Saison 12

Nous, mammifères et notre paradis toujours plus gris

Dans cet extrait du documentaire de Jean-Albert Lièvre intitulé Les Gardiennes de la planète et commenté en voix off par Jean Dujardin, on apprend qu'à l'origine les ancêtres des baleines étaient des animaux terrestres et que la théorie darwinienne sur l'évolution les a amenées à être amphibiens tels des hippopotames d'eau salée, puis à s'immerger dans les océans et devenir en tant que mammifères des apnéistes hors pair dont elles ont gardé ce geyser si caractéristique qui les signale lorsqu'elles réapparaissent à la surface de l'eau. Michel Berger leur a dédié en 1990 une chanson, Le Paradis blanc, qui devait exprimer, face à la noirceur du monde, ce besoin impérieux de silence et de solitude que réclame la Nature, mais aussi l'environnement humain. Ce n'est qu'après la disparition brutale du compositeur en 1992 que la chanson va être comprise par le public comme une sorte de testament artistique et vœu post mortem de son auteur.
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La religion entre ignorance, croyance et imposture

Dans son spectacle "Le Temps de vivre" (mis en scène par Vincent Dedienne et coécrit avec Camille Cottin), Camille Chamoux nous explique comment ne pas être déçu par la vie quand on ne croit pas ou plus en la religion. Actuellement en tournée pour son nouveau spectacle intitulé «Ça va, ça va», elle se produira au festival de Morges-sous-Rire le 13 juin 2026.


"Baraye" de Shervin Hajipour est sans conteste l'hymne révolutionnaire qui rassemble le peuple iranien dans ses heures sombres où il faut absolument pouvoir garder espoir: «Pour pouvoir danser dans les rues, Pour la peur que l’on ressent au moment de s'embrasser, Pour ma sœur, ta sœur, nos sœurs, Pour changer les esprits qui ont moisi, Pour cet air pollué, Pour les pleurs incessants, Pour un visage qui sourit, Pour les écoliers et pour les génies emprisonnés, Pour le soleil après de longues nuits, Pour les somnifères et insomnies, Pour la femme, la vie et la liberté.»


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Compassions infinies et hommage à Daniel Balavoine

Pour ceux qui ne l'ont pas connu, Daniel Balavoine fut cette incroyable comète qui apparut dans la variété française de 1978 à 1986, année de sa disparition, et qui par sa voix (tessiture couvrant trois octaves) autant que par ses créations musicales promettaient tant de belles choses à écouter. Mais, voilà, la poisse en décida autrement et le faucha en pleine gloire un certain 14 janvier 1986, soit exactement il y a quarante ans, lorsque l'hélicoptère qu'il prit (contre toute attente) vint à s'écraser dans le désert du Sahel, avec à son bord Thierry Sabine (organisateur du rallye Paris-Dakar), Nathalie Odent (journaliste au Journal du Dimanche), Jean-Paul Le Fur (technicien radio chez RTL) et le pilote valaisan François-Xavier Bagnoud. À l'heure où de nombreuses familles sont endeuillées par la perte d'un proche ou auront à vivre une hospitalisation longue et douloureuse consécutive aux graves brûlures dues à l'incendie du bar Constellation de Crans-Montana, quel autre réconfort peut-on vouloir souhaiter si ce n'est de respecter le silence indispensable au recueillement afin de laisser s'exprimer ces chants incantatoires qui, par-delà la mort, consolent et rappellent qu'il faut rester dans la lumière pour espérer cultiver le souvenir et la joie de l'être cher disparu ou durablement meurtri: «Contre le passé, il n'y a rien à faire. Il faudrait changer les héros dans un monde où le plus beau reste à faire.» Et, l'auteur, comme un pied de nez adressé à la Camarde, d'avoir écrit dès 1983 le titre Partir avant les miens et qui lors de ses funérailles résonna comme un requiem personnel, mais étrangement prémonitoire : «J'ai souvent souhaité de partir avant les miens. Pour ne pas hériter de leur flamme qui s'éteint. En gardant le sentiment qu'ils vivront éternellement. Et que leurs yeux soient grands ouverts pour fêter mon enterrement. Père et mère, sœurs et frères, je vous aime puissamment. N'adressez aucune prière ! Où que j'aille, je vous attends. La poussière vit hors du temps...»
             
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Du consensus helvétique aux consonances belges

Dans l'émission "52 minutes", les deux Vincent (Kucholl & Veillon) invitent Isabelle Chassot, députée au Conseil des États, afin de disserter sur la façon de faire de la politique en Suisse et sur la culture du consensus dont nos amis d'Outre-Jura devraient s'inspirer en toute humilité.


Pour l'art de la consonance et du chant à la tierce, il faut se tourner vers nos amis belges et en particulier une certaine Lara Fabian, auteure du titre "Tu es mon autre" sur une musique de Rick Allison. Ce sont les Enfoirés qui en font un quatuor afin de rendre hommage à la chanteuse Maurane disparue une année auparavant en 2018. Si cette dernière est devenue l'emblème de la chanson, elle le doit surtout à sa compatriote belge et auteure qui voulait absolument l'interpréter en duo avec celle qu'elle admirait depuis longtemps, vœu personnel qui se vit exaucé en 2001.

Bonnes fêtes à nos lecteurs !
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M. Le Juge et Les Divorcés

Voici deux références incontournables traitant de la spirale des tourments familiaux. La première a été écrite par Marion Roch, auteure et compositrice franche-comtoise, que le public romand connaît certainement depuis une dizaine d'années, et qui s'est permise en 2020 de scander haut et fort la voix d'un père désespéré de ne plus avoir de relation avec son enfant. La seconde référence, chantée par Michel Delpech (1946-2016) décrit en 1973 une parentalité presque idéale où les anciens amants tentent de rester amis par amour pour leur enfant, démontrant une sagesse certaine à une époque où le divorce par consentement mutuel (sans qu'il soit nécessaire de rechercher la faute de l'un(e) et/ou de l'autre) n'existe pas encore.
             

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