07 août 2026

Coaching: La grande foire aux illusions


Avec l'avènement des réseaux sociaux, le coaching privé est devenu une des offres de mandat les plus répandues sur internet, chacun et chacune y défendant ses compétences particulières pour des prix horaire compris entre 50 et 250 euro selon qu'il s'agit de coaching sportif ou de vie. Mais que peut-on exiger de ces nouveaux gourous qui se définissent comme des partenaires. Au sens de sa terminologie officielle et telle qu'elle est définie par les grandes fédérations internationales de certification (comme l'ICF - International Coaching Federation ou l'EMCC - European Mentoring and Coaching Council), le coaching a une définition bien spécifique, car le chaland ne doit pas se méprendre. En réalité, il ne s'agit ni de conseil, ni de thérapie, ni de formation. Selon les standards certifiés, le coaching se cantonne à être un partenariat d'accompagnement, soit un processus de réflexion et de créativité qui inspire le coaché à maximiser son potentiel personnel et professionnel. Contrairement aux idées reçues, il n'est pas un expert qui apporte des réponses, mais un facilitateur qui sert à clarifier les objectifs à atteindre par le coaché, qui permette à celui-ci de comprendre ses propres modes de fonctionnement, ses croyances limitantes et ses angles morts grâce à une remise en question qui, à la fin des fins, doit permettre au client de devenir pleinement autonome et responsable de son changement, sans créer de dépendance vis-à-vis du coach. Dis comme ça, ça a l'air très beau sur le papier et semble créer un potentiel d'échanges humains et commerciaux faramineux pour ces nouveaux métiers deux points zéro issus du monde numérique. Mais, dans un domaine aussi intangible et fluctuant que les relations humaines, comment s'assurer que le coach envisagé n'est pas un charlatan? Et, d'ailleurs, en voyant ces nouveaux marabouts qui prétendent déceler vos forces et faiblesses et ne vous promettent pas moins que de les sublimer, comment s'assurer de ne pas tomber dans une forme de confusion et tromperie généralisées, de manipulation, d'escroquerie et de traquenard à l'argent et aux sentiments? D'ailleurs, face aux sempiternels problèmes que sont le développement personnel et l'inexpérience de la vie qui ne s'apprennent et ne se vainquent essentiellement qu'en se cognant aux dures réalités de la vie et par autant de victoires que d'échec successifs, on se demande comment les précédentes générations sans internet se dépatouillaient pour en venir à bout. On pense d'abord aux sciences paramédicales comme la psychologie, puis celles plus anciennes telle la philosophie ou encore aux questions incontournables  sur la spiritualité, la foi et le sens de la vie. Mais, toutes ces savoirs qui sont les seuls à permettre au "coaché" de prendre son chemin initiatique et répondre grosso modo à l'injonction fondamentale formulée un demi-siècle avant notre ère par Socrate, «Connais-toi toi-même!», ne s'acquièrent pas en cherchant simplement sous le sabot d'un âne. C'est le principal reproche que l'on puisse faire au coaching à l'ère numérique et des réseaux sociaux: Profiter de l'ignorance et de l'inexpérience des gens pour leur vendre du sable, de la poussière, du vent. En somme rien de vraiment neuf sous le Soleil. Et le phénomène du coaching tel qu'on le connaît aujourd'hui pourrait bien ne devenir qu'une comète qui, ayant profité du développement d'internet, se verrait subitement cannibalisé par son propre créateur, soit le même qui fit advenir l'intelligence artificielle qui, pour les mêmes prestations, sera toujours plus fiable, rapide, sûre et meilleur marché.

24 juillet 2026

GAFAM: Le combat de David contre Goliath

Les Big Five aiment Trump qui le leur rend bien

Tout le monde se souvient du mea culpa public auquel avait consenti de bonne grâce Mark Zuckerberg sur la demande insistante des sénateurs à l'endroit des nombreuses familles de victimes qui assistaient aux auditions concernant la responsabilité des GAFAM, plus particulièrement de TikTok et Meta (Facebook), dans la mise en place durant de nombreuses années d'algorithmes addictifs et d'enfermement ciblant les enfants et adolescents et dont certains se sont donnés la mort où ont été victimes de pédo-criminels et de harcèlement sexuel. Dans le documentaire Cinq femmes contre les Big Five réalisé par Élisa Jadot en 2024, on découvre la stratégie perverse de certaines plateformes qui pour des motifs purement mercantile favorise auprès de jeune usager le scrolling en leur présentant des contenus totalement toxiques pour leur âge, voire illicites, tels l'obsession de la maigreur, la fascination pour la mutilation et le suicide, l'exposition de leurs données personnelles auprès de milieux pédophiles. À la même époque, on se souvient que les électeurs MAGA lançaient leur chasse aux sorcières contre les contenus woke (lire l'article : Guerre larvée autour de la protection de l'enfance) et leur propension à vouloir interroger de manière intempestive les enfants sur leur identité sexuelle. Cette croisade n'était pas sans fondement. Mais, en comparaison des algorithmes toxiques et addictifs débattus devant le Congrès au même moment, si on avait voulu organiser une diversion médiatique sur la protection de l'enfance, on ne s'y serait pas mieux pris. Ce fut l'arbre qui cachait la forêt, celle d'innombrables souches malfaisantes se chiffrant en milliards de dollars.

