance et de la non-violence à un point où il considérait qu'il pouvait aller jusqu'à risquer sa vie pour les enseignements qu'il professait auprès de ses disciples et de ceux qui croyaient en lui. Car, et c'est un apport essentiel du Nouveau Testament, Jésus-Christ, a contrario des Hébreux, avait suffisamment démystifié la mort pour ne plus en avoir peur, comme le rapporte l'apôtre Jean dans son Évangile (Jn 5:20-29). Mais, pour avoir placé ce Commandement au-dessus de tous les autres, comme l'ont déclaré Mathieu (Mt 22:39) et Marc (Mc 12:31-34), ce qui ne convenait guère aux grands prêtres de son époque, Jésus-Christ avait-il conscience qu'après sa crucifixion, c'est aussi la figure du Mal que les apôtres feraient surgir, soit celle du Diable cité en de multiples endroits du Nouveau Testament et sur laquelle les Hébreux n'avaient fait que s'interroger longuement en l'invoquant une seule fois dans le livre de Job sous le nom de Satan ? Il fallait au moins cela pour rendre compte, comprendre et expliquer aux générations futures qu'elle fut la cause primordiale de la toute première erreur judiciaire rapportée par l'écriture et unanimement reconnue dans l'Histoire humaine, soit celle de la condamnation à mort et par complot d'un parfait innocent: Le Fils de l'homme. Aujourd'hui, on oublie trop souvent que ce Commandement est à l'origine même du mouvement humaniste qui aboutit à la Déclaration universelle des droits de l'Homme et du Citoyen lors de La Révolution française, tout autant que les sciences modernes s'intéressant aux relations humaines n'ont pu s'empêcher de lui donner une dénomination parfaitement laïque: l'empathie. Ainsi, s'il nous faut résumer le christianisme à trois apports anthropologiques essentiels, on retiendra prioritairement l'amour de son prochain, la résurrection par la chair et la lutte du Bien contre le Mal en tant que ce dernier est l'Adversaire tout désigné du Commandement suprême cité en premier.

13 mars 2026

Euthanasie: Dernière échappée face à une réclusion devenue insupportable ?

Quand la France autorisera-t-elle l'aide à mourir dignement ?
Au risque d'être provoquant, il y a dans ce débat actuel au sujet du projet d'euthanasie en France qui, contrairement à certains pays limitrophes ayant déjà réglé juridiquement cette question avec une certaine satisfaction (Belgique, Suisse), un risque de nouvelle inquisition religieuse, corporatiste et politique qui tente de s'immiscer dans la vie privée des individus et surtout dans leur psyché intime pour leur imposer une doxa qui soit contraire à une certaine dignité humaine. D'un côté, Michel Houellebeck qui s'oppose à l'euthanasie parce que, dit-il, le besoin de mourir a été remplacé par la science et les soins palliatifs qui, faut-il le préciser, se prodiguent forcément en milieu hospitalier à partir d'un certain degré de dépendance, tout en reconnaissant quelques minutes plus tard que les gens préfèrent rester chez eux et ne pas souffrir. Ben forcément ! Alors, pour ceux qui souffrent et veulent rester à domicile, que fait-on ? De l'autre, Alain Finkielkraut qui, soutenant l'assistance au suicide, croit judicieux de comparer l'euthanasie d'un chien avec celle d'un humain. Ah bon ! En soi, cet anthropomorphisme est regrettable, car si les humains avaient une perception de la mort comparable à celle des chiens, je doute que le philosophe pût en débattre comme il le fait. Au fond, ces réflexions par trop abstraites me rappellent celles qui ont longtemps existé (et existent encore) dans les sociétés humaines avant que l'IVG ne soit admise socialement et légalisée dans le respect de certaines conditions qui avant tout tiennent compte du droit de la femme de disposer prioritairement de son corps jusqu'à ce que le droit à la vie du fœtus ne prenne le dessus passé un certain délai. De la même manière qu'il a fallu légiférer pour l'IVG parce que l'embryon appartient d'abord au corps de la femme qui l'abrite, on ne peut régler la question de l'euthanasie ou de ses formes associées que si seul prévaut au centre du dispositif le choix et la volonté du patient qui doit nécessairement disposer de son plein discernement, ce qui exclut que l'on puisse appliquer une aide à mourir à des patients atteints de démence ou de certaines maladies neurodégénératives comme Alzheimer. Dans ces derniers cas, ces patients ne sont en effet pas éligibles à cette sorte d'aide puisque leur consentement personnel fait défaut et que plus rien, ni personne, ne pourra y suppléer et même s'interdira de le faire, sauf à sombrer dans une forme d'eugénisme totalitaire. À ce propos, rares sont les personnes qui évoquent la fin de vie des handicapés mentaux, même si l'on doit envisager dans l'entre-soi des proches et des professionnels de santé tenus au secret médical qu'il peut exister des formes d'euthanasie passive lorsque l'état de santé se détériore et que certaines situations sont de plus en plus difficiles à gérer.


