18 juillet 2025

Trump et l'OMC : Le libre-échange, c'est quand ça l'arrange.

Copilot Image 1

Entre le bellicisme de Poutine et le mercantilisme de Trump, l'Europe est désormais prise en étau par la pire politique douanière jamais connue depuis le Smoot-Hawley Tariff Act imposé par le Président Hoover en 1930 et qui à l'époque avait aggravé et prolongé la Grande Dépression de 1929, faisant chuter les exportations américaines de 65%. Et, ce n'est pas par hasard si son successeur, le Président Roosevelt, mit un terme à cette politique désastreuse pour la remplacer par son New Deal. Pour rappel, Donald Trump a menacé d'imposer sans discussion préalable et de manière unilatérale ses taxes douanières à une trentaine de pays faisant commerce avec les États-Unis. Le procédé a de quoi choquer dans la mesure où il correspond à une forme de chantage qui force chaque pays à faire des concessions dans un rapport strictement bilatéral où fatalement le plus faible finira par s'incliner devant le plus fort. De quelle nature et de quelle étendue seront ces concessions ? Chacun se taira de peur de s'attirer les foudres de l'Oncle Sam qui ne s'en cache pas en répétant à qui veut l'entendre que toute tentative de mesure de rétorsion s'ajoutera immédiatement aux menaces initiales applicables à brève échéance et sur un temps indéterminé. Bravo Donald ! En matière de rapport de force asymétrique, d'incertitude et d'imprévisibilité, on ne peut guère faire mieux ou pire (c'est selon). Et, la négociation ne se terminera que lorsque le Dieu Trump s'estimera honoré d'avoir obtenu satisfaction, ouvrant la porte à toute forme de marchandages et autres arrangements douteux que l'on peut craindre aussi inavouables qu'imaginables. Ledit procédé est d'autant plus retors qu'il se pratique en violation de tous les accords internationaux que la plupart des pays, y compris les États-Unis, ont conclu depuis de nombreuses années au sein de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), ou son prédécesseur le GATT (Accords généraux sur les tarifs douaniers et le commerce) que ces mêmes États-Unis avaient pourtant grandement promu au sortir de la Seconde Guerre Mondiale. Et, si Trump a dénoncé les accords de Paris sur le climat pour permettre à son pays d'émettre autant de CO2 qu'il le souhaite, sa malice s'est bien gardée de dénoncer ceux de l'OMC. Sur ce point, il a préféré miner l'organisation de l'intérieur en poursuivant sa politique de blocage du renouvellement des juges de l'Organe d'appel qui règle les différends commerciaux entre États, privant de la sorte l'OMC de sa capacité à résoudre les conflits commerciaux surgissant entre ses membres, tout ça afin de mieux imposer son diktat douanier à l'ensemble de la planète. Ben ouais! Si jusqu'à présent vous n'aviez pas compris "America First", cette fois vous y êtes. Trump a enterré le multilatéralisme pour le remplacer aujourd'hui par un unilatéralisme cynique et brutal au profit de son pays et probablement du sien qu'il ne se privera certainement pas de faire fructifier. L'OMC dézinguée, Trump a annihilé la capacité des pays à recourir à un arbitre neutre en cas de différend commercial, imposant la supériorité économique et militaire des USA sur le commerce mondial et paralysant toute forme de contre-pouvoirs. Ce virulent retour du primat de l'argent et de la coercition sur le droit international est celui d'une ambiance et d'un environnement de tous les dangers : D'abord celui d'une guerre commerciale qui se superpose aux conflits militaires et hybrides menés par Poutine en Ukraine et dans l'UE, mais également le danger d'une recrudescence majeure et piteusement exemplaire du règne de la corruption et de l'arbitraire partout, en toute occasion, multipliant les larrons et générant de graves menaces de déliquescence des démocraties pour celles qui, tant bien que mal, tenteront de survivre.

Copilot Image 2

Pacifiste, mais mercantiliste,
Trump mérite-t-il le prix Nobel de la paix ?

La loi du plus fort, l'abus de pouvoir et le prix de l'impunité

Quel meilleur hommage peut-on rendre aux artistes du cinéma français si ce n'est en revoyant le chef-d'œuvre de Bertrand Tavernier "Coup de torchon" sorti en 1981 et inspiré du roman "1275 âmes" de l'écrivain américain Jim Thompson, avec une distribution exceptionnelle d'acteurs tel que Isabelle Huppert, Stéphane Audran, Jean-Pierre Marielle et Eddy Mitchell. Dans cet extrait, Lucien Cordier (Philippe Noiret) est le seul représentant d'une autorité malmenée par ses concitoyens dans un petit village du Sénégal au temps "béni" des colonies. N'osant pas recourir à la force et ne sachant que faire, il se rend auprès de ses supérieurs hiérarchiques pour prendre leur avis comme une leçon qu'on lui inflige et qu'il ne se privera pas d'appliquer avec zèle et efficacité, dès lors qu'il se sait désormais couvert par sa hiérarchie incarnée par le chef de la police Marcel Chavasson (Guy Marchand) qui, pris au piège de sa vantardise, ne peut empêcher son timoré subalterne de se métamorphoser en tueur en série ayant parfaitement conscience que le prix à payer pour garantir son impunité passe inéluctablement par la perpétration d'autres forfaitures. Le film reçoit plusieurs récompenses, dont dix nominations au César en 1982 et l'Oscar du meilleur film étranger en 1983.