De son côté, l'Europe n'est pas restée les bras croisés. Depuis février 2024, elle s'est donné les moyens de réguler les plateformes grâce à un arsenal juridique appelé Digital Services Act (DSA) qui, entre autres, interdit toute publicité visant des mineurs ou l'exploitation de leurs données personnelles et oblige les plateformes à plus de transparence sur le fonctionnement de leurs algorithmes. La Commission européenne a en outre le pouvoir d'infliger directement des amendes financières aux réseaux sociaux qui s'aviseraient d'enfreindre les règles européennes. Mais, le plus affligeant se passe du côté des USA où rien ne bouge en raison des centaines de millions de dollars que les plateformes consacrent auprès de leurs lobbies pour retarder l'adoption par leurs politiciens de tout législation qui rendrait responsables les plateformes du contenu qu'elles hébergent. Et, au vu du modèle d'affaires fructueux  qu'elles ont conclus tacitement avec l'administration actuelle, ce n'est pas sous l'ère trumpienne que cette métamorphose se produira. Quant aux familles des victimes qui se sont présentées devant le Sénat, elles continuent à ce jour leur long parcours judiciaire devant les tribunaux civils américains dans l'espoir d'obtenir un jour une juste compensation financière des souffrances psychologiques et familiales que ces réseaux sociaux leur ont fait subir. Rappelons qu'à ce jour quatre pays ont adopté une interdiction légale stricte pour les mineurs d'accéder aux réseaux sociaux (Australie, France, Indonésie et Émirats arabes unis). D'autres pays sont en voie de le faire et dont la plupart sont européens. Enfin, la Chine, l'Allemagne, l'Italie et le Brésil exigent d'ores et déjà un encadrement strict sous responsabilité parentale.

10 juillet 2026

Affaire Dany Leprince: Cette vérité judiciaire soi-disant hors d'atteinte


Dany Leprince, celui que les médias avaient baptisé "Le boucher de la Sarthe", a finalement obtenu après vingt ans de combat judiciaire le droit d'être rejugé suite à l'aboutissement d'une procédure de révision qui, fait rarissime et après deux tentatives, s'est dénoué favorablement. Ainsi, Dany Leprince sera le quatorzième condamné dans l'histoire judicaire française à pouvoir être rejugé pour les crimes qu'on lui a imputés en 1994 et pour lesquels il a déjà exécuté un peine de dix-huit années de réclusion. Rappelons que ce fait divers sanglant a détruit presque entièrement une famille lorsqu'en septembre 1994 on retrouve dans la villa voisine à la sienne son frère Christian, sa belle-sœur Brigitte, épouse de Christian, et ses deux nièces, Sandra et Audrey, respectivement âgées de dix et six ans, massacrés et tués au moyen d'une arme blanche qui vraisemblablement serait une feuille de boucher au vu des sévices infligés et de la profession exercée à l'époque par l'inculpé. La seule survivante de cette tragédie fut la troisième fille du couple, Solène, qui en raison de son bas âge, deux ans à l'époque des faits, fut vraisemblablement épargnée par le ou les auteurs du massacre. Lors de sa garde à vue, Dany Leprince avait finalement reconnu sa culpabilité pour le meurtre de son frère, et dont le mobile retenu fut très classiquement celui de la jalousie financière. Mais, il avait  toujours refusé d'endosser le meurtre de sa belle-sœur et des deux enfants, ces derniers pouvant potentiellement être considérés comme des témoins gênants du fratricide et donc des victimes collatérales nécessaires du point de vue du meurtrier, mais insupportables aux yeux du monde parce que totalement vulnérables et innocentes.