Dans tous les autres cas et dont l'écrasante majorité est atteinte par le grand âge, seule doit compter la détermination exprimée par le patient sans qu'il soit nécessaire de trop s'attarder sur le degré de légitimation de ses motivations qui peuvent être vastes et intimes selon le rapport personnel que chacun entretient vis-à-vis de sa propre mort. Si certains peuvent être atteints de douleurs physiques insupportables, d'autres exprimeront davantage des souffrances psychologiques qui ne sont pas moindres, ce qu'aucun médecin ne sera habilité à contester ou n'aurait la prétention même de traiter avec succès. C'est cette liberté de choix qu'il faut garantir avant tout, parce que même si l'acte suicidaire est réprouvé socialement et religieusement, rien ne peut empêcher son exécution dans des situations qui, forcément, sont le plus souvent glauques et tragiques pour autrui (proches, cheminots, pompiers, gardes fluviaux, etc.) et qu'en pareil cas il vaut mieux organiser et encadrer a minima une assistance au suicide tant dans l'intérêt du patient qui saura faire un choix apaisé que dans celui de la société qui gardera un contrôle sur ces situations potentiellement traumatiques. Ne serait-ce que pour cette dernière raison, l'assistance "altruiste" au suicide se justifie et constitue déjà un progrès sociétal indéniable à l'aune des drames humains qui se jouent quotidiennement faute d'une législation adéquate. Enfin, la différence qui subsiste entre une euthanasie active (Belgique) et une assistance au suicide (Suisse) réside uniquement dans le fait de savoir qui accomplit l'acte ultime : le médecin qui injecte le poison ou le patient qui l'ingurgite ou peut refuser de le faire, ce qui permet de garantir dans le second cas que la volonté du patient sera respectée jusqu'au bout et sans pression extérieure (y compris l'IA) si, contre toute attente, ce dernier devait décider de changer d'avis au dernier moment, tout en rappelant que le concours d'un médecin demeure évidemment indispensable pour obtenir la potion létale et éviter tout usage abusif, comme par exemple chez des jeunes et/ou pour des motifs futiles. Tant que la France n'adoptera pas une législation qui respecte à certaines conditions le libre choix d'un patient d'obtenir une aide à mourir dignement, des pratiques d'un autre âge perdureront, et jamais la relation avec les aînés ne s'apaisera, ce qui ne fera qu'augmenter ce tourisme prétendument médical des plus aisés et/ou déterminés vers des cieux plus compatissants.

27 février 2026

Malbouffe, obésité, GLP-1: Et si le jeûne redevenait un remède universel ?

