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| Comment interpréter ce cairn sur le chemin de l'existence ? |
Selon la plupart des courants spiritualistes et religieux, il semble que chacun ait une âme. Lorsque tu passes de vie à trépas, l’âme serait la seule partie de ton être, bien qu’intrinsèquement non définie, qui te survivrait et serait jugée par une force suprême : Dieu. L’âme aurait pour vocation de te rendre immortel puisque, n’étant pas corporelle, elle échapperait au processus de déclin que signifie la mort. L’âme est donc forcément liée au concept divin. Elle en est l’émanation et, en tant que telle, elle n’a pas à faire l’objet d’une démonstration. Croire ou ne pas y croire demeure la vraie question. Mais elle nourrit surtout une formidable espérance chez toi, pauvre mortel qui souffre, qu’un jour dans l’Au-delà, tes sacrifices seront récompensés, tes injustices réparées. Peut-être, est-ce même sa vocation première ? Sans cette attente, qui peut dire comment la société humaine se comporterait ? Serait-elle meilleure ou pire ? Après tout, si les hommes reçoivent le réconfort moral qu’ils en attendent, il est normal qu’ils s’y accrochent. D’autant que l’âme est à la fois l’essence de l'Être et le premier élément de sa triade : corps, âme et esprit. Comme l'ont définie Platon, Saint-Augustin et Emmanuel Kant, l’âme, plus naturellement et intimement que l’Être, est le seul élément à savoir s’orienter et se positionner sur l’échelle du Bien et du Mal, au point qu’il devienne le miroir de la conscience morale que tout individu ne peut ignorer de bonne foi et dans son for intérieur dès lors que son discernement n’est point altéré et qu’il agit en conscience et volonté par ses pensées, paroles, actes ou omissions commis en parfaite connaissance des causes et de leurs conséquences. L’esprit, contrairement à l’âme, est le produit visible de la réflexion intellectuelle. Il sert d’abord à raisonner, concevoir et élaborer des idées, puis à les formuler afin de les transmettre à autrui. Par son habileté à manier les concepts, l’esprit peut ne rien vouloir dire de l’âme de son auteur, allant parfois jusqu’à vouloir la travestir pour mieux tromper son alter ego et au passage en tirer un avantage souvent illégitime. Aux yeux du christianisme, seul l’Esprit-Saint est digne de grâce. À défaut d’être sanctifié ou lorsqu’il est accompagné d’un autre qualificatif comme l'étroit, le faible, le pauvre, le simple ou le mauvais esprit, il revêt une toute autre signification, perdant au passage son caractère sacré pour possiblement devenir un esprit malsain parce qu'entre autres il aurait été «mal ceint». Enfin, le corps, outre ses attributs organiques nécessaires à la vie, revêt une fonction esthétique qui, à l’instar de l’esprit, peut s’avérer à la fois des plus ambigus ou carrément précaire lorsqu’il est affecté par la maladie physique, psychique ou le vieillissement. Car comme le dit si bien le dicton populaire : « Tout ce qui brille n’est pas or ». On retiendra que si dans l’existence il te faut accorder ta confiance à tes semblables dans des instants aussi cruciaux qu’une alliance, un mariage, une intervention médicale, la défense d'un procès, voire une caution financière ou morale, seule la connaissance de l’âme humaine, siège de la conscience morale de tout individu, permet de sonder la profondeur de l’Être et tenter d’appréhender ce rapport constant et presque intangible que chacun entretient secrètement à l’égard de la question principalement divine, subsidiairement philosophique et anthropologique, que sont le Bien et le Mal. Ainsi, lorsque généralement le doute s’installe et qu’il est persistant, il convient de ne point céder à la précipitation et prendre tout le temps nécessaire afin que les vertus de prudence et de perspicacité s’accomplissent pour finir par apporter la clairvoyance qui faisait tant défaut initialement. Car, pour ce qui est du corps et de l’esprit, si leur pouvoir de séduction est indéniable, ils sont avant tout des leurres visant essentiellement à rendre la nature humaine bien plus aimable et charitable qu’elle ne l’est en vérité. Et, par-delà les âmes perverses et corrompues qui refusent de s'amender ou en sont incapables, c'est la multitude informe, passive et indifférente des êtres inanimés, errant tels des âmes grises et indécises parce que l'empathie et la foi ne se sont pas révélés en eux et, faute de mieux, sont prêts à suivre le premier imposteur venu, ces faux prophètes, pourvu qu'aux moyens de leurs artifices ils les charment, les étourdissent et les fassent rêver, même si les chemins empruntés doivent les mener à la perdition. «À cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur cœur, ils ont l'intelligence obscurcie et sont étrangers à la vie de Dieu» (Éphésien 4:18).