26 juin 2026

Jean Ziegler: Le combat d'une vie contre l'argent des criminels


Ayant tiré sa dernière révérence, Jean Ziegler a été inhumé le 18 juin dernier après une cérémonie célébrée à la cathédrale Saint-Pierre de Genève devant un aéropage d'hommes et de femmes politiques de tout horizon et des travées remplies de citoyens genevois, étrangers et confédérés qui lui devaient une forme de panthéonisation selon la formule consacrée "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante", lui qui s'attendait plutôt à reposer sobrement au cimetière de Russin alors que le cortège funéraire s'est finalement rendu à celui des Rois en Ville de Genève pour y reposer en paix. Mais, cette reconnaissance post mortem fut tardive pour un personnage politique qui, dès les années quatre-vingts, fut considéré comme un traitre à la patrie par ses opposants politiques et notamment par la place financière suisse pour avoir dénoncé avec courage et précisions dans son livre "La Suisse lave plus blanc" le mécanisme pernicieux par lequel les banques suisses, sous couvert du secret bancaire, accueillaient l'argent sale des cartels de la drogue (Medelin), des dictateurs de tout poil (Mobutu, Marcos) et comptaient au sein de sa clientèle des organisations mafieuses. En effet, si l'essor économique des banques fut resplendissant, l'application stricte du secret bancaire entravait les autorités pénales dans la poursuite d'auteurs et d'organisations criminelles commettant notamment des actes de corruption, de prévarication (gestion déloyale d'intérêts publics) et de trafic de stupéfiants. Grâce à ses ouvrages, Jean Ziegler popularisa l'expression "blanchiment d'argent" auprès du grand public et mit en exergue la complicité du système financier comme générateur de misère dans les pays dits du tiers monde, dès lors que l'argent détourné par les potentats ne pouvait servir à financer les besoins sociaux tels les écoles, les hôpitaux et les infrastructures agricoles si indispensables à l'éradication de la famine par exemple. Devenu l'homme à abattre pour la place financière et la bourgeoisie de son pays, Jean Ziegler essuya une pluie de procès. Se croyant protégé par son immunité parlementaire de député, le Parlement fédéral la lui retira afin qu'il fût jugé pour diffamation par ses différents détracteurs, ce qui causa sa ruine financière et l'obligea à s'acquitter de plusieurs centaines de milliers de francs en dommages et intérêts. C'est finalement grâce aux pressions internationales de l'UE et des États-Unis que Jean Ziegler obtint par la suite une forme de réhabilitation morale de la part de son pays qui s'est vu forcé et contraint de démanteler peu à peu son secret bancaire, d'adopter des lois sévères contre le blanchiment d'argent et d'accepter l'échange automatique d'informations avec d'autres autorités fiscales, freinant en partie l'évasion fiscale à laquelle la Suisse participait grandement. Si Jean Ziegler contribua à rendre le système financier un peu moins opaque qu'il ne l'était à son origine, pour autant la criminalité économique, loin d'avoir disparu, a aujourd'hui pris d'autres formes plus complexes. Elles sont juridiques comme la création de trust ou le transit par des paradis fiscaux (juridictions offshore) où les véritables ayants droits économiques bénéficient de la protection complaisante du secret de certaines professions qualifiées d'intermédiaires tels les avocats d'affaires, les notaires et les fiduciaires. Elles sont aussi de plus en plus numériques comme les cryptomonnaies qui se chargent d'effacer toute traçabilité de l'origine des fonds, ou encore le mécanisme du smurfing ou schtroumpfage qui à l'aide de robots et d'algorithmes fournis par l'IA permettent de fractionner des fonds criminels en d'innombrables micro-transactions indétectables par les services de compliance. Enfin, toutes ces techniques de blanchiment peuvent se combiner entre elles en pratiquant ce qu'on appelle aujourd'hui le Trade-Based Money Laundering ou TBML qui consiste en apparence à créer une activité commerciale entre deux pays, mais dont les termes de l'échange sont faussés dans le seul but de rendre les transactions financières inodores alors que l'origine des fonds reste criminelle. Rappelons que Jean Ziegler, outre sa chaire de sociologie, fut à sa manière un grand idéologue (peut-être même le dernier) de la guerre froide à laquelle s'étaient livrés le communisme et le capitalisme depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la chute du Mur de Berlin! À tel point qu'il ne pouvait s'en départir et parfois lui fit perdre sa lucidité, notamment lorsqu'il crut bon de fréquenter l'ancien Chef d'État libyen Mouammar Kadhafi, commanditaire d'attentats terroristes, ou encore cette foi inébranlable qu'il avait en la révolution bolivarienne vécue à Cuba depuis la prise de pouvoir en 1959 par Fidel Castro et Ernesto Che Guevara et dont il témoigne fièrement dans le documentaire ci-dessus que la RTS lui consacra en 2016. On sait ce qu'il en reste aujourd'hui à l'échelon mondial: un capitalisme omnipotent auquel s'est même rallié le parti communiste chinois et que l'on souhaite le moins corrompu et cynique possibles pour la vie de l'espèce, voire sa survie.