Malbouffe, obésité, GLP-1: Et si le jeûne redevenait un remède universel ?
Cette fin d'hiver de l'année 2026 est un peu extraordinaire puisqu'elle réunit à la même période le jeûne du Ramadan et celui du Carême en raison des règles astronomiques qui prévalent pour le calcul respectif de chacun. En effet, si le Ramadan se détermine d'après le cycle lunaire qui est plus court que celui du Soleil, le Carême débute toujours quarante jours avant la fête de Pâque qui, elle, correspond au premier dimanche qui suit la pleine lune juste après l'équinoxe du printemps. Pour retrouver une prochaine fois cette conjonction annuelle entre Ramadan et Carême, il faudra attendre trente-trois ans, soit autour de l'année 2059, et revoir les communautés musulmanes et chrétiennes jeûner à la même période. Avec cette société consumériste et d'abondance alimentaire dans laquelle nous baignons en Occident, c'est l'occasion de rappeler que, du plus profond des âges, le jeûne a toujours existé avant d'être ritualisé par les religions. Il s'est d'abord imposé à cause des aléas météorologiques et des saisons qui affectèrent les récoltes et provoquèrent disettes ou famines. L'Homme a ainsi pris conscience de la nécessité de se rationner et d'organiser sa privation de nourriture pour mieux survivre en société, raison pour laquelle le Carême se produit à la fin de l'hiver, soit au moment où les provisions de nourriture étaient réputées les plus basses. Dans nos sociétés laïques, le retour du jeûne, en particulier celui du Ramadan (du lever au coucher du Soleil) qui se rapproche le plus du jeûne intermittent (12 à 16 heures continues), peut exprimer aussi ce besoin personnel de reprendre la maîtrise du fonctionnement physiologique et psychologique de son corps soumis à des modes alimentaires perçus comme autant d'addictions à des produits ultra transformés (sucres ajoutés, sel, graisses saturées, absence de fibres) qui nuisent à la santé et sont le plus souvent responsables de toute sorte de comorbidités (maladies cardio-vasculaires, diabète, obésité, cancers, etc.). Ci-après, extraits du reportage intitulé "Le jeûne, enquête sur un phénomène", réalisé en 2024 par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, étayant notamment les vertus du jeûne intermittent que l'on peut appliquer à soi-même, ou encore du jeûne complet exécuté dans un établissement médicalisé.


15 février 2026

[Flash] Fonds climat : Duel entre visionnaires énergiques et comptables frileux

Abrogation par Trump de l'Endangerment Finding qui obligeait l'industrie à réduire le CO2 aux USA
Abrogation par Trump de l'Endangerment Finding
qui obligeait l'industrie à réduire le CO2 aux USA

Comme de coutume, les Suisses sont appelés aux urnes le 8 mars prochain pour approuver ou refuser une initiative populaire qui souhaite attribuer annuellement entre 0,5 et 1% du PIB pour la mise en œuvre d'une politique climatique globale qui mettrait l'accent sur des projets visant à accélérer notre transition des énergies fossiles vers les renouvelables (photovoltaïque, éolien, hydraulique), l'isolation thermique des bâtiments, mais également toutes les déclinaisons de pompes à chaleur (PAC) fonctionnant avec le sol, l'eau et l'atmosphère et dont le coefficient de performance énergétique est trois à quatre fois supérieur à un kilowattheure consommé. Ce fonds servirait aussi à prévenir les catastrophes naturelles ou indemniser leurs victimes, ce qui ne manquera pas de se produire dans un pays où le relief montagneux représente 60% de la superficie totale du territoire. On peut s'en convaincre aisément avec le phénomène répétitif des laves torrentielles ou encore la menace d'ensevelissement de villages entiers comme à Blatten (VS) ou Brienz (GR) en 2025. Certains esprits chagrins penseront évidemment que tout cet argent ne servira pas à grand chose, puisque comme tout le monde le sait, la répartition du dioxyde de carbone dans l'atmosphère dont l'augmentation est la cause directe du réchauffement climatique, et qui dépend de la consommation mondiale d'énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), ne connaît évidemment pas de frontières. Et que si l'on doit cohabiter et pour longtemps d'un point de vue planétaire avec des pays et régimes politiques qui se fichent éperdument du réchauffement climatique, on ne voit en quoi nos efforts en matière d'énergies renouvelables changeront en quoi que ce soit le fait indubitable que rien n'empêchera l'atmosphère terrestre de s'élever à des températures cataclysmiques, et peut-être bien au-delà de la moyenne pessimiste des cinq degrés estimée par le GIEC. Pour s'en convaincre, il suffit de traverser l'Atlantique pour constater que la première puissance militaire et économique mondiale dirigée par un certain Donald Trump a formellement décrété le 12 février dernier d'enlever tout pouvoir à l'Agence de protection de l'environnement (ECA) d'adopter des mesures visant à réduire la consommation des énergies fossiles, au motif fallacieux que le réchauffement climatique constaté par le GIEC serait une gigantesque anarque. Et contrairement à ce que certains pourraient penser, cette décision n'est pas celle d'un fou au sens psychiatrique du terme, mais celle d'un homme qui a décidé, tant qu'à faire puisqu'une foule d'inconscients lui en ont donné le pouvoir, de se comporter en prévaricateur, de s'enrichir, lui et son clan, et de renvoyer comme de bien entendu l'ascenseur à ses soutiens qui ne sont autres que le puissant club des compagnies pétrolières et gazières qui ne veulent surtout voir leurs rentes carbones baissées, dussent-elles pour ce faire sacrifier la planète Terre et le genre humain.


