"Sodade" de Cesaria Évora (1941-2011)
L'icône de la chanson capverdienne évoque à travers l'un de ses titres les plus connus toute la souffrance et la nostalgie que ces aïeux vécurent lorsque les Portugais les eurent réduits à l'état d'esclavage pour satisfaire leur commerce triangulaire (Europe, Afrique, Amérique, Europe) qui dura plus de trois siècles et dont le port de déracinement fut la tristement célèbre île de Sao Tomé (Golfe de Guinée) avant de franchir l'Atlantique et débarquer dans les ports de Bahia ou de Rio de Janeiro.
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Frappe avec ta tête (1983)
Parmi ses engagements citoyen, Daniel Balavoine écrivit et scanda cette chanson pour dénoncer la torture et l'enfermement des prisonniers politiques comme moyens répressifs visant à museler la liberté d'expression et s'accaparer tout pouvoir au sein d'un État. À l'époque, il s'agissait de la dictature argentine qui larguait ses opposants politiques vivants depuis un avion au large de Buenos Aires ou encore du régime de l'apartheid en Afrique du Sud qui garda dans ses geôles son célèbre opposant Nelson Mandela. Aujourd'hui, on pense évidemment à Alexeï Navalny tué en prison et Vladimir Kara-Murza dont le martyr vient de prendre fin contre la libération de véritables assassins. Et force est de constater qu'à part les victimes et les tortionnaires, rien n'a vraiment changé, comme le chantaient si bien "Les Poppys" en 1971 lorsque le chanteur encore inconnu n'avait pas célébré ses vingt ans.
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The Fab Four separated
On sait que le noyau créatif des "Scarabées" fut composé dès 1957 de John Lennon et Paul Mc Cartney. Il s'en suivit dès 1960 une épopée musicale extraordinaire où Les Beatles raflèrent le plus de disques au monde (600 millions). Puis, vint le temps de la séparation en 1970: Paul Mc Cartney œuvra dès 1971 avec son épouse Linda dans le groupe de rock "Wings" et jusqu'à sa dissolution en 1981. Tandis que John Lennon reprenait le célèbre cantique "Stand by me" (1962) de Ben E. King avant de disparaître tragiquement en 1980.
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With a little help from my friends
Reprise pour la dernière fois en concert à Cologne en 2013, cette chanson des Beatles faisait partie du répertoire de Joe Cocker parti il y a déjà dix ans et qui ne se lassait pas de scander de sa voix grave et rocailleuse cet hymne à la fraternité.
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Hommage à Jean-Yves Lafesse (1957-2021)
Le champion du canular téléphonique ou visuel, c'était lui. Emporté par la maladie il y a tout juste trois ans, il avait le don de saisir à l'improviste toutes les situations cocasses et de piéger gentiment ses congénères jusqu'à en rire aux larmes. Jean-Yves Lafesse nous manque énormément et on ne se lasse pas de le revoir ici dans un échantillon de ses "grandes oeuvres".
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Money (1973)
Tiré de l'album "The Dark Side of the Moon" de Pink Floyd, la chanson a été écrite par Roger Waters. Rythmée en sept temps, elle est réputée indansable, peut-être parce que la puissance de l'argent, contrairement à l'art de la danse, peut vous rendre la vie chaotique, discordante et oppressive.
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Est-ce que Dieu existe ?
Récompensé par le prix du public en 2017 au Festival du film américain de Deauville, "Mary" (ou "Gifted" selon les plateformes) est l'histoire d'une enfant surdouée en mathématiques (McKenna Grace) dont son oncle (Chris Evans) a la garde à la suite du suicide de sa mère lorsque la fillette était âgée de six mois. Dans cet extrait dit du "coucher du soleil", les deux protagonistes ont un échange à la fois d'une simplicité et d'une fulgurance étonnantes sur cette grande interrogation que chaque enfant vient tôt ou tard à se poser dans son existence. La bande-son du film nous fait également revivre avec bonheur le tube planétaire du groupe "Shirley & Company" sorti il y a exactement quarante ans, rythmant l'avènement du soul et du disco. Avec son impérissable "Shame on you", composé par la chanteuse Sylvia Robinson (1936-2011), il semble que ces quarantes ans n'ont débuté qu'il n'y a que quarante jours.