12 juin 2026

Affaire Mazan : La satisfaction du devoir accompli face aux Gros Dégueulasses


Si les pires saloperies dont sont capables certains humains ont pu éclater au grand jour, c'est grâce à la vigilance d'un simple animateur de ventes d'appareils électro-ménagers prénommé Noredine qui le 12 septembre 2020 se mit à observer le comportement étrange d'un client du magasin Leclerc à Carpentras qui,  déambulant dans les rayons du magasin, portait à bout de bras un sac noir dans lequel se trouvait la caméra d'un smartphone branché en continu. Noredine put fort heureusement compter sur le professionnalisme de l'agent de sécurité qui fouilla ledit sac et y découvrit le parfait dispositif du voyeur vicelard ainsi que les images filmées du dessous des jupes des clientes, sans se douter que cette découverte ferait naître l'un des scandales sexuels et de soumission chimique les plus retentissants. N'hésitant pas ensuite à requérir la participation desdites victimes, le vigile fit intervenir immédiatement la police de Carpentras. À la vue du drôle d'oiseau, cette dernière fit également preuve d'une perspicacité redoutable en requérant immédiatement une perquisition du domicile du suspect pour y  découvrir que son penchant à conserver les traces numériques de ses crimes le ferait tomber lui et sa bande d'une cinquantaine de désaxés paraphiliques. Les investigations menées par la suite ont montré que le voyeurisme de Dominique Pélicot était connu de la police depuis 2010, mais que faute de n'avoir pas prélevé son ADN à cette occasion, il n'a pas été possible de l'arrêter en rapprochant son cas de deux autres affaires de meurtre et de viols non élucidés dont la police le soupçonne d'en être l'auteur déjà en 1991 et commis sur des agentes immobilières selon le même modus operandi: prétexter une visite d'appartement pour violer l'employée de l'agence après l'avoir soumise chimiquement par inhalation forcée d'éther. Si, en dépit des ratés du début, l'affaire Pélicot a pu finir en apogée sous les fourches caudines de la justice, c'est bien grâce à la vigilance de simples gens et au souci du devoir accompli de quelques fonctionnaires. Tout au contraire hélas de l'affaire Lyhanna  qui dans ce cas semble encore révéler au sein de la justice française des failles béantes à certains échelons judiciaires et policiers pour évaluer correctement la gravité des faits et savoir agir en conséquence avec diligence et célérité. Pour cette ultime infamie qui touche de façon brûlante l'institution judiciaire, cette dernière se doit d'éteindre l'incendie en produisant un coup de menton qui, par conjectures, s'est retourné contre l'acteur/chanteur Patrick Bruel placé 48 heures sous le régime de la garde à vue, puis mis en examen fissa pour viols, agressions et harcèlements sexuels et qui échappe de justesse à une mise en détention provisoire moyennant un contrôle judiciaire strict et le dépôt d'une caution de € 500'000,--. Ce n'est pas la moindre ironie du sort qui vient subitement frapper celui qui toute sa vie professionnelle fut portée essentiellement par sa notoriété et qui, une fois n'est pas coutume, se retrouverait être "une victime de circonstances" sur lesquelles il n'a aucune prise, excepté celle d'avoir entretenu une grande illusion auprès de ses fans qui demain se réveilleront avec la gueule de bois. Car et c'est bien connu, trahir sa réputation et sa renommée équivaut toujours à payer un plus lourd tribut que tout autre justiciable lambda. Pour reprendre un aphorisme d'Albert Einstein, le monde serait moins dangereux à vivre, non pas tant par l'éradication du Mal en lui-même, que par ceux et celles qui, sachant le reconnaître, ne le laisseraient jamais faire, bien qu'entre ignorance, lâcheté et corruption, il a toujours existé une large zone d'incertitudes qui n'est pas près de s'estomper. Ci-dessous, extraits du témoignage de Gisèle Pélicot dans l'émission la "Grande Librairie" pour la sortie de son livre «Et la joie de vivre»,  co-écrit avec la journaliste et écrivaine Judith Pérignon.