C'est vous dire si nos esprits chagrins de tout à l'heure ont bien raison de penser que le fonds climat qui nous est proposé en Suisse ne changera rien à cette destinée funeste. Mais, à y regarder de plus près, en sommes-nous vraiment sûrs ? S'il est vrai qu'à l'aune de l'augmentation des températures les catastrophes naturelles vont se multiplier, il y a néanmoins dans la votation proposée sur la création d'un fonds climat un argument essentiel et central qu'on aurait tort de sous-estimer, mais malheureusement trop peu développé lors du débat ci-dessus et qui aurait dû faire mouche auprès de ses opposants de la droite, comme du centre (à moins qu'ils ne soient aussi empêtrés dans des conflits d'intérêts comme pour nos primes d'assurance-maladie obligatoires les plus chères au monde) : C'est le constat accablant de notre dépendance aux énergies fossiles qui en Suisse, en dépit de nos barrages hydrauliques, restent trop élevées en se situant encore aujourd'hui à 55% du total de l'énergie consommée. Et c'est précisément en accélérant, a contrario de ce que fait Trump, notre transition définitive vers les énergies renouvelables, que nous pouvons renforcer notre indépendance énergétique vis-à-vis de pays comme les USA et de leurs dirigeants que l'on doit qualifier désormais d'écocidaires. Et, ce n'est pas tant les émissions de gaz à effet de serre (GES) qu'il nous faut réduire d'un point de vue mondial, car trop peu responsabilisant, imprécis et exposé à toute sorte de manipulations comptables (transactions financières sur les droits de polluer, compensations carbones théoriques invérifiables, escroquerie à la TVA, etc.), mais bien plutôt la baisse parfaitement quantifiable de notre dépendance aux énergies fossiles que chaque pays peut se fixer en terme d'objectif concret à court, moyen et long terme. C'est cette orientation qu'ont pris désormais certains pays comme le Danemark, le Costa-Rica, la France, l'Irlande et le Portugal au travers de l'Alliance BOGA et qui permet de créer un cercle vertueux susceptible de stabiliser le climat. Le jour où la Suisse, comme d'autres pays éco-responsables, aura une dépendance aux énergies fossiles inférieures à 20%, alors les rapports de force d'un point de vue géopolitique ne seront plus les mêmes. L'arrogance d'aujourd'hui fera place au respect et le pouvoir et la honte changeront de camps. Encore faut-il prendre une certaine hauteur, devenir visionnaire et s'en donner résolument les moyens. Et, face aux enjeux et périls qui nous menacent, cessons d'ergoter sur des arguments bureaucratiques et comptables dont le peuple souverain n'a que faire !