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Adieu mon pays ! (1964)
Enrico Macias écrit cette balade arabo-andalouse pour tous les migrants forcés de s'expatrier pour raisons politiques, discriminations et autres persécutions qu'ils subissent. Et pour cause, son futur beau-père, Raymond Leyris, directeur d'un groupe musical liant les diverses communautés de Constantine entre elles et au sein duquel son père jouait en tant que violoniste, fut assassiné brutalement par le FLN en 1961, ce qui précipita le départ définitif de sa famille d'Algérie pour trouver refuge en France. Reconnu internationalement pour ses engagements en faveur de la paix au Proche-Orient, Enrico Macias reçoit en 1980 le titre de "Chanteur pour la paix" des mains du Secrétaire général de l'ONU Kurt Waldheim.
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«The Great Dictator» and «To be or not to be»
Sortis dans un intervalle de deux ans d'écart, soit 1940 pour «Le Dictateur» de Charlie Chaplin, et 1942 pour «To be or not to be (Jeux dangereux)» d'Ernst Lubitsch, ces deux films se répondent mutuellement en employant le style de la parodie pour décrire le nazisme au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale. Tous deux se font forts de pasticher Adolf Hitler, le premier en faisant rebondir le globe terrestre sur le postérieur du Führer, le second en se moquant du salut nazi à tout va, alors qu'à cette époque l'issue de la guerre était encore des plus incertaines. Lubitsch qui privilégiait avant tout le romantisme burlesque en mettant en scène les quiproquos amoureux disait au sujet des nazis: «Pour eux, les coups et la torture relèvent depuis longtemps de la routine. Ils en parlent comme des commerçants parlent de la vente d’un sac à main. Leur seul humour porte sur les camps de concentration et les souffrances infligées à leurs victimes...»
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«Tantum ergo» ou quand Le Vatican se mêle de démocratie.
Tantum ergo est un chant de la liturgie catholique. En espèce, il est aussi le titre que Dino Risi et Ettore Scola ont choisi de donner à l'un de leurs plus fameux sketchs tirés du film "Les nouveaux monstres" sorti en 1977 et qui fut une suite du premier film du même nom réalisé en 1963. Coincé dans un village en raison d'une panne de voiture, un Cardinal (Vittorio Gassman) découvre qu'un abbé sans soutane a transformé l'église en un lieu de débat politique à tendance socio-démocrate. L'abbé tente, sans être entendu, de rassembler ses ouailles autour d'un combat politique non violent. Il s'ensuit une assemblée chaotique de paroissiens furieux à qui la mairie refuse de réhabiliter leur logement. Le vote démocratique que l'abbé leur propose n'a pour effet que de provoquer division, colère et indiscipline. Impuissant à ramener le calme dans l'assemblée, l'abbé se tourne alors vers le Cardinal pour lui demander d'intervenir. Ce dernier accepte l'offre et, prenant le contre-pied de l'abbé, assène un sermon évangélique vigoureux teinté d'ironie qui finit par plonger tous les paroissiens dans un état de piété et de joie, rappelant au passage que, devant les injustices terrestres, la seule promesse qui vaille est celle d'un bonheur éternel au Ciel. S'étant joué de la laïcité de façon triomphante, le Cardinal s'éclipse alors devant les paroissiens agenouillés, non sans les avoir exhorté à entonner le "Tantum ergo", tandis que l'abbé furieux lui lance: «Vous nous avez encore possédés.»
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Hommage à Daniel Lévi (1961 - 2022)
Tirée de la comédie musicale "Les Dix Commandements" réalisée en 2000, la chanson-phare "L'envie d'aimer" interprétée par Daniel Lévi (sur une musique de Pascal Obispo) restera pour toujours le "All by Myself" français, avec ses montées à l'octave dignes d'une Céline Dion chantant Eric Carmen.
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