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| Être ou ne pas être pour une Europe démocratique ? Telle est la question. |
Le tribun de l'UDC n'a guère apprécié que la Suisse se range du côté des sanctions économiques prises par l'UE contre la Russie à la suite de la guerre d'agression décidée par le despote du Kremlin contre sa cousine l'Ukraine et dont personne encore n'en voit la fin alors que le nombre de victimes civiles et militaires a dépassé le million de tués et blessés. On savait son parti profondément europhobes. Non pas au sens économique du terme bien évidement, car les pays de l'UE demeurent le premier marché pour les exportations helvétiques (pas folle la mouche), mais au sens strictement politique, si tant est que dans un domaine comme la neutralité on puisse réellement séparer sur le long terme la politique d'une économie qui se voudrait alors totalement amorale. Car, on l'a bien compris, si l'UDC aime l'euro, elle n'entend nullement épouser les valeurs politiques de l'UE et veut pouvoir jouer à fond le business opportuniste quand et comme cela lui chante. Ainsi, la population suisse a pu goûter amèrement ce que cette farouche indépendance lui à coûté ce jour de 2025 où Donald Trump décida de taxer les seules exportations suisses à hauteur de 39% au lieu des 15% retenus pour l'ensemble des pays membre de l'UE (lire article: Trump, du prix Nobel de la vulgarité au racket du siècle...?). Mais, plutôt que d'assumer cette déconvenue stratégique majeure et en tirer de nouvelles conclusions, on a vu ses politiciens en remettre une couche, courber l'échine devant le président américain, cherchant absolument à sauver les meubles, en flagorneries et petits cadeaux de toute sorte, comme au bon vieux temps des colonies, lorsque les colonisés s'agenouillaient aux pieds de leurs impérateurs pour les baiser afin d'obtenir faveurs et prébendes de toute nature ou quantité. Si le prix de cette neutralité est celui-là, de deux choses l'une: Ou Christophe Blocher commence à saupoudrer les fraises et ne comprend plus rien à rien en matière de géopolitique actuelle, ce qui ne peut être exclu au vu son âge avancé, mais, dans ce cas, que fait son entourage? Ou c'est un très grand nostalgique de la Suisse de naguère, souvenez-vous, celle qui commerçait avec le régime d'apartheid en Afrique du Sud, qui blanchissait le pognon sale contenu dans les sacoches des plus grands dictateurs et prévaricateurs de ce monde, qui collaboraient avec les nazis en aidant les banques suisses à planquer l'or et les biens spoliés et en soutenant l'économie de guerre du IIIème Reich jusqu'à ce que les alliés finissent par mettre le holà à cette soi-disant neutralité helvétique d'antan si chère à son cœur.
Bien ouais, la neutralité "stricte" de Christophe Blocher c'est aussi et surtout tirer le Diable par la queue tant que ça rapporte et que cela ne se voit pas trop. De ce point de vue là, on comprend aisément que pour Christophe Blocher les sanctions économiques de l'UE reprises par la Suisse sont autant d'opportunités gâchées de faire de l'argent facile partout en Russie, tout simplement en court-circuitant l'embargo européen, et de surcroît se montrer déloyal en prenant la place de pays "amis" qui par convictions démocratiques et solidarité morale envers l'Ukraine ont su faire preuve de détermination en cessant tout commerce avec l'assaillant et en s'opposant clairement à sa politique belliciste. A contrario de ce que font certains États voyous, sans foi ni loi, comme par exemple la Corée du Nord de Kim Jong-un ou l'Iran des Gardiens de la révolution. Exit donc les sanctions décidées par l'U.E. Car, pour Christophe Blocher, la Suisse ne doit reconnaître que celles votées par l'ONU qui soudainement trouve grâce à ses yeux, au moment précis où les États autocratiques sont devenus majoritaires en son sein et sont directement responsables de l'impuissance onusienne à favoriser la paix dans le monde et mettre au ban de l'ordre international ses mauvais élèves. Au fond, ce probable dernier combat de Christophe Blocher (peut-être celui de trop) ne trahit-il pas le rêve inavouable de cet ancien Conseiller fédéral et fils de pasteur, celui du péché d'orgueil de faire de sa patrie un pays dont les seules valeurs qui comptent vraiment sont d'offrir aux plus malins le droit de s'enrichir sans états d'âme sur le malheur des autres, dût-il donner de la Suisse la piètre image d'un pays figé, nombriliste et empêtré dans des références politiques d'un autre âge, comme celui du XIXème siècle. À l'instar du Chef de guerre Vladimir Poutine qui, pour regagner la flamboyance de l'Empire tzariste perdu, rumine sa revanche personnelle pour faire de sa guerre en Ukraine une monstrueuse DeLorean (voiture spatio-temporelle du film Retour vers le futur) qui, depuis quatre ans, est conduite par la fierté débile d'un coq sans tête qui forcément n'ira nulle part, sauf à tuer un maximum de gens, engendrer haine, violence et désolation, mais ne fera jamais rien ressusciter du passé, sinon la barbarie humaine. Et ce maudit Doc Poutine, ayant compris tout l'enjeu de cette votation insolite au cœur de l'Europe, ne loupe pas l'occasion de soutenir le richissime trublion Blocher qui, à son tour, ne paraît nullement indigné ou même embarrassé (comble de l'ironie pour cet ancien ministre d'une démocratie directe qui se voudrait exemplaire) par une alliance contre nature avec l'inégalable grand maître de la kleptocratie qui, pour le coup, serait évidement ravi de voir la Suisse basculer du mauvais côté de l'Histoire.