USA : Cet éléphant qui Trump énormément

C'est l'histoire d'un Président qui voulait régler le conflit ukrainien en 24 heures, mais qui au bout de cinq mois jette l'éponge face à la résistance européenne et ukrainienne. Qui voulait rétablir la balance commerciale des États-Unis en imposant de lourdes taxes douanières à tous les pays importateurs, mais qui au final suspend tout parce que ses milieux économiques craignent autant l'inflation que la récession. Qui voulait chasser les Haïtiens qu'il accuse de manger des animaux domestiques, et les Mexicains qu'il qualifie d'animaux tout court. Mais, ses outrances finissent par réveiller le camp démocrate qui, trop c'est trop (et c'est pas trop tôt), descend dans la rue et proteste. Enfin, qui voulait conclure un traité avec l'Iran pour l'empêcher d'avoir la bombe atomique, mais au dernier moment se fait doubler par Benjamin Netanyahu qui, lui, décide de frapper militairement le régime des mollahs de Téhéran. Au fond, le locataire de la Maison Blanche, tel un histrion compulsif, ne fait rien de ce qu'il dit et ne dit rien de ce qu'il fait ou laisse faire. Dans ce chaos ambiant et généralisé dans lequel il se complaît, il choisit délibérément de demeurer imprévisible, sans qu'on ne sache exactement quels buts réels il poursuit: Peut-être et entre autres, celui de métamorphoser sa fonction présidentielle en un auguste Empereur comme le fit le Sénat romain en 27 avant notre ère ? Entendre chanter depuis 1962 "The answer is blowing in the wind" par Bob Dylan nous aidera t-il à mieux le comprendre ? J'en doute. De l'autre côté de l'Atlantique, un certain Adriano Celentano écrivit en 1972 une chanson qui, comme le Canada Dry, avait la couleur, l'odeur et le goût du rock and roll américain, mais n'en était pas et surtout ne voulait strictement rien dire. Beaucoup d'Italiens, peu anglophones à l'époque, se sont fait berner en étant persuadés que leur chanteur préféré s'était résolument lancé dans un répertoire anglo-saxon. Mais, ce n'était que du yaourt, du charabia, du baragouinage. Juste pour avoir l'air, faire semblant, plaire, séduire et bluffer son entourage. Tout comme Donald Trump cinquante ans plus tard, mais pour des motifs franchement moins artistiques. Le chanteur italien a, quant à lui, justifié sa farce en prétendant que sa chanson n'avait qu'une seule signification : "Amour Universel". Par sûr qu'aujourd'hui le Président Trump soit animé par d'aussi pures et nobles intentions.

Et pourtant, au même moment, Israël, avec l'appui tacite des États-Unis d'Amérique, a décidé d'attaquer à 1'500 km de distance cet ennemi juré qui n'a cessé de prôner son extermination totale, soit le régime des ayatollahs de la République islamique d'Iran, offrant, espérons-le, une nouvelle opportunité à la société civile persane et à son mouvement social "Femmes, vie, liberté" de se libérer de cette tyrannie brutale et sanguinaire qui sévit depuis plus de quarante-cinq ans, et quand bien même personne n'est dupe sur l'effet majeur de diversion que cela provoque en faveur de Netanyahu (ce qui en dit long sur son flair tactique et sa capacité de survie politique), mais dessert forcément et une fois de plus la cause palestinienne. En d'autres temps aussi troublés, Le Saint-Père de la religion catholique Jean-Paul II (1920-2005) proclamait à l'ensemble des chrétiens: «N'ayez pas peur !» Puisse ce message œcuménique et universel parvenir jusque dans le cœur et l'esprit des Iraniens qui souhaitent se débarrasser de leur régime politique ! À l'instar de l'hymne de Shervin Hajipour chantant "Baraye" et qu'on peut traduire par "Pour": «Pour vouloir danser dans les rues sans peur de s'embrasser, Pour ta sœur, ma sœur, nos sœurs, Pour changer ces esprits pourris...» [lire aussi l'article: Comment dézinguer un régime comme celui de Poutine en cent jours et sans violence (ou presque) ?]

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

N'hésitez pas à laisser un commentaire, de préférence non anonyme ! Merci de votre compréhension !