Dans un précédent article paru le 12 juillet 2024, nous avions vu que le psychologue américain Stanley Milgram (1933-1984) avait mis en évidence trois éléments psychologiques essentiels qui concourent à la commission de crimes: le conformisme et le mimétisme grégaire qui lient les criminels entre eux et les déculpabilisent, la division organisée du «travail» et surtout la lente déshumanisation des futures victimes.
«I comme Icare», film de Henri Verneuil, sorti en 1979 (actuellement en replay sur TV5), est un remake fictif de l'assassinat de JFK à Dallas en 1963. L'acteur français Yves Montand y joue le rôle d'un procureur (à l'instar de Jim Garrison) qui refuse d'approuver les conclusions retenues par la commission d'enquête (ou Commission Warren) dont il est membre. Il décide de mener une contre-enquête tendant à démontrer que l'assassinat n'est pas le fait d'un tueur isolé, mais d'un complot politique. Mais, l'événement novateur du film n'est pas tant l'enquête à proprement parler que la scène relatant ce qu'il convient d'appeler l'expérience de Milgram qui, en apparence, cherche à savoir si la mémoire d'un individu peut s'améliorer à l'aide d'impulsions électriques. Sauf que dans cette véritable expérience qui s'est produite dans les années soixantes, le spécimen testé n'est pas celui qu'on croit. Et les conclusions auxquelles parvient le chercheur sont des plus terrifiantes et expliquent dans une large mesure l'aptitude sociale d'une grande majorité d'humains à se soumettre facilement à une autorité (malveillante et corrompue) pour commettre des exactions et infliger à ses congénères des violences sans discernement, ni culpabilité.
Frappe avec ta tête (1983)
Parmi ses engagements citoyen, Daniel Balavoine écrivit et scanda cette chanson pour dénoncer la torture et l'enfermement des prisonniers politiques comme moyens répressifs visant à museler la liberté d'expression et s'accaparer tout pouvoir au sein d'un État. À l'époque, il s'agissait de la dictature argentine qui larguait ses opposants politiques vivants depuis un avion au large de Buenos Aires ou encore du régime de l'apartheid en Afrique du Sud qui garda dans ses geôles son célèbre opposant Nelson Mandela. Aujourd'hui, on pense évidemment à Alexeï Navalny tué en prison et Vladimir Kara-Murza dont le martyr vient de prendre fin contre la libération de véritables assassins. Et force est de constater qu'à part les victimes et les tortionnaires, rien n'a vraiment changé, comme le chantaient si bien "Les Poppys" en 1971 lorsque le chanteur encore inconnu n'avait pas célébré ses vingt ans.
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