Si le titre paraît quelque peu lunaire ou à tout le moins gréco-mytho-psycho-analytique, il cache hélas une réalité trop souvent ignorée et calamiteuse qui se développe à bas bruit dans le domaine des relations psycho-affectives et personnelles que chaque parent doit pouvoir sauvegarder a minima avec son enfant lorsque la vie commune au sein du couple a pris fin à l'issue d'une séparation et/ou d'un divorce. Le syndrome d'aliénation parentale s'inspire du mythe de Médée qui, dans la mythologie grecque, pour se venger de l'abandon de son époux Jason, tue leurs enfants communs et accessoirement sa rivale. Empiriquement, ce syndrome est souvent constaté chez certaines mères qui lors d'une séparation conflictuelle prennent en otage leurs enfants et les instrumentalisent pour exercer une vengeance contre l'autre parent et le punir en le privant de toute relation personnelle avec ses enfants. Toute la difficulté de mettre à jour ce type d'aliénation réside dans le fait que ce syndrome peut s'exercer de manière très insidieuse à l'égard des enfants, voire même de façon pathologique et presque inconsciente, ou alors se manifester par des formes de violences psychologiques, voire physiques extrêmes pouvant aller jusqu'à l'infanticide et au suicide "altruiste" comme ce fut le cas dans la dramatique affaire de Charles-Olivier Adde datant de l'été 2019, d'après l'extrait figurant ci-dessous et tiré de l'émission Au bout de l'enquête produite par France télévision. Alain Bauer, professeur en criminologie, y définit, entre autres, un autre fléau quasi indissociable du SAP qui est celui de l'emprise psychologique durable et délétère qu'un parent ne cesse d'exercer sur l'autre pour le dominer et parvenir ainsi à conserver une autorité parentale totalement exclusive sur ses enfants.
Si le ressort essentiel qui déclenche, réveille ou révèle le syndrome de l'aliénation parentale (SAP) est celui de l'abandon, soit l'intention vindicative de la mère de détruire tout lien parental entre ses enfants et leur père (souvent vilipendé abusivement comme "traître" sans même connaître, ni s'intéresser aux torts de la mère, ni aux causes sous-jacentes, profondes et insolubles qui justifient la rupture), on peut se risquer à affirmer, toute proportion gardée et sous réserve du degré de violence exercé, que le SAP est à la mère délaissée ce que le féminicide est au père éconduit ou quitté. Le féminicide (ou sa tentative) qui n'est qu'un néologisme populaire pour désigner plus explicitement le meurtre passionnel d'un époux sur sa femme, mais qu'autrefois on englobait sous le terme d'uxoricide pour y inclure par exemple le cas des veuves noires (certes bien moins fréquent, mais tout aussi retentissant sous l'angle de la dangerosité), est souvent précédé de violences conjugales qui, elles, sont toujours plus reconnues et traitées tant au niveau légal que médical, permettant ainsi à leurs victimes de bénéficier de protection et d'assistance. En revanche, il n'en est presque rien s'agissant du SAP qui, faute de reconnaissance adéquate par les médecins et la justice, n'est quasiment jamais diagnostiqué et demeure dans une forme d'indifférence et donc d'impunité généralisées, alors qu'il s'agit pourtant d'une manipulation caractérisée visant à détruire consciemment et volontairement tout lien de parenté entre un père et ses enfants et faire porter à ces derniers des séquelles de souffrances psychologiques qui, sans ce syndrome, ne seraient jamais apparues. Car, si les violences physiques sont enfin devenues insupportables pour notre société, les violences psychologiques exercées en particulier sur des enfants aux fins de les rendre socialement orphelin de leur propre père restent un sacrilège banalisé et auquel aucune société humaine ne devrait se résigner, y compris les plus primitives qui s'en tiennent à des coutumes ancestrales bien plus respectées et respectables que notre attirail juridique existant, mais totalement impuissant. Et que toutes celles et ceux qui ne s'en soucient guère, telles ces jusqu'au-boutistes de l'égalité des droits au point d'en oublier leurs devoirs, ne viennent pas ensuite se plaindre que des mouvements masculinistes se multiplient çà et là, feignant alors d'ignorer que la famille nucléaire, comme n'importe quel écosystème humain, peut aussi être le lieu d'un jeu de pouvoir exécrable et pitoyable dont les enfants sont les premières victimes. Pour les internautes qui souhaitent approfondir ce thème:
Voici deux références incontournables traitant de la spirale des tourments familiaux. La première a été écrite par Marion Roch, auteure et compositrice franche-comtoise, que le public romand connaît certainement depuis une dizaine d'années, et qui s'est permise en 2020 de scander haut et fort la voix d'un père désespéré de ne plus avoir de relation avec son enfant. La seconde référence, chantée par Michel Delpech (1946-2016) décrit en 1973 une parentalité presque idéale où les anciens amants tentent de rester amis par amour pour leur enfant, démontrant une sagesse certaine à une époque où le divorce par consentement mutuel (sans qu'il soit nécessaire de rechercher la faute de l'un(e) et/ou de l'autre) n'existe pas encore.
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