P.-S.: Ci-dessus, extraits de l'émission Infrarouge du 28 janvier 2026 de bonne tenue, produite par la RTS et qu'on ne souhaite évidemment pas voir disparaître pour celles et ceux qui sont attachés à la qualité, l'objectivité et l'indépendance de médias comme la SSR qui, faut-il le rappeler, contribue grandement à la cohésion sociale du pays et ne pourra fonctionner décemment avec une redevance à CHF 200,- comme certains hérauts de la privatisation à outrance des médias de ce pays voudraient nous le faire croire.

Sous la symphonie des éclairs gronde le tonnerre

Sur la côte ouest australienne, l'émission Échappées Belles, présentée en la circonstance par Jérôme Pitorin, nous amène à la rencontre de deux aborigènes, Michela et Viviane, qui du fond des âges viennent nous rappeler que, face aux périls du capitalisme et du matérialisme, le respect de la Nature est l'alpha et l'oméga de toute vie sur Terre. Et quel meilleur accompagnement musical que celui de réentendre la Symphonie des éclairs chantée par Zaho de Sagazan, en implorant que cette incantation adressée au Ciel nous protège de sa colère et de tout déluge qui pourrait s'avérer dantesque.
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13 février 2026

Chroniques judiciaires : Cette présomption d'innocence qui a bon dos

Cette présomption d'innocence qui ne veut plus rien dire, si ce n'est le contraire de ce qu'elle prétend affirmer.

Combien de fois n'a-t-on pas entendu cette phrase "prétexte" formulée par tous les journalistes du monde entier sans d'ailleurs qu'ils ne s'interrogent sur la portée exacte d'une telle expression ? Après avoir jeté en pâture aux médias et à la vox populi l'identité de prévenus, suspects ou en voie de l'être comme on le constate dans l'affaire Epstein, ces journalistes rappellent la gravité des faits commis qui sont susceptibles de leur être imputés, sans omettre toutefois de mentionner en fin de reportage ce sésame du journalisme qui permet de justifier la légitimité de tout ce qui vient d'être annoncé publiquement, soit que l'ensemble des susnommés bénéficie de la présomption d'innocence, même si le public a compris depuis fort longtemps qu'il s'agit d'une formule toute faite dissimulant davantage une présomption de culpabilité que d'innocence. J'en veux pour preuve les dégâts d'image irréversible  que ces annonces provoquent et leurs corollaires sous forme de préjudices sociaux et économiques qui ne se font pas attendre et s'abattent déjà sur lesdits suspects avant même qu'ils ne soient condamnés par un tribunal.


C'est cet instant précis que rapporte le journaliste Fabiano Citroni à propos du couple Moretti qui ont été insultés et molestés le 12 février 2026 devant le tribunal valaisan par les familles des victimes de l'incendie de Crans-Montana. Néanmoins, à vouloir répéter obstinément et de façon  intempestive que les Moretti bénéficient de la présomption d'innocence, le journaliste suggère  (assurément sans s'en rendre compte) que, s'ils étaient reconnus coupables, les maltraitances et insultes des parties civiles pourraient être admissibles, voire justifiées. Or, dans le cas d'espèce, le principe qui prévaut n'a rien à voir avec la présomption d'innocence, mais simplement avec le fait que, dans un État de droit, les victimes d'infractions pénales, aussi durement fussent-elles meurtries, n'ont pas le droit de se faire justice. Et que si la situation s'y prête (absence de détention provisoire, mesures de sûreté insuffisantes décidées au demeurant par le Ministère public), il est humainement compréhensible qu'elles expriment leurs ressentiments et leur colère à la vue des prévenus dont on peut tout présumer, excepté qu'ils soient auréolés d'une innocence purificatrice. De grâce, ne rajoutons pas de la confusion à l'indignation qui a déjà atteint son paroxysme !